Une dernière Internationale pour la route ?

The Last Internationale est un groupe new-yorkais qui, depuis sa formation en 2008, n’a sorti qu’un seul de ces albums que l’on dit officiels (le deuxième devrait sortir très prochainement) mais donné un nombre appréciable de concerts, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. Leurs trois caractéristiques les plus évidentes sont, selon moi, la voix absolument remarquable de la chanteuse, leur énergie et leur fraîcheur sur scène et leur engagement politique très à gauche (justice économique et sociale, écologie, situation des peuples natifs d’Amérique, apathie des citoyens, etc.). Leur attitude assez intransigeante envers les grands labels ne leur permettra peut-être pas d’accéder à la reconnaissance plus large qu’ils méritent assurément mais, dans ce monde de la musique où tout ne semble plus être que paraître et course à la gloire, ils sont d’une sincérité peu commune.

Raconteurs

La semaine dernière, le jukebox de Monde de Merde (putain, quel nom !) vous proposait quelques morceaux composés et/ou co-composés par Jack White pour l’un des trois groupes auxquels il a, à ma connaissance, jusque-là participé : The White Stripes, The Raconteurs et The Dead Weather. Je vous propose aujourd’hui de revenir sur les Raconteurs et de les rencontrer en pleine action, au travers d’une seule vidéo qui dit parfaitement leur talent et leur énergie.

Hop, c’est parti !

Radiohead – Prémices d’une compréhension

Jamais Radiohead ne m’avait autant emporté. En fait, pour dire toute la vérité et rien que la vérité, jusqu’à la découverte hier après-midi des deux longues vidéos ci-dessous, jamais Radiohead ne m’avait emporté nulle part. Mais, là, il me semble bien qu’il s’est brusquement et inopinément produit quelque chose d’assez intense, quelque chose qui n’est pas seulement dû au taux particulièrement élevé de THC dans mon organisme, quelque chose qui pourrait bien signaler que je viens subitement de commencer à comprendre où le groupe veut en venir avec cette musique à la fois simple et complexe qui n’est pas sans m’évoquer du rock qui se serait affranchi du rock. Bon, il va falloir que je ressorte les albums et voie où cela me mène…

De plein fouet !

J’ai pris Gary Clark Jr de plein fouet. A vous de morfler maintenant. One, two, three…

With many thanks to A. K. and R. C.

Terry Reid, ou comment écrire l’histoire en passant à côté

S’il me fallait fournir une seule preuve que Terry Reid, aujourd’hui tombé dans l’oubli, fut une des figures majeures du rock anglais des années 60, j’en donnerais deux sur le champ : il lui fut proposé de devenir le chanteur du futur Led Zeppelin et, quelques mois plus tard, d’occuper la même place au sein de Deep Purple. Rien de moins. Il refusa les deux invitations mais conseilla tout de même à Jimmy Page d’engager dans son futur groupe un petit gars de Birmingham du nom de Robert Plant.

En outre, il fumait des pétards.

Let’s take a trip

The Electric Flag, formation à la confluence du rock, du blues et de la soul (voire du jazz), n’est pas, malgré un succès retentissant dans les années 1967 et 1968, le groupe américain qui a le mieux traversé les Sixties et les deux océans qui bordent les Etats-Unis. Il fut pourtant, à mon avis, ce que l’on qualifiait à l’époque de « supergroupe », à savoir la réunion de musiciens déjà connus ou reconnus – et souvent très talentueux (Cream, par exemple, est certainement le « supergroupe » le plus emblématique de l’époque).

Je ne vais pas entrer dans le détail des CV des musiciens qui formaient The Electric Flag pendant sa première période (la seule qui m’intéresse vraiment) mais sachez tout de même que, à ses débuts, ce groupe se composait, entre autres, de Mike Bloomfield (ex-Paul Butterfield Blues Band et ex-musicien de Bob Dylan), de Harvey Brooks (Bob Dylan), de Buddy Miles (ex-musicien de Wilson Pickett, pote de bœuf de Jimi Hendrix et futur membre du Band of Gypsys du même Hendrix), de Barry Goldberg (Howlin’ Wolf, Muddy Waters, Bob Dylan, etc.) et de Nick Gravenites (ex-Paul Butterfield Blues Band, auteur-compositeur-interprète-producteur de génie à qui Janis Joplin, parmi d’autres, doit plusieurs hits, etc.).

The Electric Flag a vu le jour en 1967 et, avant que Mike Bloomfield ne quitte le groupe dont il fut le véritable fondateur, a sorti deux enregistrements et donné une série de concerts (dont une apparition remarquée au Festival de Monterey) qui eurent une influence non négligeable sur la musique américaine des années 60 et 70. Le premier de ces enregistrements est la bande-son de The Trip en 1967 (un film de Roger Corman sur un scénario Jack Nicholson, avec Peter Fonda et Dennis Hopper – qui, deux ans plus tard, seront les motards d’Easy Rider). Le deuxième enregistrement, A Long Time Comin’ (1968), est le premier album officiel du groupe. Moins pop et moins psychédélique que The Trip, A Long Time Comin’ est plus axé sur de la soul mâtinée de rock et de blues. De mon point de vue, il constitue un album tout à fait remarquable, dont j’irai jusqu’à dire qu’il devrait figurer dans toute collection d’albums des années 60 qui se respecte.

Electric Flag

Après le départ de Mike Bloomfield, The Electric Flag tentera de poursuivre l’aventure sous la direction de l’excellent Buddy Miles mais le cœur n’y est plus vraiment. Miné par une série de problèmes – dont des problèmes de drogue, bien sûr, puisque nous sommes dans les années 60 – le groupe ne sortira qu’un seul album (An American Music Band, 1968) qui, bien que de bonne facture, n’égale pas son prédécesseur.

Pour l’anecdote, sachez que, si un morceau de The Electric Flag, déjà présent dans The Trip, fut également utilisé pour le film Easy Rider, celui-ci n’apparait pas sur la bande-son officielle.

Je vous propose maintenant – de toute façon, c’est à ça que je voulais en venir dès le début – de regarder trois vidéos. La première est un extrait du film The Trip. Quant aux deux autres, il s’agit d’une partie de la prestation de The Electric Flag au Festival de Monterey, en 1967.

Enjoy.

Le Mort est vivant

Le Grateful Dead est officiellement né en 1965 et décédé en 1995, à la mort de Jerry Garcia, son membre le plus emblématique (ici, on ne parle pas de « leader » : le Grateful Dead a toujours été une communauté sans autre hiérarchie que celle que d’autres lui ont inventée).

Sauf que si le Grateful Dead est bien né un jour de 1965 en Californie, il n’est jamais mort. Il se réincarne sans cesse, sous divers noms et sous diverses formes. Qu’il s’appelle The Other Ones, The Dead, Scaring The Children, Furthur, The Bob Weir Band, Phil Lesh And Friends (ou mille autres avatars) et qu’il comprenne deux, trois, cinq ou même un seul des membres originaux, il reste toujours le Grateful Dead et son âme est à jamais intacte.

Cela est rendu possible, voyez-vous, parce que le Grateful Dead, malgré son apparence de groupe, n’est pas et ne fut jamais un groupe. Il est un voyage, une aventure et, chacun de ses musiciens portant en lui la totalité de cette aventure, il suffit d’un seul d’entre eux, n’importe lequel, pour faire le Mort.

Le trio Scaring The Children, qui ne comprend qu’un seul des membres originaux du Grateful Dead (Bob Weir, l’homme à la guitare et au chant), est une parfaite et éclatante illustration de cette théorie de la perpétuelle renaissance que je viens d’avancer.

Un grand merci à celui par qui j’ai pris connaissance d’une de ces deux vidéos ainsi qu’à celui qui, à l’origine, a permis à mon informateur d’être lui-même informé.

 

 

13th Floor Elevators

Je ne saurais vous dire pourquoi mais, ces jours-ci, les 13th Floor Elevators me trottent beaucoup dans la tête.

Et ce matin, tout à fait par hasard, alors que je faisais des recherches sur Yayoi Kusama, une artiste japonaise qui a marqué l’art et la contre-culture des années 60, je suis tombé sur un court article consacré à Roky Erickson, chanteur et extraordinaire figure de proue des 13th Floor Elevators.

C’est un signe.

Que dire de ces Texans psychédéliques qui ont fait trembler la scène musicale de San Francisco avant même que les hippies aient commencé à envahir ses rues et ses parcs, un bâtonnet d’encens dans une main, un joint dans l’autre ?

Qu’ils furent des précurseurs coule de source. A San Francisco et à Los Angeles, nombre des futurs grands en sont encore à répéter dans des garages et à définir ce que sera la musique de la deuxième moitié des années 60 que les Elevators sortent un album psychédélique accompli, dans lequel tous les ingrédients sont déjà réunis : un son nouveau, un chanteur sauvage, une énergie débordante et des références claires à la drogue (dont le groupe encourage l’usage).
Que leur deuxième album, aujourd’hui considéré à juste titre comme l’un des plus grands disques d’acid rock jamais enregistrés, fut totalement sous-estimé à sa sortie est une autre évidence (cet album est très mal mixé mais, les bandes originales ayant été égarées, il est impossible d’en améliorer le son).
Que les autorités texanes, inquiètes de l’influence de ces « révolutionnaires » sur la jeunesse locale, aient tout fait pour les briser est aussi un fait historique (surveillance étroite, arrestations, placements en hôpitaux psychiatriques, traitements aux électrochocs, etc.).

Pour l’anecdote, sachez que Janis Joplin, originaire elle aussi d’Austin et amie proche des membres du groupe ou de leurs copines, a songé à devenir leur chanteuse avant de partir chercher la gloire à San Francisco. Aux côtés de Big Brother And The Holding Company, elle développera du reste une manière de chanter/hurler que l’on dit très influencée par celle de son ami Roky Erickson.

Roky, pour en revenir à lui, a connu un destin assez proche de celui de Syd Barrett, le leader de Pink Floyd. Mentalement fragilisé par l’abus de drogues hallucinogènes, il sera presque complètement détruit par les institutions psychiatriques dans lesquelles il séjournera (de son plein gré pour échapper à une condamnation à 10 ans de prison pour possession d’un seul joint ou suite à des placements d’office) et il mettra des années à retrouver un certain équilibre psychologique (pendant longtemps, il sera persuadé d’être « habité » par un extraterrestre et fera même rédiger un document en ce sens par un notaire afin d’être couvert en cas d’ennuis supplémentaires avec la justice). Aujourd’hui, Roky, enregistre à nouveau (son dernier album, composé en partie de chansons écrites lors de séjours en prison ou à l’asile, est encensé par la critique et les fans) et remonte sur scène, parfois accompagné de Billy Gibbons de ZZ Top, l’un de ses plus grands admirateurs.

J’aurais beaucoup voulu vous présenter une version live d’un morceau du deuxième album des Elevators (Easter Everywhere, 1967) mais, sur Youtube, leurs vidéos sont assez rares et il faudra donc vous contenter d’une apparition télévisée de 1966 pendant laquelle ils jouent (en playback) le morceau qui les a rendu célèbres : You’re Gonna Miss Me (The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators, 1966). L’image n’est pas d’une grande qualité mais le son, remixé par le type qui a mis la vidéo en ligne, est très bon.

Grace Potter

 

I’m in love and it feels good

I Love Imelda May. Every month.

Working Class Hero

Un bel hommage à John Lennon.

 

Kevin Coyne

Je suis en train de regarder quelques vidéos de Kevin Coyne, artiste qui compte parmi les plus intègres et les plus sincères des années 70, et je ne peux pas résister à l’envie d’en partager une avec vous. Cette chanson, House on the Hill, est très largement inspirée par le travail de Coyne dans une institution psychiatrique et par ses propres problèmes mentaux.

Well I’m going to the house upon the hill, the place where they give you pills
The rooms are always chilled, they’re never cosy
Where they give three suits a year and at Christmas time a bottle of beer
Easter time the mayor comes round, he’s always smiling
Where the old ladies sit by the garden wall and they never hear the bluebird call
Never notice the leaves that fall cause they’re all crazy
Where the red bus stands by the great big gate
The red bus and it’s always late, you know why it’s always late
Cause it’s always empty

Funny, funny, funny, funny, oh so funny that’s it’s making me cry
Funny, funny, funny, funny, oh so funny Lord, sometimes I wish I could die.

Now this pagan life is getting me down, my brow is filled with a furl and a frown
My eyelids lower as low as can be but I’m not sleeping
I wander round that Brixton Square with the bottles strewn everywhere
Under tables and under chairs and they’re all broken
Where the big red face of the man on the beat
Says Hey, have you had someting to eat?
Sticks out his yellow teeth, they’re all for biting
Where I don’t have a cent and I don’t know how I’m gonna pay my rent
I think I’ll turn bent and make some money

Funny, funny, funny, funny, oh so funny that’s it’s making me cry
Funny, funny, funny, funny, oh so funny Lord, sometimes I wish I could die.

If you know a way I can go from out of this show you know
You could give me a golden glow but you’re not trying
You’d never lift a regular hand, you call me a lazy man
Who on earth will ever understand I’m really trying
So I’m going to the house upon the hill, the place where they give you pills
And the doctors they don’t kill cause they’re so friendly
Where the red bus stands by the great big gate
The red bus and it’s always late, you know why it’s always late
Cause it’s always empty

Funny, funny, funny, funny, oh so funny that’s it’s making me cry
Funny, funny, funny, funny, oh so funny Lord, sometimes I wish I could die.