Muet comme qui dirait

Ukraine : Ioulia Timochenko met en garde les Européens contre « le coût de l’inaction » (Le Monde)

Alors même que nous venons tout juste de débloquer 11 milliards d’euros d’un argent que nous n’avons plus pour venir au secours de son pays, la petite dame corrompue s’est déplacée en fauteuil roulant flambant neuf jusqu’au Congrès de la droite européenne de Dublin pour nous mettre en garde contre « le coût de l’inaction ». Et là, je vous le donne en mille, plutôt que de lui claquer une bonne série de beignets pour lui apprendre à se foutre aussi ouvertement de la gueule des gens qui vont éponger des dettes dont elle est en partie responsable en tant qu’ex-premier ministre de l’Ukraine, l’audience lui a fait une « double ovation » et des bises en veux-tu en voilà. Maintenant si je vous dis que Copé squattait le premier rang, je suppose que tout s’éclaire.

Nicolas Sarkozy tout sourire à Genève pour un concert de Carla Bruni (Le Parisien)

Preuve est faite qu’il a des goûts de chiottes. Ou qu’il ne connait pas la modération dans son usage de drogue.

L’ex-président Sarkozy soupçonné de trafic d’influence (Quotidien du Peuple)

Ah ah, il ne se contente pas de consommer mais il deale aussi.

Sarkozy placé sur écoute : « Je trouve ça monstrueux », riposte son avocat (Le Parisien)

Un mec pas très clair est placé sur écoute par des juges, c’est « monstrueux ». Soixante-cinq millions de Français sont surveillés par la NSA et la DGSE, tout le monde s’en branle. Cherchez l’erreur.

Cherchez l’erreur et profitez-en, parce que c’est vraiment le minimum que vous puissiez faire en termes de protection de votre anonymat, pour installer un VPN sur votre PC. Cela n’empêchera peut-être pas toujours des taupes vraiment déterminées de lire vos mails ou vos relevés de compte mais vous pourrez vous amuser à leur faire croire, comme c’est le cas aujourd’hui pour votre serviteur, que vous bloguez depuis le centre-ville de Pyongyang.

Dans la presse : Sarkozy, « parrain » pour certains, « l’homme à abattre » pour d’autres (Le Monde)

L’un n’exclut surtout pas l’autre. Bien au contraire. Il suffit d’ailleurs de se pencher sur l’histoire de la Sicile pour s’assurer que la profession de mafioso a toujours été plus mortifère que celle de bibliothécaire.

Enquête Sarkozy : le PS réclame que « la justice suive son cours » (Le Parisien)

Si le PS réclame que la « justice suive son cours », c’est certainement qu’il espère très fort que Sarkozy se noiera dans son lit. Quitte à se mouiller pour le mettre dans de beaux draps.

« Il faut des quotas de femmes dans les grands ministères régaliens » (Nouvel Obs)

La femme a été créée à partir d’une côte d’Adam. La femme politique le sera à partir d’un quota qui réduira d’autant le nombre de ses collègues masculins. Moralité : c’est toujours à l’homme de donner un peu de sa personne pour que sa compagne puisse exister par elle-même.

Pensez-vous qu’une journée consacrée aux femmes soit utile ? (Le Parisien)

Attention, Messieurs, ceci est une question piège : Si vous répondez « non », vous vous exposez à une accusation de sexisme et si vous dites « oui », vous risquez d’être taxé de condescendance.

Personnellement, je n’ai pas d’opinion.

A-t-on le droit de qualifier Marine Le Pen de « fasciste » ? (Le Monde)

Je ne saurais dire si SuperMarine, malgré son évidente sympathie pour certains aspects du fascisme, est ou n’est pas intrinsèquement « fasciste ». En revanche, je suis à peu près certain que, si elle atteignait le sommet du pouvoir, nous aurions tous droit à bien trop de devoirs pour devoir bénéficier de beaucoup de droits. La question de son éventuelle nature « fasciste » deviendrait certainement trop caduque pour persister, même avec des guillemets en guise de parechocs. On aurait alors, comme qui dirait, tout intérêt à se taire.

Municipales : 77% des Français certains d’aller voter (BFM TV)

Moi, j’ai deux bonnes raisons de m’abstenir : je ne sais absolument rien du favori et j’étais à l’école avec l’outsider.

Nevers. Une candidate FN pose devant le drapeau nazi (Europe 1)

Cela arrive si souvent qu’un candidat FN se fasse piéger en flagrant délit de néonazisme que l’on en viendrait presque à croire que ces crétins-là sont finalement plus malchanceux que véritablement mauvais.

FN_drapeau-nazi

Orléans. Une malade d’Alzheimer de 90 ans se retrouve malgré elle sur une liste FN (Le Lab, Europe 1)

La scoumoune, je vous dis.

La Manif pour Tous présente ses propositions pour la famille (Le Figaro)

Les préceptes des homophobes se déclinent selon 10 principes et 38 propositions. Ce qui fait vraiment beaucoup de barbelés pour encadrer une famille que, dès le début, on nous décrit pourtant comme « autonome » et « responsable ». Tellement « autonome » et « responsable » d’ailleurs que la proposition 1.1 suggère sans détour de placer son autonomie et sa responsabilité sous la surveillance étroite d’une « délégation [parlementaire] permanente ». Un peu plus loin, c’est-à-dire dès la proposition 2.1, on découvre que, si les hommes seront mentalement et peut-être physiquement préparés à leur « rôle d’époux » dans le cadre d’une formation quasi étatique (mais fort heureusement facultative), les futures femmes (il est bien connu qu’on ne devient femme qu’après décapsulage) seront elles exclues de la formation et, par conséquent, maintenues dans une sorte d’illettrisme nuptial qui n’est pas sans rappeler la charia et l’interdiction faite aux femelles d’apprendre autre chose que ce qu’elles savent déjà naturellement faire : fermer leur gueule et écarter les jambes.

Grenelle_famille_1

La proposition 2.3, également intéressante, propose de cimenter les couples branlants, violents et/ou alcoolisés en leur faisant miroiter tout ce qu’ils auraient à perdre financièrement à commettre le péché de divorce.

Grenelle_famille_2

La seule surprise de ce pensum, que j’avoue n’avoir que survolé, tient dans le principe 3 tel que présenté sur le site fondamentaliste Aleteia.org : les pédés pourraient finalement être autorisés à adopter les enfants abandonnés par des gens normaux.

Grenelle_famille_3

Affaire Sarkozy : peu de monde à droite pour défendre l’ancien président (RTL)

Le mot « affaire » étant ici au singulier, il faudrait lire l’article pour savoir exactement de quelle affaire il est cette fois-ci question. Pffff.

Tout ce que je suis en mesure de vous dire pour le moment, c’est que « peu de monde à droite pour défendre l’ancien président » peut se traduire, sans la moindre perte de sens, par un laconique « ils savaient ».

Municipales : Bernadette Chirac brigue un huitième mandat (BFM TV)

L’ambition suprême des politiques : crever aux commandes.

Le collectif étudiant du FN veut une sélection à l’université (RTL)

« Il ne s’agit pas forcément de sélectionner les étudiants à l’entrée de l’université », nous assure le président de ce nouveau machin, mais plutôt de filtrer les plus étrangers d’entre eux à l’entrée du pays. Sur la base de critères qu’il se garde bien de détailler afin de rester politiquement correct. On peut toutefois supposer que ceux qui, pour des raisons génétiques, pourront montrer patte blanche auront plus de chances de faire bonne impression sur le comité de sélection composé à égales parties de douaniers et de gabelous.

Bobigny. Une femme retrouvée morte dans son appartement (Le Parisien)

Ce qui est bien avec les articles de la sorte, c’est qu’ils peuvent parfois permettre de trouver un logement sans avoir à payer des frais d’agence.

Bobigny : une femme retrouvée morte chez elle la tête fracassée (Nouvel Obs)

Il arrive même qu’ils soient suffisamment détaillés pour que l’on puisse déjà faire un état des lieux et estimer assez précisément les coûts du nettoyage.

Auktyon (Marc Ribot / John Medeski) – 4ème partie

Cet article, dernier volet d’une série consacrée au groupe russe Auktyon, a paru pour la première fois sur Overblog le 02 mai 2012 et s’accompagnait de trois petits mots :

Encore un coup ?

 

Auktyon sur Sergeant Pepper Times :

Auktyon (Marc Ribot / John Medeski) – 1ère partie

Auktyon (Marc Ribot / John Medeski) – 2ème partie

Auktyon (Marc Ribot / John Medeski) – 3ème partie

Auktyon (Marc Ribot / John Medeski) – 3ème partie

Cet article a paru pour la première fois sur Overblog le 29 avril 2012 et s’accompagnait de la menace suivante :

Je ne vous lâcherai pas tant vous ne serez pas tombés amoureux de ce groupe russe hors-morne. Et dites-vous bien que j’ai suffisamment de bière pour tenir un siège.

Auktyon sur Sergeant Pepper Times :

Auktyon (Marc Ribot / John Medeski) – 1ère partie

Auktyon (Marc Ribot / John Medeski) – 2ème partie

Auktyon (Marc Ribot / John Medeski) – 2ème partie

Cet article a paru pour la première fois sur Overblog le 29 avril 2012.

Est-il besoin de comprendre pour être touché(e) ?

Auktyon sur Sergeant Pepper Times :

Auktyon (Marc Ribot / John Medeski) – 1ère partie

Auktyon (Marc Ribot / John Medeski) – 1ère partie

L’idée m’est venue, en ces temps de farce tragique, tant nous avons besoin de contrepoisons et de diversions, de faire remonter à la surface quatre articles publiés fin avril et début mai 2012 sur mon vieux blog Overblog (né en 2009 et décédé en 2013). Ces quatre articles concernent le groupe russe Auktyon et attendaient sagement, en compagnie de plus de 1 300 autres articles, d’être mis en ligne ici-même. D’habitude, les transferts d’articles d’un blog à l’autre s’opèrent en mode privé afin de pas encombrer inutilement les boîtes email des « vieux » abonnés avec des notifications de parution concernant des textes ou des vidéos qu’ils ont déjà lus ou vues. Mais, pour une fois, nous allons faire une exception. Enfin, quatre exceptions. Quatre exceptions d’autant plus méritées qu’Auktyon, comme vous allez le voir ou le redécouvrir, est un groupe absolument remarquable, parfaitement taillé pour la scène.

Ce premier volet consacré à Auktyon a paru pour la première fois le 29 avril 2012 et il s’accompagnait alors de la courte et sobre introduction suivante :

Auktyon, un fabuleux groupe russe originaire de Saint Petersburg rencontré presque par hasard alors que, sur Youtube, je cherchais des vidéos sur les non moins excellents artistes américains que sont Marc Ribot (guitare solo, sagement assis dans un coin) et John Medeski  (claviers, membre du trio de jazz Medeski, Martin and Wood).

Sur les scènes musicales, dans la chaleur des spots, la Guerre froide est finie et c’est un vrai régal.

Et puis, cela nous changera de la merde ambiante.

Let’s rock !

Usage de la farce

Poutine dénonce « un coup d’état en Ukraine » (Le Point)

Tout ancien communiste qu’il soit, Vladimir n’a pas entièrement tort sur ce coup-là. Mais qu’il se prépare tout de même déjà – au cas où il serait amené à les rencontrer dans ce monde-ci ou dans un autre – à expliquer à Lénine, à Staline, à Trotski, à Mao, à Castro, à Guevara, à Zapata, à Villa, à Kadhafi, aux al-Assad père et fils et à quelques autres culbuteurs que renverser les autorités en place ne se fait pas.

Poutine dit que Ianoukovitch n’a pas d’avenir politique (Les Echos)

Une fois de plus, l’ex-KaGéBiste est dans le vrai : Ianoukovitch a d’autant moins d’avenir que Poutine lui-même, en évoquant sans détour sa totale absence d’avenir, vient tout juste de l’enterrer. En revanche, ne confondons pas tout, ce n’est pas parce qu’un cadavre n’a plus aucun avenir que sa dépouille n’aura pas d’utilité future. Ainsi Poutine, sitôt après l’enterrement, s’est empressé d’exhumer et de ranimer le tout nouveau défunt : « M. Ianoukovitch est bien sûr le seul président légitime du pays. »

Ukraine : Washington veut offrir une issue à Poutine (Nouvel Obs)

C’est d’autant plus logique d’offrir une porte à Poutine que c’est lui qui détient le trousseau de clés.

Poutine nie toute implication russe en Ukraine (Libération)

En plus de ne pas avoir entièrement tort, d’être partiellement dans le vrai, de pouvoir ressusciter les morts et de détenir toutes les clés, concédons encore un truc à ce bon Monsieur Poutine : il n’est pas totalement dénué d’humour.

L’usage de la force en Ukraine serait légitime selon Poutine (Romandie.com)

L’usage de la force, et cela ne concerne pas que la Russie, est parfois contestable à priori mais il est toujours légitime à postériori quand il est le fait du vainqueur. C’est là un truc que j’ai appris sur les bancs du lycée.

Poutine dénonce « une prise du pouvoir par les armes » à Kiev (France 24)

Si Poutine dénonce cet usage-là de la force, c’est certainement qu’il pressent la défaite des « révolutionnaires » ukrainiens et, par conséquent, leur illégitimité à postériori. C’est peut-être là une prémonition dont certains feraient bien de tenir compte.

« J’ai parfois l’impression que des espèces d’employés de laboratoires aux Etats-Unis font des expériences, comme sur des rats, sans comprendre les expériences qu’ils sont en train de faire. » – Vlad (l’emploi inconscient du diminutif signalerait-il que je commence à tomber sous le charme de l’adorable bonhomme ?)

C’est Vlad, et nul autre que Vlad, qu’il nous faut pour prendre la tête des croisades contre les OGM, les pesticides et la culture de l’huile de palme. Finies les vaines pétitions, place à l’usage légitime de la force. Ecrasons Monsanto comme l’on marche sur la Crimée !

« Le parlement [ukrainien, ndlr] est légitime partiellement » – Vlad

A mon avis, mon ami Vlad sait d’ores et déjà quels parlementaires ukrainiens vont faire preuve de bon sens à la Libération de l’Ukraine par les héroïques troupes russes.

Ukraine. Un plan d’aide de 11 milliards d’euros annoncé par l’UE (Ouest France)

Taxez-moi d’avarice si vous le voulez mais le gros avantage que je vois dans une invasion russe, c’est que ce ne sera pas à moi d’éponger les dettes de l’Ukraine et/ou d’engraisser ses nouveaux et parfois peu recommandables dirigeants.

La douce vengeance de Mme Merkel (La Voix de la Russie)

« Angela Merkel […] vient de désamorcer la tension en proposant au président Poutine, lors de leur contact par téléphone la nuit dernière, de créer une ‘mission spéciale’ pour étudier la situation en Ukraine. »

C’est très germano-russe de faire des pactes de non-agression, non ?

La Russie ne veut pas de « bain de sang » en Ukraine (BFMTV)

A mon avis, c’est là une manière insultante de dire à Fabius, dont on sait tous dans quoi il a autrefois trempé, qu’il n’est pas le bienvenu à Kiev.

Pour Washington, Moscou cherche un prétexte pour « envahir » l’Ukraine (AFP)

Si j’étais Vlad, j’irais à l’Onu et, prenant exemple sur l’incontinent Colin Powell, je brandirais une fiole contenant ma propre urine en hurlant dans le micro « Weapons of mass destruction ! Weapons of mass destruction ! »

Moscou désavoué par le conseil de sécurité de l’Onu (Le Monde)

« Cloué au pilori […] par ses 14 partenaires – y compris son plus fidèle allié, la Chine »

Que tu aies été désavoué par les europhiles et les urophiles n’est guère surprenant, Vlad, et je suppose que tu étais moralement préparé à cela. Ce qui est surprenant, par contre, c’est que les Chinois t’aient soudainement lâché au prétexte qu’ils seraient attachés depuis toujours à la liberté des peuples. J’espère que tu te souviendras de cet affront le jour où la question du Tibet et des droits de l’Om reviendra sur la table onusienne.

Hillary Clinton compare Poutine à Hitler (Cameroonvoice.com)

Plutôt curieux l’art américain de la diplomatie : d’un côté, nous avons un Kerry qui tente de négocier à Paris avec son homologue russe et, de l’autre, nous avons une Clinton qui, depuis les USA, fait du Sergeant Pepper.

Washington dénonce le « roman » de Poutine sur l’Ukraine (Le Point)

« Le département d’État américain puise ses références chez Dostoïevski pour mettre en cause la position défendue par la Russie. »

Si l’on en juge par les réactions recueillies dans les rues de Washington par l’envoyé spécial de Sergeant Pepper Times, l’administration américaine a quelque peu semé ses ouailles en faisant référence à Dostoïevski :

Carol : « Dostoyevski ? Huh ? »

Bob : « Who the fuck is that dude ? »

Chuck : « Don’t tread on me, man, don’t tread on me. »

Rob : « I miss the good old days when urine samples were all that we needed. »

Lou : « Dostoyevski ? I don’t speak French, you cheese eating surrender monkey. »

Al : « You idiot ! »

Debbie : « Bless you ! »

Ronald : « Does Stoyev ski ? How would I know ? »

Dick : « A good Dostoyevski is a dead Dostoyevski ! »

Ukraine : des sanctions économiques contre la Russie sont-elles crédibles ? (L’Express)

Posons la question différemment, selon une perspective qui fasse apparaitre la réponse : les justiciers sont-ils assez crétins, surtout en période de crise économique, pour se frapper eux-mêmes au portemonnaie ?

Certains, du reste, et non des moindres, ont déjà répondu : « Londres veut éviter des sanctions qui pénaliseraient la City » (Les Echos) ; « Les patrons allemands ne veulent pas de sanctions contre le partenaire russe » (Le Monde). Comme quoi l’argent qui nous vaut trop souvent des guerres pourrait cette fois-ci nous en préserver.

Ukraine : Moscou a procédé avec succès à un tir d’essai de missile stratégique (TF1 News)

Si l’art de la diplomatie consiste à faire assaut de courtoisie et de finesse, il n’exclut surtout pas que l’on puisse aussi montrer son zob avant d’en venir aux (poignées de) mains.

La télévision russe dénonce les « extrémistes » ukrainiens (Le Monde)

La télévision russe dénonce les « militants d’extrême-droite soutenus par les Occidentaux » alors qu’ici, en Occident, du FN à Soral en passant par le GUD, le Bloc Identitaire, Civitas et quelques autres, l’extrême-droite soutient ouvertement Poutine qui, en retour, s’appuie tout aussi ouvertement sur elle pour faire passer sa contre-propagande (ainsi la chaîne ProRussia.TV France, qui arbore fièrement le logo du parti de Vlad, est essentiellement animée par des journalistes venus du FN ou du Bloc Identitaire). En outre, les Le Pen (tante et nièce), en qui Poutine voit peut-être les futures dirigeantes de la France, ont table ouverte à Moscou, ou peu s’en faut. De plus, plusieurs groupes de réflexion franco-russes (russo-français ?) nés ces dernières années ne cessent d’inviter des figures d’extrême-droite ou d’en dresser des portraits on ne peut plus flatteurs (« [Le FN est le] seul allié idéologique sur lequel le Kremlin peut compter en France », dixit le président de Russie-Libertés).

Pro Russia TV

A l’aune de ces quelques informations, je suppose que l’on peut conclure, avec un risque d’erreur somme toute limité, que ce qui pose vraiment problème à Moscou chez les « militants d’extrême-droite soutenus par les Occidentaux », ce sont leurs soutiens plutôt que leur géolocalisation à l’extrémité droite de l’échiquier politique. Que demain ils fassent allégeance à la cause de la Grande Russie et j’imagine bien le très pragmatique et très rusé Poutine leur pardonner leurs errements passés.

JO_Char

Gorges profondes, Touva

Un matin de 1994 – ne me demandez pas pourquoi je me souviens et de l’année et du moment de la journée, cela nous amènerait bien trop loin – je suis tombé, presque par hasard mais pas tout à fait, sur une compilation où, entre autres musiciens et groupes étrangers et parfois étranges, figurait un chant interprété par une formation du nom de Shu De, quatuor que la jaquette de couleur noire disait originaire de Touva. Non seulement je n’avais jamais rien entendu de tel auparavant mais je ne savais même pas où se trouvait Touva. Oh, je me doutais bien un peu que cela devait être assez loin à l’est de ma position, peut-être quelque part vers la Sibérie ou le nord de la Chine mais je fus incapable, de retour dans mon appartement de 28 m2 sis au pied d’une cathédrale de pesant basalte, d’en trouver la moindre mention dans mon atlas (nous parlons d’un temps d’avant Internet). Les gens que j’interrogeai plus tard dans la journée – un drogué, un cancéreux et ma boulangère – ne me furent d’aucune aide, malgré la sympathie que je leur inspirais alors et leur évidente bonne volonté.

Pour en revenir au groupe Shu De, dont je sais aujourd’hui très exactement d’où il vient et comment s’appelle la technique vocale très particulière qu’il emploie, voici donc le morceau que j’ai entendu un matin de l’année 1994. Il s’appelle Buura et se trouve sur un album dont j’ai depuis fait l’acquisition (Voices From The Distant Steppe). Son rythme, mais peut-être que j’imagine cela uniquement parce que Shu De veut dire « hue ! », m’évoque un cheval qui alterne galop et trot soutenu sur un vaste plateau couvert d’herbe rase et vigoureusement frictionné par un de ces vents tranchants qui burinent les visages.

Le chant diphonique – c’est la technique utilisée par Shu De – consiste plus ou moins à produire deux notes de fréquences différentes avec un seul organe (Wikipédia vous en dira plus et vous le dira mieux que moi). Cet organe est le plus souvent la gorge, d’où l’appellation vulgaire de « chant de gorge ». Les Touvains ne sont bien sûr pas les seuls à utiliser cette technique (les Mongols, par exemple, comme vous le prouvera cette vidéo que j’ai publiée en février 2010, sont également passés maîtres dans cet art) et, à Touva même, Shu De est loin de compter au nombre des artistes les plus célèbres et les plus appréciés. Il en est de bien plus significatifs. Parmi ceux-ci – et j’ai choisi de le distinguer car il donne aussi bien dans la tradition que dans l’innovation, que cette dernière soit rencontres de folklores ou expériences plus avant-gardistes – je citerai le groupe Huun-Huur-Tu, dont je vous propose maintenant de regarder/écouter deux documents. Dans la première de ces vidéos, il s’agit de chant de gorge traditionnel. Dans la suivante, nous assistons à une rencontre de toute beauté entre Huun-Huur-Tu et des voix bulgares (Bulgarian Voices Angelite).

Note : j’ai pour projet, dans un futur très proche, de vous proposer une vidéo de presque une heure et demie sur une collaboration aussi insolite que captivante entre Huun-Huur-Tu et des musiciens de classique. Il est également possible que nous nous penchions un de ces quatre sur la surprenante chanteuse Sainkho Namtchylak.

Gorges profondes, Mongolie (février 2010)

Caresses (Cissoko / Goetze)

Ablaye Cissoko (kora, chant) et Volker Goetze (trompette), un chant pour Haïti.

Ablaye Cissoko et Volker Goetze sur Sergeant Pepper Times :

Caresses (Mai 2013)

Immatériel de guerre

Ukraine : des soldats russes se déploient en Crimée (Les Echos)

Après avoir vigoureusement condamné la plus ou moins discrète mais indéniable ingérence des Occidentaux dans la « révolution » ukrainienne, la Russie se fait maintenant violence et, presque la mort dans l’âme, déploie ses soldats de plomb sur le territoire de la Crimée. Il serait toutefois malvenu, dans ce cas précis, de parler d’ingérence manifeste puisque les premiers soldats russes à se déployer étaient déjà présents sur le sol ukrainien dans le cadre d’un de ces accords de coopération qui ne se refusent pas. On pourrait même, tant ils se sont si bien acclimatés à l’habitat, les qualifier d’espèce endogène. En fait, n’importe qui prend de la hauteur, notamment depuis les tours du Kremlin d’où le point de vue est à nul autre pareil, en vient vite à se demander si, en Ukraine, ce ne sont pas les autochtones qui sont exogènes.

Bref, j’ose espérer que vous aurez suffisamment d’honnêteté, bien que vous soyez vous-mêmes complètement à l’Ouest, pour percevoir non seulement l’indubitable nuance entre la sournoiserie des Européens et la légitimité des Russes mais aussi la différence tout autant incontestable entre une frontière et un paillasson marqué « bienvenue ».

Dobro pozhalovat'!

Un groupe armé occupe le Parlement de Crimée (RFI)

Petit précis de russe pour ne surtout pas confondre l’inverse et son identique : quand un groupe armé à priori pro-européen (mais peut-être tout simplement nationaliste) occupe le parlement de Kiev et que celui-ci destitue le président, c’est un « putsch » et lorsqu’un groupe armé ouvertement pro-russe occupe le parlement de Crimée et que ce dernier destitue le gouverneur en place, c’est de la « démocratie directe ».

[Note : J’ai trouvé ce lexique sur le site d’un parti « national-bolchévique » (dont je vous ai déjà parlé) qui, si je dois en croire une vidéo dont j’ai vue dix minutes hier, a pour « vision » de nationaliser « les magasins » et les exploitations agricoles de « Vladivostok en Russie d’Extrême-Orient jusqu’à Reykjavik en Islande et du Québec jusqu’au Sahara » mais qui, assez curieusement si l’on songe qu’il produit pourtant des engins propices à l’évasion et à la liberté, n’a rien contre le « fabricant de bicyclettes ».]

Obama met en garde Moscou contre un recours à la force en Ukraine (AFP)

Et il a raison. La Russie n’appartiendra vraiment au concert des nations civilisées que le jour elle recourra de préférence à la magouille subreptice et aux opérations de marketing plutôt qu’à la force brute. En d’autres termes, caricaturaux mais non dénaturants, faire livrer du Coca-Cola par la CIA peut plus et mieux qu’une invasion armée. Ce qui ne veut certes pas dire que l’on ne doit pas parfois casser la gueule aux consommateurs mais plutôt que l’on ne doit user de ce matraquage que lorsque le public ciblé s’entête à boire de l’eau minérale.

Ukraine : le Sénat russe autorise l’envoi de troupes (Les Echos)

Les raisons invoquées par Poutine et Son sénat pour justifier une intervention militaire en Ukraine sont « la menace pesant sur la vie des citoyens russes » présents en Crimée et la nécessité de « protéger par tous les moyens » les russophones d’Ukraine « contre l’arbitraire et la violence ». Changez les deux ou trois mots ayant trait à la situation géographique et à la nationalité des figurants et, je vous le donne en mille, vous avez presque fidèlement l’argumentaire avec lequel, en 1938, Hitler justifia l’annexion de la région des Sudètes.

Il est également à noter que cette décision a été prise à l’unanimité. C’est-à-dire que, sur 166 membres, il ne s’en est pas trouvé un seul pour dire « non », « peut-être », « faut voir », « pas ce soir, j’ai la migraine » ou pour tout simplement s’abstenir de voter. Je ne suis certes pas russe et je peux donc me permettre de me foutre de cette belle harmonie militaire mais, si russe j’étais, je serais particulièrement inquiet que ce qui n’est finalement qu’une pré-déclaration de guerre n’ait pas rencontré la moindre opposition ni même provoqué la moindre hésitation chez au moins un de mes représentants. Ce sénat (qui s’appelle en fait le Conseil de la Fédération) prête décidément bien le flanc à l’amalgame facile en se comportant exactement comme le fit le Reichstag sous la férule d’Hitler : être une assemblée qui n’avait d’autre rôle que d’acclamer les décisions du chef suprême.

Ukraine – Russie : comment Vladimir Poutine a abattu ses cartes (L’Express)

Si Poutine a pu se permettre d’abattre ses cartes sans sommations, c’est très certainement qu’il connait la route par cœur. Ou bien qu’il est déjà entré dans la légende et en a mémorisé les grandes lignes (droites).

 Le spectre d’une nouvelle guerre en Crimée (Le Parisien)

Que l’Ukraine se rassure : la France, en la personne de l’ectoplasme BHL, lui fournira de l’immatériel de guerre.

Comment Ianoukovitch est-il arrivé en Russie ? Mystère… (7 Sur 7)

A mon avis, le mystère n’est pas bien grand : Poutine a tiré sur un fil et l’autre crétin était au bout.

Ianoukovitch : « Je suis le président légitime de l’Ukraine » (Le Monde)

Un remarquable play-back qui démontre qu’en plus d’être un marionnettiste hors pair, Poutine est un ventriloque qui sait parfaitement profiter du mouvement des lèvres d’un mec qui parle pour ne rien dire.

Pour ce qui est de la question de la légitimité de Ianoukovitch, je ne pourrais pas m’en foutre plus que je ne m’en fous déjà, même en essayant très fort. Les vicissitudes que traversent les dirigeants de ce monde, qu’ils soient d’ailleurs ou d’ici, n’existent que pour que je m’en moque.

Ukraine : la France « suspend » sa participation aux réunions préparatoires du G8 de Sotchi (Le Figaro)

Les « réunions préparatoires » d’un G8 ne sont guère que des rencontres préliminaires lors desquelles des assistants aux fesses en tous points identiques à celles de leurs maîtres viennent essayer les chaises et les sièges des chiottes. Suspendre sa participation à un tel truc ne met donc en péril que le confort et l’aisance de ceux qui n’y enverront pas leur doublure en repérage.

Des peintures de George W. Bush bientôt exposées au Texas (20 Minutes)

De ce que j’en ai vu, c’est mauvais. C’est très mauvais. Et je ne dis pas ça uniquement parce que Bush est un con fini, même si cela, tant le personnage est indissociable de sa connerie intrinsèque, entre indubitablement dans l’équation. Ce qui toutefois est surprenant dans sa peinture, hormis le fait que l’on appelle ça « peinture », c’est sa franchise. Figurez-vous que ce crétin, fort justement persuadé qu’il ne finira jamais devant le Tribunal pénal international, a été jusqu’à peindre une insoutenable séance de waterboarding (qui est, comme vous le savez certainement, une des techniques de torture dont il a autorisé l’emploi en dépit de toutes les conventions existantes) :

Bush_peinture

Bernadette Chirac à contresens (Voici)

Je ne sais pas pourquoi mais, avant même de lire l’article, je savais déjà que ce serait une banale histoire de sens interdit et non une sordide affaire de sodomie.