Hisse l’ancre, pas une minute à perdre !

Je vais être obligé de me retenir, de me contenir, de me maîtriser, de me juguler, de me contraindre, de m’astreindre : je ne peux décemment pas déposer dans cet article autant de photographies que je jette de verbes.

Je dois faire un choix, opérer une sélection, distinguer. Prendre et écarter. Alors que je voudrais tout déployer.

J’hésite. Je tergiverse.

Je temporise. Je babille. J’habille mon indécision de verbiage.

Halte là ! Venons-en enfin au fait, au féérique, au sublime, au mariage heureux du modèle et de son photographe, à l’union féconde de la beauté et du talent : les photographies indiennes d’Alfred Pleyer.

En voici cinq que, finalement, pour couper court, j’ai sélectionnées un peu au hasard, tout en ingérant quatre cafés, un pain au chocolat et deux albums de Shujaat Hussain Khan.

Certaines (sinon toutes) ont la particularité – et, si vous réfléchissez bien, vous verrez que cela en dit plus sur le génie du photographe que sur les capacités de l’appareil – d’avoir été prises avec un simple Smartphone.

Vous ne manquerez pas, bien sûr, après cette exquise mise en bouche, d’aller illico presto, tambour battant et ventre à terre sur le site d’Alfred Pleyer

Quant à moi, avant que nous n’embarquions ensemble, et je vous promets que ça ne retardera le largage des amarres que d’une infime pincée de secondes, je voudrais dire toute ma gratitude à qui il se doit, certain qu’il saura se reconnaitre sans que j’ai ici à le nommer : どうもありがとうございまし

Le titre, d’aucuns l’auront peut-être reconnu, est tiré d’un poème de Walt Whitman : L’embarquement pour l’Inde (1868).

Pleyer 1Pleyer 2Pleyer 3Pleyer 4Pleyer 5

 

Condamnation (retour)

En montant-descendant-montant-descendant-montant (c’est le relief qui veut ça) au village dont dépend mon hameau, je suis allé voir le dernier pan de mur intact de la-maison-qui-a-brûlé-il-y-a-longtemps pour savoir où en était l’affiche de campagneque j’avais photographiée en juin 2012.

Et ben, je suis d’avis qu’il y a toujours des coins, au dos d’une affiche ou sur son support, où l’on met beaucoup trop de colle.

Photo : Sergeant Pepper

Photo : Sergeant Pepper

Condamnation

Photo : Sergeant Pepper

Photo : Sergeant Pepper

 

World Press Photo 2012

Du dérangeant, du très dérangeant, de l’insoutenable, de l’incompréhensible, parfois de l’insolite. Rarement, trop rarement, du merveilleux ou du sublime.

(Photo : Brent Stirton)

(Photo : Brent Stirton)

Maria, droguée, prostituée et maman – Kryvyi Rig, Ukraine

(Photo : Samuel Aranda)

(Photo : Samuel Aranda)

Une femme réconforte un parent blessé lors d’une manif contre le président Saleh – Sanaa, Yémen

(Photo : Massoud Hossaini)

(Photo : Massoud Hossaini)

Après un attentat – Kaboul, Afghanistan

(Photo : Stéphanie Sinclair)

(Photo : Stéphanie Sinclair)

Sarita, 15 ans. La veille, elle-même et Maya, sa sœur de 8 ans, furent… mariées – Inde

(Photo : Pedro Pardo)

(Photo : Pedro Pardo)

Femme et fillette (mère et fille ?), victimes de la guerre des cartels de la drogue – Acapulco, Mexique

(Photo : Johnny Haglund)

(Photo : Johnny Haglund)

Jeune fille à la pêche – Kisangani, Congo

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Crier Grâce

Qui pourrait encore douter que la grâce est siamoise ?

GrâceGrâce_2Grâce_3Grâce_4

Afin de ne pas enflammer inutilement les esprits, j’ai choisi de ne publier que quatre des quarante-trois portraits de cette déesse vivante réalisés aujourd’hui par mon ami Russell lors du festival de Loy Krathong, à Chiang Mai. Les trente-neuf autres ne vous apporteraient rien que vous ne sachiez déjà.

EAT THIS

Bon, laissez-moi vous expliquer le chemin qu’a parcouru ce graffiti, qui compte assurément parmi les meilleurs graffitis de ces 20 ou 30 dernières années, pour arriver jusqu’à vous. C’est un voyage en seize escales.

Un inconnu l’imagine,

Un inconnu fabrique un pochoir,

Un inconnu achète une bombe de peinture,

Un inconnu le peint sur un mur de Santiago du Chili,

Thomas passe par là,

Thomas rigole,

Thomas le photographie,

Thomas l’envoie à Eric, journaliste sur le Mouv’ (Radio France),

Eric rigole,

Eric le colle sur son site (www.ericlange.org),

Thierry, qui traine par là, le repère,

Thierry rigole,

Thierry l’envoie à Sergeant Pepper,

Sergeant Pepper rigole,

Sergeant Pepper envoie un message à Thierry pour le remercier,

Sergeant Pepper le colle à son tour sur son blog.

Eat This Santiago

Vous aussi, une fois que vous aurez fini de rigoler, faites suivre ce graffiti, dont il ne fait aucun doute qu’il est taillé pour la route, à tous ceux de vos amis qui sauront l’aider à continuer son voyage.

Putain, j’en rigole encore.