Le passage et l’interruption

Ah, je vois que notre voiture est maintenant avancée. Entrons-y sans plus attendre. Ce blog est assez confidentiel pour que nous puissions tous nous y engouffrer et que notre escapade passe complètement inaperçue.

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Où allons-nous ?

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Je ne sais pas vraiment. Notre destination, voyez-vous, est multiple et singulière, fabuleuse et véridique. Elle est dans l’espace et dans des recoins, dans le vide et dans la profusion, dans la démesure et dans l’infime. Elle est au-delà d’un interstice et dans la craquelure même. Elle vit dans le passage et dans l’interruption. Elle existe dans des intervalles et dans la continuation. Elle tient dans la superposition et dans le décalage. Nous en sommes séparés par un hiatus et par rien. Nous y rendre demande un transport ; y arriver est abandon.

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Notre destination est un château, un asile, un hôpital, un dépotoir d’enfants, un couloir, un escalier, une marche, une déambulation, des bruits de pas, une jungle emmurée, une bibliothèque de la mort, un fauteuil grippé, des mouvements pétrifiés, un ventre chaud, un cœur glacé, l’intérieur d’une veuve énamourée, le fauteuil du pasteur qui l’aima et en abusa, le silence de l’enfant coupable que l’on noya, l’ascension de sa respiration transparente, l’éclosion de son agonie muette à la surface de l’eau claire, un clapotis, un bruissement, un éclat, une lumière, un fragment d’obscurité, une valse d’ombres, un kaléidoscope de noirceurs et de clarté, des échos flottants que tamise un nuage de poussière en suspension…

Et des bocaux oubliés près d’une fenêtre qui donne sur soi-même.

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Ces superbes photos, et bien d’autres encore, sont de Sven Fennema et sont reproduites ici avec sa très aimable permission.

Je vous invite bien sûr à visiter sans délai LIVING PICTURES, son extraordinaire site web, et je puis vous assurer que vous ne regretterez pas le détour.

Epecuén-Ville

J’aime les lieux abandonnés. J’aime les villes, les villages et les hameaux désertés. Il n’est sur terre, aussi élégante et chaleureuse soit-elle, aucune localité toujours habitée qui ait le pouvoir d’autant éveiller mes sens et mon imagination. J’échangerais volontiers, sans la moindre hésitation et sans le plus petit regret, un retour pourtant espéré à Luang Prabang ou dans le vieil Hanoï contre un séjour muet à Hashima ou contre quelques déambulations feutrées dans la poussière dorée de Bodie ou de Kolmanskop.

J’aime la candeur et la sérénité qui sont les ultimes attributs des lieux à l’abandon autant que je peux parfois haïr l’insolence, l’ostentation et la gloriole des peuplements enfiévrés qui sont encore.

Envolons-nous maintenant vers les rives du lac Epecuén, en Argentine.

Epecuén-Ville, que l’on baptisa ainsi pour lui donner un parfum français, était une station thermale située sur les rives du lac éponyme, à cinq ou six cents kilomètres au sud-ouest de Buenos Aires. Elle fut fondée dans les années 1920 et, très vite, devint un lieu de villégiature célèbre pour ses eaux salées (seule la Mer morte a un taux de salinité supérieur) dont on dit qu’elles soignent les rhumatismes, les maladies de peau, l’anémie, l’obésité, le diabète et quelques autres affections débilitantes.

A son apogée, dans les années 70, la ville abritait environ 5 000 résidents permanents, comptait bon nombre d’hôtels (on parle de 200), de restaurants et de commerces en tous genres, était desservie par le chemin de fer et accueillait chaque été 30 000 touristes aisés venus de toute l’Amérique du Sud et d’ailleurs. Elle possédait également des équipements sportifs bien supérieurs à ceux d’autres villes d’Argentine. Le niveau de vie y était un des plus élevés du continent.

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Tout alla pour le mieux à Epecuén tant que les canaux et les bassins creusés pour réguler les eaux du lac furent entretenus et contrôlés. Tout alla pour le mieux jusqu’au coup d’état de 1976 (après lequel il semblerait que le système hydraulique ne fut plus guère géré) et jusqu’à que des pluies diluviennes ne tombent sans interruption ou presque, pendant des années, sur les montagnes environnantes et ne dévalent les pentes. Année après année, averse après averse, le niveau de l’eau monta. Cinquante centimètres, une année ; soixante, une autre. En 1985, il atteignit le sommet de la digue de terre et de pierres qui protégeait la ville et qui, finalement, céda le 10 novembre (par une journée ensoleillée si je dois en croire une photo de l’évacuation).

En quelques heures, une bonne partie de la ville fut envahie par les eaux, des eaux qui, au fil des ans, ne cessèrent de monter. Trois mètres. Six mètres. Huit mètres. En 1993, la station balnéaire était une Atlantide qui sommeillait par dix mètres de fond.

Puis le climat changea, le déluge cessa et, en 2008 ou 2009, les eaux commencèrent à refluer, dévoilant une Epecuén-Ville brisée et recouverte d’une croûte de sel.

(Photo: Juan Mabromata)

(Photo: Juan Mabromata)

Photo: Juan Mabromata

Photo: Juan Mabromata

Photo: Juan Mabromata

(Photo: Juan Mabromata)

(Photo: inconnu)

(Photo: inconnu)

(Photo : Sebastian Schwalb)

(Photo : Sebastian Schwalb)

(Photo : Sebastian Schwalb)

(Photo : Sebastian Schwalb)

(Photo : Alberto Claveria)

(Photo : Alberto Claveria)

(Photo: Juan Mabromata)

(Photo: Juan Mabromata)

Au jour d’aujourd’hui, Epecuén compte un seul et unique habitant. Il s’appelle Pablo Novak et a 82 ans.

(Photo : Jose Carrizo)

(Photo : Jose Carrizo)

Photographies d’Epecuén par Juan Mabromata, Sebastian Schwalb et Alberto Claveria

Enfants d’une révolution

Newcastle, années 1870.

Lieu ou époque, nous sommes au cœur de la Révolution industrielle. Celle qui va transformer artisans et paysans en ouvriers calibrés, en employés identiques et interchangeables ; celle qui va faire exister les sots métiers.

A Newcastle et dans sa région, la grise Angleterre produit, fabrique, fait, refait, martèle, assemble, répète. Produit, fabrique, fait, refait, martèle, assemble, répète.

L’essor, la richesse et l’espoir sont des appeaux puissants. Les hommes se déracinent et transportent leurs vies dans les faubourgs ternes de la ville. Ils arrivent, balluchons pleins et mains vides, des campagnes environnantes, d’Irlande ou d’Ecosse. Ils viennent maquiller leurs joues rouges de poussière de charbon. Ils viennent s’échouer dans les chantiers navals, ils viennent souder, visser, lancer les navires qui firent et tinrent trop longtemps l’Empire britannique. Ils viennent fixer, riveter des barres, des plaques, des lames, des fûts, des engrenages, des ressorts, des essieux qui seront turbines à vapeur, locomotives, canons, fusils ou machines-outils.

Mais ce qui fait la richesse d’une nation et l’opulence de ses élites, c’est là un principe de vases très peu communicants sans lequel le « miracle économique » est impossible, ne saurait faire le bien-être des masses qui soulèvent la nation et ses élites et les supportent à bout de bras. La fortune et la gloire des unes ne pourraient exister sans la pauvreté des autres.

A Newcastle, comme dans tous les grands centres industriels d’Europe, les salaires de la main-d’œuvre, notamment grâce à une savante dose de chômage, étaient maintenus au plus bas. Se nourrir, se vêtir et se garder en bonne santé, que l’on trimât dans quelque usine ou que l’on traînât dans les rues, étaient un défi de tous les jours.

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Et, misère oblige, les enfants de la Révolution industrielle, les enfants des déracinés devenus ouvriers ou clochards urbains, les enfants qui ne vendaient pas de l’alcool sur un marché ou des cacahuètes à quelque coin de rue, devaient voler, devaient dérober le tout et le rien qui permettraient à leur famille de parcourir quelques jours de plus : des vêtements, des chaussures, des bouts de métal, deux pièces par-ci, trois par là.

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L’Angleterre victorienne, l’Angleterre victorieuse ne faisait aucun cadeau, ne reconnaissait aucune circonstance atténuante aux enfants qu’elle surprenait à chaparder. Quel que fût leur âge, ils écopaient de coups de fouet ou d’une condamnation aux travaux forcés (à la suite de quoi, ils étaient parfois envoyés pour plusieurs années dans des maisons de correction).

Voici quelques photos d’identité judiciaire prises par la police de Newcastle dans les années 1870. Celles-ci ont été publiées pour la première fois cette semaine par Tyne and Wear Archives and Museums.

Ellen Woodman, 11 ans. Condamnée à une semaine de travaux forcés pour vol de métal sur un chantier naval.

Ellen Woodman, 11 ans. Condamnée à une semaine de travaux forcés pour vol de métal sur un chantier naval.

Rosanne Watson, 13 ans. « Complice » d’Ellen Woodman, elle fut condamnée à la même peine que son amie. Un article de l’époque suggère toutefois que les deux gamines, loin d’être des voleuses, ne faisaient que jouer sur le chantier naval où elles furent arrêtées.

Rosanne Watson, 13 ans. « Complice » d’Ellen Woodman, elle fut condamnée à la même peine que son amie. Un article
de l’époque suggère toutefois que les deux gamines, loin d’être des voleuses, ne faisaient que jouer sur le chantier naval où elles furent arrêtées.

Henry Miller, 14 ans. Condamné à deux semaines de travaux forcés pour vol de vêtements.

Henry Miller, 14 ans. Condamné à deux semaines de travaux forcés pour vol de vêtements.

Jane Farrell, 12 ans. Condamnée à 10 jours de travaux forcés pour le vol de deux bottes.

Jane Farrell, 12 ans. Condamnée à 10 jours de travaux forcés pour le vol de deux bottes.

James Donneley, 16 ans. Condamné à deux mois de travaux forcés pour vol de chemises.

James Donneley, 16 ans. Condamné à deux mois de travaux forcés pour vol de chemises.

James Scullion, 13 ans. Condamné à 14 jours de travaux forcés pour vol de vêtements.

James Scullion, 13 ans. Condamné à 14 jours de travaux forcés pour vol de vêtements.

Catherine Kelly, 17 ans. Condamnée à 3 mois de prison pour vol de draps de lit.

Catherine Kelly, 17 ans. Condamnée à 3 mois de prison pour vol de draps de lit.

Vieil Istanbul / Eski İstanbul

Istanbul d’antan en dix photos. Istanbul à une époque durant laquelle voyager avait encore un sens, voyager était toujoursune aventure. A une époque durant laquelle vivre avait peut-être même une odeur plus suave.

Ces photos m’ont été fournies par Hêlîn Genç, une âme du lieu. Qu’elle soit mille fois remerciée.

Rêvez un peu.

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Grandeur et décadence d’une cité

Ces photos, œuvres d’Yves Marchand et Romain Meffre, sont tirées de l’exposition « The Ruins of Detroit », visible jusqu’au 15 septembre à la Galerie Wanted (23, rue de Sicile, Paris). Si, à l’image de dizaines de millions de gens, vous n’habitez pas Paris ou son épouvantable région, je vous invite à visiter leur site web, où vous trouverez d’autres photos aussi poignantes que celles-ci.

With many thanks to Russell.

United Artists Theater

United Artists Theater

Fisher Body 21 Plant

Fisher Body 21 Plant

Ballroom, Lee Plaza Hotel

Ballroom, Lee Plaza Hotel

Bagley-Clifford office of the National Bank of Detroit

Bagley-Clifford office of the National Bank of Detroit

Ballroom, American Hotel

Ballroom, American Hotel

Room 1504, Lee Plaza Hotel

Room 1504, Lee Plaza Hotel

18th floor dentist cabinet, David Broderick Tower

18th floor dentist cabinet, David Broderick Tower

Vanity Ballroom

Vanity Ballroom

 

Déserts intérieurs (Kolmanskop)

Après l’île d’Hashima, découverte au hasard de pérégrinations sur la Toile, et Bodie, la plus célèbre ville-fantôme au monde, allons donc nous promener dans le désert de Namibie et, plus particulièrement, à Kolmanskop.

En 1908, alors qu’il travaille dans le coin (à la construction d’une voie ferrée, me semble-t-il), Zacharias Lewala, un ouvrier noir, découvre un diamant et s’empresse de le montrer à son superviseur, un Allemand du nom d’August Stauch.

La rumeur que la région regorge de diamants se répand et, très vite, des mineurs allemands affluent pour exploiter le gisement.

Les premiers d’entre eux font fortune et, bientôt, une ville typiquement allemande sort de terre. Moderne, elle dispose de nombre d’infrastructures et d’équipements que l’on ne s’attend pas forcément à trouver dans une localité perdue dans le désert : hôpital, salle des fêtes, centrale électrique, école, bowling, théâtre, salle de sports, casino, fabrique de glaçons, gare ferroviaire et, encore plus remarquable, le premier tramway d’Afrique et la première salle de radiographie de tout l’Hémisphère sud.

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Mais le déclin vient vite, aussi vite que la gloire. Les premiers signes de l’épuisement du gisement apparaissent dès la fin de la première guerre mondiale et, en 1954, la ville est définitivement abandonnée.

Depuis, elle est livrée au désert qui, peu à peu, grain après grain, reprend ses droits.

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Naked Bodie

En 1848, à Poughkeepsie, état de New York, un fabriquant d’étain du nom de Bodey (personne n’est sûr de son prénom) laisse femme et enfants dans la petite maison qu’il possède à l’angle des rues South Hamilton et Montgomery et, poussé par des rêves d’or et d’aventure, met les voiles pour la Californie où il débarque l’année suivante.

Dix ans plus tard, en 1859, il découvre de l’or dans l’est de l’état, pas très loin du lac Mono. Notre aventurier, cependant, ne profitera jamais de sa découverte puisque, en novembre de la même année, au retour de Monoville où il est parti s’approvisionner, il se perd dans le blizzard et meurt.

Quoi qu’il en soit, la rumeur que la région regorge d’or se répand et, près du filon mis à jour par notre new-yorkais, nait bientôt un camp minier qui prendra son nom : Bodey d’abord puis, plus tard, Bodie.

Mais le camp, qui ne tient pas tout à fait ses promesses, végète. On n’y trouve que quelques prospecteurs indépendants et deux compagnies dont toutes les recherches s’avèrent vaines.

Tout change en 1876, lorsque la Standard Company tombe sur un filon. D’autres découvertes suivent et le camp se développe. Des maisons sont construites. Des journaux voient le jour. Des banques ouvrent leurs portes. Une fanfare se crée. Des syndicats se forment. On installe le télégraphe. La rue principale est bordée de 65 saloons. Bagarres, meurtres et attaques de diligences sont monnaie courante. Au nord de la ville, les bordels sont légions. Les résidents chinois se comptent par centaines. Les fumeries d’opium ne manquent pas.

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L’âge d’or est toutefois de courte durée. Dès 1880, nombre de pionniers quittent la ville et partent tenter leur chance dans des villes plus prometteuses dont Tombstone, Arizona. La construction d’une voie ferrée et l’arrivée de nouvelles méthodes d’extraction ne donneront qu’un court répit à Bodey.

En 1910, la population n’est plus que 698 habitants. En 1912, le dernier journal ferme ses portes. Malgré la reprise de mines par des ouvriers et quelques profits en 1915, le déclin irréversible se poursuit. En 1917, la voie ferrée est abandonnée et les rails sont démontés. En 1920, la ville ne compte plus que 120 habitants. Le centre-ville est ravagé par un incendie en 1932. Dix ans plus tard, la dernière mine et le bureau de poste ferment définitivement. En 1943, il ne subsiste plus que 3 habitants dont un prend soin de la ville, victime de vandalisme, pour le compte de la famille qui, en 1915, en avait racheté l’essentiel.

Au début des années 60, Bodie, que l’on a commencé à appeler « ville fantôme » dès 1915 et dont il ne reste que peu de bâtiments, devient officiellement parc historique (régulièrement menacé de fermeture à cause de problèmes budgétaires).

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Note : les 8 dernières photos sont tirées de la galerie Flickr de Wolfgang Staudt.

Les fantômes d’Hashima

Hier, tout à fait par hasard, en me promenant sur la toile, j’ai découvert l’existence d’une île japonaise fantôme dont je n’avais jamais entendu parler : Hashima, ou Gunkajima (« île navire de guerre »).

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Voici ce que Wikipédia dit de son histoire :

« En 1810, un important gisement de houille est découvert sur l’île alors inhabitée. Elle est rachetée en 1890 par Mitsubishi qui exploite cette ressource et installe sur l’île la main-d’œuvre nécessaire. La population augmente alors rapidement au point qu’en 1950, elle atteint 5 300 habitants pour 6,3 hectares de superficie, soit 84 100 hab/km2. Ces chiffres augmentent encore pour culminer à 83 500 hab/km2 pour l’ensemble de l’île et 139 100 hab/km2 pour le quartier des habitations en 1959. C’est alors la plus forte densité de population enregistrée au monde. L’île connait ensuite un déclin rapide avec le remplacement de la houille par le pétrole comme principale source d’énergie dans l’économie japonaise. L’activité des puits diminue au point que les derniers habitants sont évacués en 1973. Les conditions climatiques, notamment le passage des typhons, accélère le délabrement des bâtiments et des installations minières abandonnés. »

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Le bon temps

J’aime beaucoup les vieilles photos. Pas vous ?

En janvier 1910, Paris fut inondée*. Peut-être payait-elle là le prix de quelques péchés. Quoi qu’il en soit, les Parisiens, pour l’occasion, découvrirent ou redécouvrirent les joies de la campagne, le bonheur et la sérénité que l’on éprouve inévitablement sur les berges d’une rivière.

*Paris est une femme, disent-ils.

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Merci à libé.fr (qui montre plus de photos ici)