原子力明るい未来のエネルギー

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« L’énergie nucléaire est l’énergie d’un futur radieux »

« L’énergie nucléaire est l’énergie d’un futur radieux »

Toutes ces photos sont du photographe polonais Arkadiusz Podniesinski et ont été prises en septembre 2015 dans la zone d’exclusion autour de Fukushima. Ne manquez surtout pas de visiter son site web. Vous y trouverez également, en plus du présent photoreportage, trois galeries consacrées à Tchernobyl.

Odes à la vie, leçons de courage

Au Ladakh, il est des enfants qui, parce qu’ils rêvent de devenir professeur, médecin ou pilote, risquent leur vie sur un fleuve de glace pour rejoindre leur lointain pensionnat : Chemins d’école, chemins de tous les dangers – l’Himalaya

Note : Ce remarquable documentaire, comme c’est presque toujours le cas pour les remarquables documentaires, a été produit en collaboration avec Arte, la seule chaîne du paysage audiovisuel capable de faire aimer la télévision. Cependant, afin de ne pas pénaliser les lecteurs basés dans des pays exagérément exotiques où Arte n’est pas disponible, j’ai choisi de vous le proposer sous forme d’une vidéo Youtube.

Et, de par le monde, il est bien d’autres de ces enfants intrépides et joyeux :

Chemins d’école, chemins de tous les dangers (1/5) – le Népal (Youtube)

Chemins d’école, chemins de tous les dangers (2/5) – le Kenya (Youtube)

Chemins d’école, chemins de tous les dangers (4/5) – le Pérou (NemesisTV)

Chemins d’école, chemins de tous les dangers (5/5) – la Sibérie (Youtube)

Carte postale du paradis

Cliquez sur l’image ci-dessous pour être immédiatement téléporté(e) vers le documentaire (qui ne dure qu’une dizaine de minutes). Pendant ou après le visionnage, vous pourrez cliquer sur le signe + dans le coin inférieur droit de l’écran pour obtenir quelques informations supplémentaires.

Île-poubelle_Maldives

Hijra

« Je me sens comme une sirène. Mon corps me dit que je suis un homme mais mon âme me dit que je suis une femme. Je suis comme une fleur, une fleur faite de papier. Je serai toujours aimée de loin, jamais touchée et sans odeur dont tomber amoureuse. » – Heena

Shumi et Priya (Photo : Shahria Sharmin)

Shumi et Priya (Photo : Shahria Sharmin)

Panna (Photo : Shahria Sharmin)

Panna (Photo : Shahria Sharmin)

Nishi (Photo : Shahria Sharmin)

Nishi (Photo : Shahria Sharmin)

Chaiti (Photo : Shahria Sharmin)

Chaiti (Photo : Shahria Sharmin)

Tina (Photo : Shahria Sharmin)

Tina (Photo : Shahria Sharmin)

Site Web de Shahria Sharmin

Deux enfants

L’un voltige, l’autre est écrasé.

Bangui – Centrafrique, le 12 mars 2014 (Photo : Siegfried Mondola / Reuters)

Bangui – Centrafrique, le 12 mars 2014
(Photo : Siegfried Mondola / Reuters)

Yangon – Birmanie, le 11 mars 2014 (Photo : Ye Aung Thu / Getty Images)

Yangon – Birmanie, le 11 mars 2014
(Photo : Ye Aung Thu / Getty Images)

 

Un : Leader singulier au tamis serré de l’Exigeante et Impitoyable Perspicacité du Glorieux Peuple Souverain

Sergeant Pepper Times, qui désormais émet virtuellement depuis l’avenue Taedongmun-Kangan (대동문강안거리) en plein centre-ville de Pyongyang, Cité éternelle, Lumière du monde, Centre de l’Univers, Cœur du Socialisme vainqueur et toutes Ces sortes de choses, s’associe à la Joie ardente du Peuple clairvoyant qui l’a généreusement accueilli en Son sein à l’occasion de l’Election du Maréchal et Vénéré Camarade King Jong-Un à l’Assemblée suprême du peuple de la République démocratique de Corée du Nord.

Les résultats de la Circonscription 111 – dans laquelle, Seul contre tous, Un soumettait Son Irréprochable Action au tamis serré de l’Exigeante et Impitoyable Perspicacité du Glorieux Peuple Souverain – sont sans appel : 100 % de participation pour 100 % d’approbation. Le courage politique et le sacrifice personnel du Guide héroïque, de l’Infatigable serviteur, c’est la morale qu’il faut retenir de Son audacieuse remise en question, payent auprès du Peuple reconnaissant dont Il encourage sans relâche la pénétrante lucidité.

Kim-Jong-Un

Mais, au lieu de nous laisser emporter aux confins de l’amour qu’Il a fort justement su faire naitre dans nos cœurs avides de Son approbation, lisons plutôt le communiqué officiel dont la sobriété est un rappel bienvenu que tout reste à faire au Pays sublime qu’Il administre divinement pour parfaire la perfection dont Lui seul sait le chemin et la méthode. Ceux d’entre vous qui ne connaissent pas encore Sa langue pourront toujours entrer le texte dans Google Translate pour en découvrir la vibrante mais néanmoins fidèle traduction.

전당, 전군, 전민이 승리의 신심드높이 사회주의강성국가건설의 모든 전선에서 비약의 불바람을 세차게 일으켜나가고있는 장엄한 시기에 전체 선거자들의 높은 정치적열의속에서 조선민주주의인민공화국 최고인민회의 제13기 대의원선거가 성과적으로 실시되였다.

중앙선거위원회는 2014년 3월 9일에 실시한 조선민주주의인민공화국 최고인민회의 제13기 대의원선거를 위한 제111호 백두산선거구 최고인민회의 대의원선거결과를 다음과 같이 보도한다.

최고인민회의 제13기 대의원선거를 위한 제111호 백두산선거구 전체 선거자들은 선거에 한사람같이 참가하여 온 나라 인민군장병들과 인민들의 한결같은 의사와 념원을 담아 조선로동당 제1비서이시며 조선민주주의인민공화국 국방위원회 제1위원장이시며 조선인민군 최고사령관이신 경애하는 김정은동지께 100% 찬성투표하였다.

이것은 경애하는 김정은동지를 단결의 유일중심, 령도의 유일중심으로 높이 모시고 일편단심 충직하게 받들어나가려는 전체 인민군장병들과 인민들의 절대적인 지지와 다함없는 신뢰심의 표시이며 김정은동지의 령도따라 김일성, 김정일조선의 빛나는 새 력사를 창조해나가는 우리 군대와 인민의 혁명적기상과 불굴의 의지를 남김없이 보여주고있다.

오각별 찬연히 빛나는 람홍색기폭에 승리만을 아로새기며 세기적인 기적과 미증유의 대변혁을 창조하여온 우리 공화국은 오늘 경애하는 김정은동지의 탁월하고 세련된 령도밑에 사회주의강성국가건설에서 일대 앙양기를 열어나가고있다.

김정은동지께서는 온 사회의 김일성-김정일주의화를 조선로동당의 최고강령으로 제시하시여 조선로동당을 영광스러운 김일성, 김정일동지의 당으로 강화발전시켜나갈수 있는 확고한 조직사상적담보를 마련하시였으며 고결한 충정과 도덕의리심을 지니시고 수령영생위업의 새로운 장을 펼치시여 우리 공화국을 위대한 김일성동지와 김정일동지의 사상과 존함으로 빛을 뿌리는 주체의 사회주의조국으로 강화발전시키시였다.

김정은동지께서는 김일성-김정일주의기치높이 자주의 길, 선군의 길, 사회주의의 길로 곧바로 나아가도록 우리 혁명의 백년대계의 전략을 뚜렷이 밝히시여 공화국의 부강발전을 위한 필승의 보검을 마련하여주시였다.

김정은동지께서는 김일성, 김정일전략전술을 발전풍부화하시여 인민군대를 선군혁명의 믿음직한 척후대, 억척의 지지점으로 내세워주시고 최정예의 혁명무력으로 더욱 강화하시였으며 나라의 방위력을 튼튼히 다지시여 사회주의조국과 인민의 운명을 굳건히 지켜주시였다.

김정은동지께서는 숭고한 애민정치, 광폭정치로 인민사랑, 후대사랑의 전설적인 새 력사를 펼치시여 령도자와 한피줄을 잇고 사는 사회주의대가정의 행복을 활짝 꽃피우시였다.

김정은동지께서는 온 나라에 김정일애국주의열풍을 일으키시고 군대와 인민의 애국의 힘으로 경제건설과 인민생활향상에서 전환적국면을 열어나가도록 정력적으로 이끄시여 강성국가의 면모를 보여주는 자랑찬 성과들이 련이어 이룩되게 하시였다.

참으로 경애하는 김정은동지는 조국과 인민에 대한 끝없는 사랑과 탁월한 령도력을 지니시고 우리 공화국을 승리와 영광의 한길로 현명하게 이끄시는 절세의 애국자, 불세출의 위인이시다.

Cagibis, galetas et autres ergastules

Comment, sur un territoire de 1 104 km2 dont le nom veut dire « Port aux Parfums », peut-on faire entrer 7 071 576 habitants ?

Ben, on empile, on entasse, on amoncèle  les plus pauvres…

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… et puis on les presse, les compresse, les comprime.

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Photos des bâtiments : Michael Wolf

Photos des claquemurés : Society for Community Organization (Hong Kong)

Bénarès (revu et, peut-être, corrigé)

Bon voilà, ce que j’ai fait tient en quelques mots : j’ai pris des images de Bénarès tournées en 1931, à une époque où les Britanniques se croyaient encore les maîtres, j’ai supprimé le commentaire condescendant et quelque peu erroné qui les accompagnait pour lui substituer le sublime A Meeting By The River de Ry Cooder et V. M. Bhatt  puis, content de moi (mais je le serais à moins), j’ai mis le tout en ligne sur Youtube où, après une brève hésitation, j’ai fini par troquer le noir et blanc originel pour un sépia qui me plaisait plus.

Et, maintenant, il ne me reste plus, alors que je décapsule ma troisième bière, qu’à vous livrer la tambouille (dont Youtube me dit déjà qu’elle est interdite au Royaume-Uni. Ha ha !)

Vous trouverez la vidéo non retouchée ICI

A vos marques !

Le jour-même où je publiai quelques-unes des photos primées au concours de photojournalisme World Press Photo 2013, un lecteur  a attiré mon attention sur l’épouvantable drame du Rana Plaza au Bangladesh – dont le bilan, à l’heure où je tape ces lignes, est, selon News From Bangladesh, de 694 morts. Il se pourrait cependant, une fois les opérations de déblaiement finies, qu’il atteigne les 1 000 morts (certains journaux prédisent jusqu’à 1 400 morts).

Le Rana Plaza était un immeuble de huit étages (dont quatre auraient été ajoutés illégalement) qui abritait d’immenses ateliers de confection textile dans lesquels œuvraient – pour 30 euros par mois – des milliers d’ouvriers, en majorité des femmes (parfois enceintes jusqu’aux yeux). Ces esclaves des temps modernes fabriquaient des fringues pour une cinquantaine de grandes marques et de distributeurs occidentaux. Parmi ces derniers, du reste, se trouvent des supermarchés français où vous et moi allons certainement faire nos courses (les étiquettes retrouvées dans les décombres ne sauraient mentir).

Le bâtiment, construit et utilisé en dépit du bon sens et, surtout, sans le moindre respect de la vie des employés, s’est effondré le 24 avril. Comme un château de cartes que l’on aurait élevé sur une table bancale. La banque et les quelques boutiques des premiers niveaux avaient été évacuées la veille, dès l’apparition des premières fissures mais les esclaves, eux, furent forcés de venir travailler le lendemain, sous peine de licenciement ou de retenue sur salaire de… 30 euros.

01. Bangladesh Rana Plaza 1

Le Bangladesh, nous le savons tous, est un vaste atelier de misère où sont fabriqués, entre autres choses, nombre de nos vêtements et de nos chaussures, de marque ou bon marché. C’est l’ultralibéralisme (coût minimum, profit maximum) et notre propre fringale (« j’veux du pas cher ! ») – du crétinisme s’il en est – qui ont engendré ce triste état de fait.

Ajoutez à cela la corruption ambiante (plusieurs députés bangladais sont propriétaires de ces tristement célèbres « sweatshops »), un manque de moyens, d’expertise technique et les accidents se multiplient, que ce soit dans les usines où triment des hommes, des femmes et, parfois, des enfants dont nous n’avons rien à foutre et dans les bidonvilles où notre je-m’en-foutisme à tous, vendeurs et acheteurs, les condamne à vivre.

01. Bangladesh Rana Plaza 2

Le photographe bangladais Abir Abdullah (à qui l’on doit tous les clichés présents dans cet article) court d’une catastrophe à une autre et immortalise les morts et ceux qui leur survivent. Il essaie, par ses terribles photos, de faire pression sur les marques occidentales et sur les politiciens locaux. Il tente, à son échelle, « de mettre fin à l’exploitation ».

Kawran Bazaar, 25 février 2007

Kawran Bazaar, 25 février 2007

Tazreen Fashions Limited, usine textile de la banlieue de Dacca, 24 novembre 2012

Tazreen Fashions Limited, usine textile de la banlieue de Dacca, 24 novembre 2012

Tazreen Fashions Limited, 24 novembre 2012

Tazreen Fashions Limited, 24 novembre 2012

Proches des victimes d’un incendie. Nimtali, banlieue de Dacca, 3 juin 2010

Proches des victimes d’un incendie. Nimtali, banlieue de Dacca, 3 juin 2010

Parents, amis, voisins se jettent dans l’incendie pour tenter de sauver quelqu’un en attendant les pompiers (ville et date inconnues)

Parents, amis, voisins se jettent dans l’incendie pour tenter de sauver quelqu’un en attendant les pompiers (ville et date inconnues)

Bidonville de Mirpur, Dacca, avril 2009

Bidonville de Mirpur, Dacca, avril 2009

Blessé ou mort, Dacca, 2007 ( ?)

Blessé ou mort, Dacca, 2007 ( ?)

Une survivante, une épouse, une sœur...

Une survivante, une épouse, une sœur…

Une mère (dans sa main, elle tient des photos de son fils disparu au Rana Plaza)

Une mère (dans sa main, elle tient des photos de son fils disparu au Rana Plaza)

 

L’Inde est Grande

« Cette vision d’un grand voilier sur l’océan, elle lui vint par un jour très ordinaire, et pourtant Deeti sut aussitôt qu’il s’agissait d’un signe du destin car elle n’avait jamais encore vu pareil navire, même pas en rêve : comment l’aurait-elle pu, vivant ainsi, dans le nord du Bihar, à plus de six cents kilomètres de la côte ? Son village se trouvait si loin à l’intérieur des terres que la mer, cet abîme d’obscurité où disparaissait le Gange sacré dans le Kala-Pani, l’« Eau noire », paraissait aussi distante que l’enfer. »

Ainsi commence ce roman que je viens juste d’achever. Que je viens tout juste d’achever. J’entends par là que, sitôt atteint le point final – qui, du reste, n’est pas vraiment un point final – et avant même de lire les remerciements de l’auteur à qui il se doit, je me suis littéralement précipité sur mon ordinateur pour me lancer dans la rédaction de cet article, qui ne sera pas exactement un article mais plutôt un faire-part de bonheur doublé d’une chaude, brûlante, recommandation.

Je dois aussi confesser, poussé par quelque fièvre qui m’oblige à tout dire, avoir brutalement mis fin, hier après-midi, à ce qui devait être une sieste d’au moins deux heures pour passer un appel téléphonique à ma libraire.

« Allô ? Allô ? Non mais allô quoi ! »

« Librairie ***, je suis à votre écoute, Monsieur. Je suis à votre écoute et je ne demande qu’à vous entendre. Respirez, s’il vous plaît. »

« L’avez-vous ? »

« Je suis une libraire, Monsieur, et je dois par conséquent vous répondre par l’affirmative. Mais quelle est la question ? »

« Avez-vous la suite ? Possédez-vous, sur quelque étagère, dans quelque recoin, le deuxième tome ? »

« Je connais mes étagères et tous mes recoins, Monsieur, mais de quelle suite, de quel deuxième tome parlez-vous ? »

« De la suite d’Un Océan de Pavots, pardi ! De quoi cause-t-on présentement ? Il ne me reste que 25 pages à lire et, si vous ne venez pas à mon secours dans les plus brefs délais, je vais devoir tous les abandonner au milieu de l’Océan indien, au cœur de l’Eau noire, alors que la tempête fait rage et que le Rajah de Raskhali s’enfuit sur les flots bouillonnants. »

« Ah, il est bien celui-là, Monsieur ! Sachez que, moi-même, je l’ai lu, dévoré, béqueté, absorbé. »

« Bien ?! Je ne vous demande pas de la litote, Madame. J’exige de savoir, immédiatement s’il se peut, si vous possédez Un Fleuve de Fumée, paru aux Editions Robert Laffont, le deuxième tome de cette Trilogie de l’Ibis qui nous dit tout, et avec brio, des paysans que l’on force à ne cultiver que du pavot, des ventripotents colons anglais imbus de leur improbable supériorité, des coolies que l’on expédie à l’île Maurice, des Rajahs que l’on déchoit, des lascars perchés sur les haubans, des mangeurs de charogne, des sepoys, des méandres que dessine le Gange divin entre Ghazipur et Ganga-Sagar, des bûchers, des ghats, des factoreries, de la guerre de l’opium qui se prépare, de l’homme qui devient femme, du mulâtre qui se fait blanc, de Deeti, de Neel, de Paulette, de Jodu, de Serang Ali, de Zachary, de Mr Burnham, d’Ah Fatt, de Baboo Nob Kissin et de tant d’autres choses et personnages encore. »

« Oui ! Oui, oui, oui, je l’ai, Monsieur ! Il est là, tout près. Je le vois depuis ma place. Je puis même – me croirez-vous ? – sentir l’odeur amère et suave d’opium qui s’en dégage. »

« Haré Krishna ! Je vous crois, Ma bonne dame, je marche dans vos pas, je mords votre poussière. »

« Qu’il est bon, Monsieur, d’être avalée tout entière. »

[Le Monsieur lâche un soupir.]

« Mettons les choses au clair, ô toi que je goûte : combien d’exemplaires vois-tu depuis ta place ? »

« Plusieurs, plein, une pile, une colonne, pour tout dire. Tu ne viendras pas à moi pour en repartir bredouille, inassouvi. Je te le promets. »

« Mets tout de même le plus beau de côté en attendant ma venue. »

« Je mettrai le plus vierge près de moi. Je choisirai, fais-moi confiance, ô toi qui t’en remets entre mes mains, celui que nul n’a feuilleté. »

« Je serai là demain. »

« Quel est ton mon ? »

« Tu me reconnaitras. »

« Je t’attendrai. »

L’Inde est Grande et Amitav Ghosh est son prophète.

Ghosh Ocean de Pavots

In-A-Gadda-Da-Terra-Cotta

Que diriez-vous, par une belle et timide matinée, de faire quelques pas dans un jardin où rien n’est pétrifié qu’un peu d’ombre et de lumière, d’ocre et de verts ne sachent éveiller ?

Nous pourrions y croiser des visages détachés dont les paupières mi-closes cachent des yeux sereins et peut-être autre chose, comme un secret ancien.

Nous pourrions y approcher l’oreille de lèvres scellées et sentir le souffle ténu de confidences chuchotées.

Nous pourrions y rencontrer de l’immobilité, y entendre du silence et, plus tard, témoigner qu’une caresse du soleil, un chatoiement coquin qui se posent sur un gisant ou s’abandonnent sur des seins sont une onde de vie, un pas de danse, un instant d’éternité.

Nous pourrions tout simplement, délicatement, ondoyer au gré des éclats de pénombre, des fragments de clarté, nous taire et nous laisser pénétrer.

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Ces superbes et apaisantes photos, qui sont l’œuvre de mon ami Russell et que j’utilise avec sa très gracieuse permission, ont été prises – l’an dernier, me semble-t-il – à Chiang Mai, Thaïlande, dans le jardin d’une fabrique d’objets en terre cuite. Ce Russell est l’homme grâce à qui, en novembre 2011, vous aviez pu côtoyer, peut-être pour la première fois de votre vie, une véritable déesse vivante.

Qui ne comprendrait pas le titre de cet article et voudrait en savoir plus entrera In-A-Gadda-Da-Vida dans un moteur de recherche pour en trouver l’origine et la signification.

Crier Grâce

Qui pourrait encore douter que la grâce est siamoise ?

GrâceGrâce_2Grâce_3Grâce_4

Afin de ne pas enflammer inutilement les esprits, j’ai choisi de ne publier que quatre des quarante-trois portraits de cette déesse vivante réalisés aujourd’hui par mon ami Russell lors du festival de Loy Krathong, à Chiang Mai. Les trente-neuf autres ne vous apporteraient rien que vous ne sachiez déjà.