Grandeur et décadence d’une cité

Ces photos, œuvres d’Yves Marchand et Romain Meffre, sont tirées de l’exposition « The Ruins of Detroit », visible jusqu’au 15 septembre à la Galerie Wanted (23, rue de Sicile, Paris). Si, à l’image de dizaines de millions de gens, vous n’habitez pas Paris ou son épouvantable région, je vous invite à visiter leur site web, où vous trouverez d’autres photos aussi poignantes que celles-ci.

With many thanks to Russell.

United Artists Theater

United Artists Theater

Fisher Body 21 Plant

Fisher Body 21 Plant

Ballroom, Lee Plaza Hotel

Ballroom, Lee Plaza Hotel

Bagley-Clifford office of the National Bank of Detroit

Bagley-Clifford office of the National Bank of Detroit

Ballroom, American Hotel

Ballroom, American Hotel

Room 1504, Lee Plaza Hotel

Room 1504, Lee Plaza Hotel

18th floor dentist cabinet, David Broderick Tower

18th floor dentist cabinet, David Broderick Tower

Vanity Ballroom

Vanity Ballroom

 

Déserts intérieurs (Kolmanskop)

Après l’île d’Hashima, découverte au hasard de pérégrinations sur la Toile, et Bodie, la plus célèbre ville-fantôme au monde, allons donc nous promener dans le désert de Namibie et, plus particulièrement, à Kolmanskop.

En 1908, alors qu’il travaille dans le coin (à la construction d’une voie ferrée, me semble-t-il), Zacharias Lewala, un ouvrier noir, découvre un diamant et s’empresse de le montrer à son superviseur, un Allemand du nom d’August Stauch.

La rumeur que la région regorge de diamants se répand et, très vite, des mineurs allemands affluent pour exploiter le gisement.

Les premiers d’entre eux font fortune et, bientôt, une ville typiquement allemande sort de terre. Moderne, elle dispose de nombre d’infrastructures et d’équipements que l’on ne s’attend pas forcément à trouver dans une localité perdue dans le désert : hôpital, salle des fêtes, centrale électrique, école, bowling, théâtre, salle de sports, casino, fabrique de glaçons, gare ferroviaire et, encore plus remarquable, le premier tramway d’Afrique et la première salle de radiographie de tout l’Hémisphère sud.

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Mais le déclin vient vite, aussi vite que la gloire. Les premiers signes de l’épuisement du gisement apparaissent dès la fin de la première guerre mondiale et, en 1954, la ville est définitivement abandonnée.

Depuis, elle est livrée au désert qui, peu à peu, grain après grain, reprend ses droits.

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Les fantômes d’Hashima

Hier, tout à fait par hasard, en me promenant sur la toile, j’ai découvert l’existence d’une île japonaise fantôme dont je n’avais jamais entendu parler : Hashima, ou Gunkajima (« île navire de guerre »).

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Voici ce que Wikipédia dit de son histoire :

« En 1810, un important gisement de houille est découvert sur l’île alors inhabitée. Elle est rachetée en 1890 par Mitsubishi qui exploite cette ressource et installe sur l’île la main-d’œuvre nécessaire. La population augmente alors rapidement au point qu’en 1950, elle atteint 5 300 habitants pour 6,3 hectares de superficie, soit 84 100 hab/km2. Ces chiffres augmentent encore pour culminer à 83 500 hab/km2 pour l’ensemble de l’île et 139 100 hab/km2 pour le quartier des habitations en 1959. C’est alors la plus forte densité de population enregistrée au monde. L’île connait ensuite un déclin rapide avec le remplacement de la houille par le pétrole comme principale source d’énergie dans l’économie japonaise. L’activité des puits diminue au point que les derniers habitants sont évacués en 1973. Les conditions climatiques, notamment le passage des typhons, accélère le délabrement des bâtiments et des installations minières abandonnés. »

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Naked Bodie

En 1848, à Poughkeepsie, état de New York, un fabriquant d’étain du nom de Bodey (personne n’est sûr de son prénom) laisse femme et enfants dans la petite maison qu’il possède à l’angle des rues South Hamilton et Montgomery et, poussé par des rêves d’or et d’aventure, met les voiles pour la Californie où il débarque l’année suivante.

Dix ans plus tard, en 1859, il découvre de l’or dans l’est de l’état, pas très loin du lac Mono. Notre aventurier, cependant, ne profitera jamais de sa découverte puisque, en novembre de la même année, au retour de Monoville où il est parti s’approvisionner, il se perd dans le blizzard et meurt.

Quoi qu’il en soit, la rumeur que la région regorge d’or se répand et, près du filon mis à jour par notre new-yorkais, nait bientôt un camp minier qui prendra son nom : Bodey d’abord puis, plus tard, Bodie.

Mais le camp, qui ne tient pas tout à fait ses promesses, végète. On n’y trouve que quelques prospecteurs indépendants et deux compagnies dont toutes les recherches s’avèrent vaines.

Tout change en 1876, lorsque la Standard Company tombe sur un filon. D’autres découvertes suivent et le camp se développe. Des maisons sont construites. Des journaux voient le jour. Des banques ouvrent leurs portes. Une fanfare se crée. Des syndicats se forment. On installe le télégraphe. La rue principale est bordée de 65 saloons. Bagarres, meurtres et attaques de diligences sont monnaie courante. Au nord de la ville, les bordels sont légions. Les résidents chinois se comptent par centaines. Les fumeries d’opium ne manquent pas.

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L’âge d’or est toutefois de courte durée. Dès 1880, nombre de pionniers quittent la ville et partent tenter leur chance dans des villes plus prometteuses dont Tombstone, Arizona. La construction d’une voie ferrée et l’arrivée de nouvelles méthodes d’extraction ne donneront qu’un court répit à Bodey.

En 1910, la population n’est plus que 698 habitants. En 1912, le dernier journal ferme ses portes. Malgré la reprise de mines par des ouvriers et quelques profits en 1915, le déclin irréversible se poursuit. En 1917, la voie ferrée est abandonnée et les rails sont démontés. En 1920, la ville ne compte plus que 120 habitants. Le centre-ville est ravagé par un incendie en 1932. Dix ans plus tard, la dernière mine et le bureau de poste ferment définitivement. En 1943, il ne subsiste plus que 3 habitants dont un prend soin de la ville, victime de vandalisme, pour le compte de la famille qui, en 1915, en avait racheté l’essentiel.

Au début des années 60, Bodie, que l’on a commencé à appeler « ville fantôme » dès 1915 et dont il ne reste que peu de bâtiments, devient officiellement parc historique (régulièrement menacé de fermeture à cause de problèmes budgétaires).

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Note : les 8 dernières photos sont tirées de la galerie Flickr de Wolfgang Staudt.

Le bon temps

J’aime beaucoup les vieilles photos. Pas vous ?

En janvier 1910, Paris fut inondée*. Peut-être payait-elle là le prix de quelques péchés. Quoi qu’il en soit, les Parisiens, pour l’occasion, découvrirent ou redécouvrirent les joies de la campagne, le bonheur et la sérénité que l’on éprouve inévitablement sur les berges d’une rivière.

*Paris est une femme, disent-ils.

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Merci à libé.fr (qui montre plus de photos ici)