Elle fume (et ça lui va bien)

Je viens, à l’instant même, de découvrir Concha Buika et, déjà, je l’aime.

Pourquoi le blogueur ne blogue pas (avis de liquéfaction temporaire)

Duck and Cover !

Duck and cover

N’attendez pas l’explosion d’une bombe atomique dans votre quartier pour apprendre deux mots d’anglais !

Gone in sixty minutes

Il va être très difficile de me faire croire que ce n’est pas toute une population qu’Israël cherche à briser.

This Land is Mine

Le conflit israélo-palestinien et, bien plus universellement, la connerie humaine expliqués aux enfants, petits ou grands.

Les paroles de la chanson Exodus (This Land is Mine) :

This land is mine

God gave this land to me

This brave and ancient land to me

And when the morning sun

Reveals her hills and plains

Then I see a land

where children can run free

So take my hand

And walk this land with me

And walk this lovely land with me

Tho’ I am just a man

When you are by my side

With the help of God

I know I can be strong

So take my hand

And walk this land with me

And walk this golden land with me

Tho’ I am just a man

When you are by my side

With the help of God

I know I can be strong

To make this land our home

If I must fight

I’ll fight to make this land our own

Until I die this land is mine!

Pour de plus amples informations (en anglais) sur les personnages de ce petit film réalisé par Nina Paley, cliquez ICI

Odes à la vie, leçons de courage

Au Ladakh, il est des enfants qui, parce qu’ils rêvent de devenir professeur, médecin ou pilote, risquent leur vie sur un fleuve de glace pour rejoindre leur lointain pensionnat : Chemins d’école, chemins de tous les dangers – l’Himalaya

Note : Ce remarquable documentaire, comme c’est presque toujours le cas pour les remarquables documentaires, a été produit en collaboration avec Arte, la seule chaîne du paysage audiovisuel capable de faire aimer la télévision. Cependant, afin de ne pas pénaliser les lecteurs basés dans des pays exagérément exotiques où Arte n’est pas disponible, j’ai choisi de vous le proposer sous forme d’une vidéo Youtube.

Et, de par le monde, il est bien d’autres de ces enfants intrépides et joyeux :

Chemins d’école, chemins de tous les dangers (1/5) – le Népal (Youtube)

Chemins d’école, chemins de tous les dangers (2/5) – le Kenya (Youtube)

Chemins d’école, chemins de tous les dangers (4/5) – le Pérou (NemesisTV)

Chemins d’école, chemins de tous les dangers (5/5) – la Sibérie (Youtube)

Carte postale du paradis

Cliquez sur l’image ci-dessous pour être immédiatement téléporté(e) vers le documentaire (qui ne dure qu’une dizaine de minutes). Pendant ou après le visionnage, vous pourrez cliquer sur le signe + dans le coin inférieur droit de l’écran pour obtenir quelques informations supplémentaires.

Île-poubelle_Maldives

Merci !

Merci ! est un court-métrage (salutaire) de Christine Rabette.

 

Majorité opprimée (Woman is the nigger of the world ?)

Un court-métrage français de 2010 dont je n’aurais peut-être jamais entendu parler sans un journal anglais (The Guardian) et un ami franco-ibéro-argentino-thaïlandais (il se reconnaitra).

Ce film, pour mieux dénoncer la misogynie, repose sur une inversion des rôles : les femmes dominent totalement la société et ce sont les hommes qui sont victimes du sexisme, ordinaire et moins ordinaire. Il est bien sûr exagéré en ce sens qu’il condense tout un éventail d’abus plus ou moins ignobles sur une seule journée. Exagéré, il l’est probablement aussi parce qu’il part du principe qu’une société dominée par les femmes serait aussi crétine que celle où les hommes font réellement la pluie et, plus rarement, le beau temps. Mais il l’est uniquement pour être plus effrayant et pour mieux nous alerter. Un bon point de départ pour une réflexion sur ce que nous faisons subir aux femmes, parfois (souvent ?) sans même nous rendre compte que nous les blessons.

La révolution sera télévisée

En novembre dernier – l’info m’aurait complètement échappé sans mon ami Russell – Bob Dylan a sorti un vidéo clip pour accompagner Like A Rolling Stone, la chanson qui, selon la chapelle à laquelle on appartenait en 1965, a fait de lui un traitre ou un précurseur.

Hormis que ce clip arrive 48 ans après la sortie du morceau, la nouvelle, vous me direz, n’a rien de très sensationnel : tous les artistes sortent des clips et, souvent, plus la chanson est mauvaise et plus les images sont travaillées. Sauf que, dans le cas qui nous occupe, et bien que ce ne fut certainement pas son objectif premier, Bob Dylan vient de glisser une sacrée quenelle dans le fion de tous les artistes qui, parce que plus jeunes ou plus dénudé(e)s, s’imaginent à la pointe de l’innovation : son clip, grâce à la plateforme de l’agence média digitale Interlude, est la toute première vidéo musicale qui permet aux utilisateurs de jouer un rôle actif dans le déroulement en zappant en temps réel entre 16 chaînes de télévision. Télé-achat, sport, journal télévisé ou dessin animé, quelle que soit l’émission que vous regardiez, le mouvement des lèvres des protagonistes reste parfaitement synchronisé avec les paroles de la chanson (Dylan, lui-même, apparait sur la chaîne musicale). Non seulement c’est franchement amusant mais cela fait que vous pouvez également regarder deux, cinq ou dix fois la vidéo sans jamais voir exactement la même chose.

Pour visionner ce clip particulièrement novateur, cliquez donc sur l’image ci-dessous.

P. S. : je profite également de l’occasion pour vous souhaiter à tous une excellente année 2014 et vous signaler que j’ai enfin terminé les trois sachets d’herbe qui m’ont tenu loin de ce blog pendant quelques semaines.

Bob Dylan

Le musicien qui n’amassa pas mousse

Billie Joe Becoat, à l’image de Sixto Rodriguez, est un musicien américain des années 60, plutôt talentueux, que le succès a complètement déserté.

Mais la comparaison avec Rodriguez s’arrête là car Becoat, contrairement à son alter ego, n’a jamais connu et ne connaîtra probablement jamais de miraculeux retour en grâce. Il n’est aucun public, dans quelque pays lointain, qui l’ait secrètement maintenu en vie et ses chances d’être libéré un jour prochain des oubliettes de l’industrie de la musique pour être ramené sous les feux de la rampe sont inexistantes.

Becoat, dont la discographie a disparu de tous les catalogues, baigne dans une telle obscurité, est le sujet de tellement peu d’articles que découvrir avec certitude ce qu’il est advenu de lui après que ses deux albums aient fait un flop n’est pas franchement simple. Si, pour Rodriguez, la difficulté consiste à faire la part entre les faits et la légende, il en va tout autrement pour Beacot car, dans son cas, il n’existe presque aucune info. Et encore moins de légende. La quête de ce musicien mène le chercheur qui ne dispose que d’Internet pour arriver à ses fins sur un territoire de rumeurs, de on-dit et de ouï-dire qui, bien que rares, sont autant de buissons épineux auxquels il s’accroche inutilement.

Je vais vous faire grâce du ragot selon lequel Becoat, incapable de s’acclimater à quelque boulot « normal » que ce soit, serait devenu un musicien des rues. Cette version, aussi romantique soit-elle et aussi probable puisse-t-elle paraitre de prime abord, ne repose sur rien, hormis sur ce qu’un critique a supposé du caractère du musicien à l’écoute de ses textes vingt ou trente ans après leur composition.

Il se pourrait fort, voyez-vous, que la vérité soit bien plus prosaïque : si l’on doit en croire des journaux consacrés aux brevets techniques, un obscur magazine de sports et un annuaire de l’Illinois, Billie Joe Becoat serait finalement devenu l’inventeur d’un vélo à deux roues motrices.

Rembobinons la vie de Becoat et reprenons-la en lecture normale, telle que je crois l’avoir très approximativement reconstituée d’après la poignée de sources susmentionnée : vers 1970 ou 1971, déçu par l’insuccès de ses deux albums et par la Californie, grillé par l’abus de LSD, incapable d’écrire une ligne ou d’imaginer un accord, sans plus de maison ni peut-être d’argent, Billie Joe Becoat reprend le chemin de son Illinois natal avec sa femme et sa fille. Après avoir exercé différents métiers ayant apparemment trait à la mécanique ou à la construction, il a un jour une illumination en réparant le vélo de son fils : inventer une bicyclette à deux roues motrices. Ce que, si l’on en juge par le dépôt de plusieurs brevets dans les années 80 et 90 et les plans ci-dessous, il réussit parfaitement (il se pourrait toutefois, pour autant que je sache lire des brevets et que ceux que j’ai vus aient été à jour, que les frais afférents, malgré des rappels et un délai de grâce, n’aient pas été renouvelés au bout de 4 ans comme la loi l’exigeait. Ce qui, à priori, ne ressemble pas à une bonne nouvelle. A noter toutefois que, selon une gazette locale de l’Indiana, tout allait bien pour lui en 2007).

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Mais, pour en revenir à sa musique, car c’est cela qui nous intéresse au-delà de ce que fut ou ne fut pas sa vie, Becoat a donc publié deux albums, l’un – que je possède – en 1969 (Reflections From A Cracked Mirror) et l’autre, dont j’avoue n’avoir découvert l’existence que ce matin, en 1970 (Let’s Talk For A While). Ces deux albums ne sont, à ma connaissance, disponibles nulle part, ni en CD ni au téléchargement (sauf, peut-être, au téléchargement illégal – et encore, je ne parierais pas ma chemise que vous les y trouviez. En tous cas, pas sans difficulté). Il n’y a plus guère que sur le marché du vinyle d’occasion que l’on puisse, si l’on a le cul vraiment bordé de nouilles, s’en procurer un des rares exemplaires existants.

La bonne nouvelle (il en faut une, non ?), c’est que, ce matin, assez persuadé que je ne contrevenais à aucune loi puisqu’il n’est plus sur aucun catalogue, j’ai mis la totalité de Reflections From A Cracked Mirror en ligne sur YouTube. Je vous en livre ici deux morceaux, parmi mes préférés. Vous pourrez toujours aller sur mon compte Youtube pour écouter les huit autres morceaux de l’album si l’entrée que je vous propose maintenant vous titille les papilles.

No Woman, No Drive