Hijra

« Je me sens comme une sirène. Mon corps me dit que je suis un homme mais mon âme me dit que je suis une femme. Je suis comme une fleur, une fleur faite de papier. Je serai toujours aimée de loin, jamais touchée et sans odeur dont tomber amoureuse. » – Heena

Shumi et Priya (Photo : Shahria Sharmin)

Shumi et Priya (Photo : Shahria Sharmin)

Panna (Photo : Shahria Sharmin)

Panna (Photo : Shahria Sharmin)

Nishi (Photo : Shahria Sharmin)

Nishi (Photo : Shahria Sharmin)

Chaiti (Photo : Shahria Sharmin)

Chaiti (Photo : Shahria Sharmin)

Tina (Photo : Shahria Sharmin)

Tina (Photo : Shahria Sharmin)

Site Web de Shahria Sharmin

Palestine, 1919

Je ne sais pas grand-chose de ces photos, hormis qu’elles ont toutes été prises en Palestine en 1919. En fait, j’en sais tellement peu que je serais même incapable de vous dire comment j’en suis venu, hier ou avant-hier, à m’y intéresser. Je crois me rappeler avoir suivi un jeu de piste qui a débuté sur le mur Facebook d’un ou d’une amie mais je n’en mettrais pas ma main au feu. Par contre, je me souviens très bien du coup de foudre que j’ai éprouvé lorsque je les ai finalement découvertes en grand format sur un site russe. A votre tour, maintenant, de tomber sous le charme.

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem, Porte de Damas

Jérusalem, Porte de Damas

Jérusalem

Jérusalem, Via Dolorosa

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem, vieux juif

Jérusalem, vieux juif

Vallée du Jourdain

Vallée du Jourdain

Paysan, Ramallah

Paysan, Ramallah

Près de la Mer morte ?

Près de la Mer morte ?

1919_Palestine_Caravane

1919_Palestine_Charpentier

Charpentier

Bethléem

Bethléem

Berger

Berger

Deux enfants

L’un voltige, l’autre est écrasé.

Bangui – Centrafrique, le 12 mars 2014 (Photo : Siegfried Mondola / Reuters)

Bangui – Centrafrique, le 12 mars 2014
(Photo : Siegfried Mondola / Reuters)

Yangon – Birmanie, le 11 mars 2014 (Photo : Ye Aung Thu / Getty Images)

Yangon – Birmanie, le 11 mars 2014
(Photo : Ye Aung Thu / Getty Images)

 

Kiev, visages et mines patibulaires

Si l’on part du principe que, dans les domaines de la politique et de la guerre, la vraisemblance s’obtient souvent en faisant une prudente moyenne des propagandes éructées par les différentes forces en présence, on doit plus ou moins en arriver à la conclusion que les manifestants du Maïdan de Kiev ne sont ni intégralement d’authentiques démocrates comme voudraient nous le faire avaler les uns, ni tous, loin s’en faut, d’épouvantables néo-nazis comme tentent de nous le faire gober les autres.

(Photo : Bulent Kilic)

(Photo : Bulent Kilic)

(Photo : Gleb Garanich)

(Photo : Gleb Garanich)

Cosaques isothermes (Photo : Sergei Supinsky)

Cosaques isothermes (Photo : Sergei Supinsky)

(Photo : Ivan Bandura)

(Photo : Ivan Bandura)

(Photo : AFP)

(Photo : AFP)

(Photo : inconnu)

(Photo : inconnu)

(Photo Sergey Gapon)

(Photo : Sergey Gapon)

(Photo : Darko Bandic)

(Photo : Darko Bandic)

Faux et usage de faux

Jadran Boban_Victory

Mot-valise, visages de voyageurs immobilisés

On ne les appelle plus guère que SDF. On a entassé leurs existences brisées, méprisées, burinées, mouillés, délavées, battues par les vents dans un mot-valise qui ferme bien et s’écrit aisément.

On les a réduits à trois lettres qui sont censées dire tout et sans passion de leur multiplicité, de leurs chemins, de leurs rêves, de leurs douleurs, de leurs accidents, de leurs éclats de rire, des combats qui dilatent leurs minutes, étirent leurs heures et, bien souvent, écourtent leurs vies. On les a ramenés à un acronyme qui détermine leur emplacement et définit leur rôle. Leur désignation est leur strapontin et leur saynète.

Oh, on en a concassé bien d’autres avant eux : OS, DRH, PDG, CAE, VRP. Vous, moi. Ils ne sont ni les premiers ni les derniers dont on tait, dont on dissimule les luttes minuscules et les combats épiques, les impasses et les horizons, derrière des sigles insignifiants que, crétins que nous sommes, nous adoptons sans plus tarder. Non, ils ne sont pas les premiers que l’on personnifie en les désincarnant, que l’on explique en les abrégeant. Le système est une structure et une méthode dont l’équilibre et le fonctionnement ne pourraient être sans chosification ni, surtout, circonscription.  Moins on en dit, plus on en saurait.

Je, vous, nous, ils les intitulons SDF et, parce qu’ils ont le pouvoir par leur simple présence de brûler nos regards, de déchirer nos voiles, de faire éclater nos bulles et de souiller nos espaces, nous les souhaiterions invisibles.

Ils sont un échec et une laideur que nous voulons inconnus, étrangers, mais qui soudain, au détour d’une rue, sont parfois là à nous chuchoter des mots grossiers qui sont puanteur, meurtrissures et saleté.

Nous nous en écartons. Nous nous faisons fugaces, inaperçus. Nous nous pressons pour échapper aux tentacules vénéneux qu’ils pourraient avoir. Plus loin, quand nous sommes sains et saufs et à nouveau supérieurs, quand ils ne sont plus un péril, quand ils ont perdu le pouvoir qu’ils ont momentanément eu sur nous, ils redeviennent, avant que nous les oubliions, des vaincus, des créatures frêles et terrassées, des objets de pitié. Des ombres évidées qui transforment nos vies également absurdes en sphères ensoleillées. Des taches grâce auxquelles, parce que nous avons un toit et un canapé, nous pouvons nous croire immaculés.

Pourtant ils sont souvent beaux, de cette beauté que seules ont les âmes que la vie a plus qu’effleurées. Ils portent les plis et les rides inaltérables des aventuriers, des navigateurs, des pirates, des grands-parents ou des guerriers.

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Tous ces portraits sont de Lee Jeffries.