Tous des BD ! (2)

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Tous des BD ! (janvier 2014)

En joue, feu ! (dessins)

L’actu en deux excellents dessins. (Merci à Marie B., qui a porté le deuxième de ces dessins à mon attention.)

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Kiev, visages et mines patibulaires

Si l’on part du principe que, dans les domaines de la politique et de la guerre, la vraisemblance s’obtient souvent en faisant une prudente moyenne des propagandes éructées par les différentes forces en présence, on doit plus ou moins en arriver à la conclusion que les manifestants du Maïdan de Kiev ne sont ni intégralement d’authentiques démocrates comme voudraient nous le faire avaler les uns, ni tous, loin s’en faut, d’épouvantables néo-nazis comme tentent de nous le faire gober les autres.

(Photo : Bulent Kilic)

(Photo : Bulent Kilic)

(Photo : Gleb Garanich)

(Photo : Gleb Garanich)

Cosaques isothermes (Photo : Sergei Supinsky)

Cosaques isothermes (Photo : Sergei Supinsky)

(Photo : Ivan Bandura)

(Photo : Ivan Bandura)

(Photo : AFP)

(Photo : AFP)

(Photo : inconnu)

(Photo : inconnu)

(Photo Sergey Gapon)

(Photo : Sergey Gapon)

(Photo : Darko Bandic)

(Photo : Darko Bandic)

Tous des BD !

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Faux et usage de faux

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Cagibis, galetas et autres ergastules

Comment, sur un territoire de 1 104 km2 dont le nom veut dire « Port aux Parfums », peut-on faire entrer 7 071 576 habitants ?

Ben, on empile, on entasse, on amoncèle  les plus pauvres…

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… et puis on les presse, les compresse, les comprime.

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Photos des bâtiments : Michael Wolf

Photos des claquemurés : Society for Community Organization (Hong Kong)

L’arme

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(Photo : Steve McCurry)

Instants, destins

Voici deux photographies que j’ai sélectionnées parmi celles qui, cette semaine, m’ont le plus ému (mais elles ne datent toutefois pas de ces jours derniers).

La première, illustration d’une joie que j’espère plus que passagère, image d’un bonheur que je souhaite durable, représente une enfant afghane faite de lumière. Elle est l’œuvre du photographe Steve McCurry et a été portée à mon attention par mon ami Russell.

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La deuxième, je l’ai trouvée tout seul, lors d’une de ces traques virtuelles à l’abomination auxquelles je me livre parfois. Parce que je suis un être pervers qui ne veut pas être ignorant de l’horreur à laquelle sont soumis certains des êtres humains qui partagent la même planète que moi en même temps que moi. Elle a pour sujet une jeune femme de quelque bidonville de Phnom Penh que sa mère, qui ne fut que sa génitrice, condamna, toutes les nuits pendant d’interminables années, à satisfaire les besoins sexuels d’une dizaine de créatures que vous me pardonnerez d’appeler des créatures ou des mâles plutôt que des hommes. Pour ne plus être torturée par le peu d’espérance qui la visitait encore et lui brûlait inévitablement le cœur, elle n’eut d’autre issue que de s’ensevelir sous un amas opaque de drogues. Le photographe s’appelle Tim Matsui.

Phnom Penh Tim Matsui

J’ai d’abord hésité sur l’ordre dans lequel présenter ces deux photos. Puis je me suis dit que cela n’avait aucune espèce d’importance : l’une m’a autant donné envie que l’autre de faire un câlin à mon fils.

A vos marques !

Le jour-même où je publiai quelques-unes des photos primées au concours de photojournalisme World Press Photo 2013, un lecteur  a attiré mon attention sur l’épouvantable drame du Rana Plaza au Bangladesh – dont le bilan, à l’heure où je tape ces lignes, est, selon News From Bangladesh, de 694 morts. Il se pourrait cependant, une fois les opérations de déblaiement finies, qu’il atteigne les 1 000 morts (certains journaux prédisent jusqu’à 1 400 morts).

Le Rana Plaza était un immeuble de huit étages (dont quatre auraient été ajoutés illégalement) qui abritait d’immenses ateliers de confection textile dans lesquels œuvraient – pour 30 euros par mois – des milliers d’ouvriers, en majorité des femmes (parfois enceintes jusqu’aux yeux). Ces esclaves des temps modernes fabriquaient des fringues pour une cinquantaine de grandes marques et de distributeurs occidentaux. Parmi ces derniers, du reste, se trouvent des supermarchés français où vous et moi allons certainement faire nos courses (les étiquettes retrouvées dans les décombres ne sauraient mentir).

Le bâtiment, construit et utilisé en dépit du bon sens et, surtout, sans le moindre respect de la vie des employés, s’est effondré le 24 avril. Comme un château de cartes que l’on aurait élevé sur une table bancale. La banque et les quelques boutiques des premiers niveaux avaient été évacuées la veille, dès l’apparition des premières fissures mais les esclaves, eux, furent forcés de venir travailler le lendemain, sous peine de licenciement ou de retenue sur salaire de… 30 euros.

01. Bangladesh Rana Plaza 1

Le Bangladesh, nous le savons tous, est un vaste atelier de misère où sont fabriqués, entre autres choses, nombre de nos vêtements et de nos chaussures, de marque ou bon marché. C’est l’ultralibéralisme (coût minimum, profit maximum) et notre propre fringale (« j’veux du pas cher ! ») – du crétinisme s’il en est – qui ont engendré ce triste état de fait.

Ajoutez à cela la corruption ambiante (plusieurs députés bangladais sont propriétaires de ces tristement célèbres « sweatshops »), un manque de moyens, d’expertise technique et les accidents se multiplient, que ce soit dans les usines où triment des hommes, des femmes et, parfois, des enfants dont nous n’avons rien à foutre et dans les bidonvilles où notre je-m’en-foutisme à tous, vendeurs et acheteurs, les condamne à vivre.

01. Bangladesh Rana Plaza 2

Le photographe bangladais Abir Abdullah (à qui l’on doit tous les clichés présents dans cet article) court d’une catastrophe à une autre et immortalise les morts et ceux qui leur survivent. Il essaie, par ses terribles photos, de faire pression sur les marques occidentales et sur les politiciens locaux. Il tente, à son échelle, « de mettre fin à l’exploitation ».

Kawran Bazaar, 25 février 2007

Kawran Bazaar, 25 février 2007

Tazreen Fashions Limited, usine textile de la banlieue de Dacca, 24 novembre 2012

Tazreen Fashions Limited, usine textile de la banlieue de Dacca, 24 novembre 2012

Tazreen Fashions Limited, 24 novembre 2012

Tazreen Fashions Limited, 24 novembre 2012

Proches des victimes d’un incendie. Nimtali, banlieue de Dacca, 3 juin 2010

Proches des victimes d’un incendie. Nimtali, banlieue de Dacca, 3 juin 2010

Parents, amis, voisins se jettent dans l’incendie pour tenter de sauver quelqu’un en attendant les pompiers (ville et date inconnues)

Parents, amis, voisins se jettent dans l’incendie pour tenter de sauver quelqu’un en attendant les pompiers (ville et date inconnues)

Bidonville de Mirpur, Dacca, avril 2009

Bidonville de Mirpur, Dacca, avril 2009

Blessé ou mort, Dacca, 2007 ( ?)

Blessé ou mort, Dacca, 2007 ( ?)

Une survivante, une épouse, une sœur...

Une survivante, une épouse, une sœur…

Une mère (dans sa main, elle tient des photos de son fils disparu au Rana Plaza)

Une mère (dans sa main, elle tient des photos de son fils disparu au Rana Plaza)

 

La Faillite est totale (World Press Photo 2013)

Photo : Paul Hansen

Photo : Paul Hansen

Suhaib et Muhammad, autrefois enfants de Gaza. Même en additionnant leurs existences, ces deux frères n’ont pas réussi à passer six ans sur cette terre. Leurs assassins sont eux-mêmes des enfants de la mort à échelle industrielle, qu’elle fut « pogroms » ou « shoah ». La faillite de l’humanité est totale.

Photo : Adel Hana

Photo : Adel Hana

Gaza, encore. Le Hamas ne se contente pas, à quelque carrefour de la ville, de tuer six hommes sur l’ombre d’un simple soupçon, il lui faut aussi parader avec les corps dans les rues, des admirateurs à la traîne. Je n’ai pas de mots pour décrire le dégoût que m’inspirent ces ordures. Mais je ne souhaite pas leur mort, je me rêve plutôt sur une autre planète, à des années-lumière de l’obscurité de celle-ci.

Photo : Dominic Nahr

Photo : Dominic Nahr

Soldat soudanais, dont il m’importe peu de savoir s’il était du Nord ou du Sud, baignant dans une mare de ce pétrole pour lequel il est mort.

Photo : Emin Özmen

Photo : Emin Özmen

Alep. Deux jours de fouet et de tortures sur de simples soupçons, qui finalement s’avèreront infondés. Les tortionnaires appartiennent à l’Armée Syrienne Libre dont nous sommes parmi les principaux financiers. Oui, nous avons payé la cigarette que l’un d’eux fume négligemment lors de cet « entretien » dans ce qui fut autrefois une école. Que le cancer les ronge tous.

Photo : Rodriguo Abd

Photo : Rodriguo Abd

Idlib, Syrie. Aida ne pleure pas sur ses blessures, dont elle n’a cure, mais sur la mort de son mari et de ses deux enfants, tués lors d’un bombardement aérien chorégraphié par Bachar el-Assad. Avions et munitions russes.

Photo : Sebastiano Tomada

Photo : Sebastiano Tomada

Alep. Encore. Entre ceux qui se disent Libres et celui qui se prétend légitime, il y a pas mal de monde qui cherche à te tuer, mon petit. Mais tu vas rester en vie, hein ?

Photo : Jan Grarup

Photo : Jan Grarup

Somalie. Suweys Ali Jama, capitaine de l’équipe nationale féminine de basket, est en danger de mort. Pourquoi ? Ben… parce qu’elle ose jouer au basket, pardi. Je viens juste de vous le dire. Vous écoutez ou quoi ?

Photo : Majid Saeedi

Photo : Majid Saeedi

Afghanistan. Zahra, aujourd’hui 20 ans, a tenté de mettre le feu à sa vie quatre ans avant que cette photo ne soit prise. Zahra n’est pas et ne veut pas être la chose que le bétail abject d’un improbable dieu voudrait qu’elle soit.

Photo : Paolo Patrizi

Photo : Paolo Patrizi

Rome. Sharon est une femme que la misère et quelques trafiquants d’esclaves ont contraint à quitter son Kenya natal pour se prostituer au bord d’une route italienne, dans des conditions abominables. Elle n’en reste pas moins Sharon.

Photo : Micah Albert

Photo : Micah Albert

Décharge de Dandora, à la périphérie de Nairobi. Je ne sais de cette pauvresse, assise sur les déchets qu’elle collecte pour le compte de misérables exploiteurs, que ce que le photographe a bien voulu en dire : elle aime regarder les livres qu’elle trouve, qu’importe qu’il ne s’agisse souvent que de catalogues industriels. J’aurais aimé savoir son nom.

Photo : Altaf Qadri

Photo : Altaf Qadri

New Delhi. Ceci est une école, sous un pont du métro. Attendez toutefois avant de vous scandaliser car, de toutes les histoires que racontent les photos de cet article, aucune ne recèle autant d’espoir que celle-ci : cette école a été fondée par un homme qui, autrefois, par manque d’argent, fut contraint d’abandonner ses études supérieures. Cinq jours par semaine, il quitte son bazar pendant deux heures pour enseigner gratuitement, en compagnie d’un assistant, à une quarantaine d’enfants dont il a convaincu les parents de les libérer des travaux pénibles qui sont déjà bien souvent leur quotidien. L’ambition de cet homme rare qui court les rues de Delhi est de leur faire intégrer des écoles publiques pour qu’ils aient ainsi, aussi minime soit-elle, une chance d’échapper à la misère. Il a déjà réussi son coup avec environ 70 enfants qui, tenez-vous bien, continuent de fréquenter le pont du métro avant de rejoindre les écoles où ils ont été finalement admis. Ils font cela par amour, par respect mais aussi parce que Rajesh Kumar Sharma et son assistant Laxmi Chandra, qui leur ont déjà pourtant beaucoup donné, réussissent encore à leur faire prendre de l’avance sur le programme de l’éducation nationale indienne.

Photo : Altaf Qadri

Photo : Altaf Qadri

Non, la faillite n’est pas totale.

Toutes ces photos ont été primées, d’une manière ou d’une autre, au World Press Photo Contest 2013.

[Note : Pour en apprendre plus sur Rajesh Kumar Sharma et Laxmi Chandra, j’ai quelque peu fouillé la presse indienne.]

World Press Photo 2012

Hisse l’ancre, pas une minute à perdre !

Je vais être obligé de me retenir, de me contenir, de me maîtriser, de me juguler, de me contraindre, de m’astreindre : je ne peux décemment pas déposer dans cet article autant de photographies que je jette de verbes.

Je dois faire un choix, opérer une sélection, distinguer. Prendre et écarter. Alors que je voudrais tout déployer.

J’hésite. Je tergiverse.

Je temporise. Je babille. J’habille mon indécision de verbiage.

Halte là ! Venons-en enfin au fait, au féérique, au sublime, au mariage heureux du modèle et de son photographe, à l’union féconde de la beauté et du talent : les photographies indiennes d’Alfred Pleyer.

En voici cinq que, finalement, pour couper court, j’ai sélectionnées un peu au hasard, tout en ingérant quatre cafés, un pain au chocolat et deux albums de Shujaat Hussain Khan.

Certaines (sinon toutes) ont la particularité – et, si vous réfléchissez bien, vous verrez que cela en dit plus sur le génie du photographe que sur les capacités de l’appareil – d’avoir été prises avec un simple Smartphone.

Vous ne manquerez pas, bien sûr, après cette exquise mise en bouche, d’aller illico presto, tambour battant et ventre à terre sur le site d’Alfred Pleyer

Quant à moi, avant que nous n’embarquions ensemble, et je vous promets que ça ne retardera le largage des amarres que d’une infime pincée de secondes, je voudrais dire toute ma gratitude à qui il se doit, certain qu’il saura se reconnaitre sans que j’ai ici à le nommer : どうもありがとうございまし

Le titre, d’aucuns l’auront peut-être reconnu, est tiré d’un poème de Walt Whitman : L’embarquement pour l’Inde (1868).

Pleyer 1Pleyer 2Pleyer 3Pleyer 4Pleyer 5

 

Condamnation (retour)

En montant-descendant-montant-descendant-montant (c’est le relief qui veut ça) au village dont dépend mon hameau, je suis allé voir le dernier pan de mur intact de la-maison-qui-a-brûlé-il-y-a-longtemps pour savoir où en était l’affiche de campagneque j’avais photographiée en juin 2012.

Et ben, je suis d’avis qu’il y a toujours des coins, au dos d’une affiche ou sur son support, où l’on met beaucoup trop de colle.

Photo : Sergeant Pepper

Photo : Sergeant Pepper