Une soirée à Tombouctou

J’aime l’odeur du désert au petit matin

Nous allons, à l’occasion de la sortie d’un nouvel album (Emmaar, 2014), revenir vers Tinariwen, une formation qui compte indéniablement au nombre des groupes touaregs les plus fermement fichés dans mon cœur.

Ce sera, pour autant que ma mémoire ne me joue aucun tour pendable, la troisième fois qu’ils apparaitront sur Sergeant Pepper Times (j’ai dû, hélas, retirer une de leurs vidéos qui, parce qu’hébergée sur Arte Live Web, ne pouvait être visionnée que pendant une durée très limitée de l’ordre de 3 ou 4 mois).

Je ne sais plus du tout si j’ai découvert Tinariwen par moi-même, au hasard de mes pérégrinations sur Youtube, ou si quelqu’un de particulièrement bien intentionné m’a mis dans la bonne direction mais toujours est-il que, dans le cas de la vidéo ci-dessous, c’est à un ami que je dois de connaitre son existence. Qu’il en soit ici remercié.

Comme vous allez maintenant le découvrir, ou en avoir confirmation si vous le saviez déjà, il y a bien pire façon de commencer une journée qu’un peu de blues du désert.

Tinariwen sur Sergeant Pepper Times :

Tinariwen – Blues touareg, souffle du désert (septembre 2011)

Permettez-moi de vous faire violence

Je ne me fais guère d’illusions sur la capacité de certains des lecteurs de ce blog à consacrer 59 minutes et 32 secondes à un documentaire, aussi intéressant soit-il. Mais, par pitié, que ceux-ci ne voient aucune insulte là où n’existe que du souci, de l’inquiétude profonde.

Vous êtes (je suis aussi, donc nous sommes tous) les produits parfaitement achevés d’une société folle, d’une fourmilière éperdue et, en tant que tels, vous percevez souvent la flânerie comme une perte de temps. Pire encore, la simple idée de prendre le temps vous épuise. Si, si, ne niez pas. Plusieurs d’entre vous, devant une de ces vidéos d’une heure ou plus que j’ai parfois une fâcheuse tendance à publier, se sont déjà dits « meeerde, il fait chier, ce con, avec ses vidéos interminables », « il croit que l’on n’a que ça à foutre, le sergent ? » et ont fermé la fenêtre d’un
clic sans appel.

Oui, plusieurs.

Plusieurs, et à maintes reprises.

Je le sais car j’ai accès à un certain nombre d’outils qui me permettent, quoique de manière assez grossière, d’observer le comportement des visiteurs de ce blog.

La vidéo ci-dessous, un document de 6 minutes et 53 secondes (une blague à l’échelle de la durée moyenne de vie), a pour but, par le charme, d’amener les moins endurants d’entre mes lecteurs à s’insoumettre à eux-mêmes, à désobéir à leurs automatismes (ne pas regarder toute vidéo d’une durée supérieure à 10 minutes) et à rouvrir la fenêtre qu’ils ont précipitamment fermée hier : Desert Blues (un antidote au travail). Il leur en coûtera peut-être au début (aucun apprentissage ne se fait sans douleur) mais je ne doute pas une seconde que, s’ils tiennent les 59 minutes et 32 secondes, ils m’en seront reconnaissants, et même doublement reconnaissants car, au-delà de la victoire sur eux-mêmes, c’est tout simplement à un voyage dépaysant, poétique et parsemé de vraies rencontres que je les convie à nouveau.

Mais, pour le moment, place à Habib Koité, griot malien des temps modernes. Que le « Fatma » qu’il va maintenant interpréter soit pour vous un sésame.

 

Desert Blues (un antidote au travail)

Sans cet adorable voyage musical au Mali, j’aurais perdu une heure à travailler.

Un thé dans le désert

Si vous aimez le groupe touraeg Tinariwen, vous allez adorer Tamikrest.

Tinariwen – Blues touareg, souffle du désert

Plus qu’un groupe de musique, Tinariwen (« Les déserts ») est un mouvement, une famille. Les musiciens qui participent à cette aventure, autrefois rebelles armés de fusils et de guitares, viennent, vont et reviennent comme bon leur semble. Ils peuvent ou non participer aux concerts et aux albums. Tinariwen n’a pas plus de murs que le désert.

Tinariwen est le vent.

(La seconde vidéo est un must qui mérite amplement que vous trouviez 59 minutes pour la regarder du début jusqu’à la fin.)