Immatériel de guerre

Ukraine : des soldats russes se déploient en Crimée (Les Echos)

Après avoir vigoureusement condamné la plus ou moins discrète mais indéniable ingérence des Occidentaux dans la « révolution » ukrainienne, la Russie se fait maintenant violence et, presque la mort dans l’âme, déploie ses soldats de plomb sur le territoire de la Crimée. Il serait toutefois malvenu, dans ce cas précis, de parler d’ingérence manifeste puisque les premiers soldats russes à se déployer étaient déjà présents sur le sol ukrainien dans le cadre d’un de ces accords de coopération qui ne se refusent pas. On pourrait même, tant ils se sont si bien acclimatés à l’habitat, les qualifier d’espèce endogène. En fait, n’importe qui prend de la hauteur, notamment depuis les tours du Kremlin d’où le point de vue est à nul autre pareil, en vient vite à se demander si, en Ukraine, ce ne sont pas les autochtones qui sont exogènes.

Bref, j’ose espérer que vous aurez suffisamment d’honnêteté, bien que vous soyez vous-mêmes complètement à l’Ouest, pour percevoir non seulement l’indubitable nuance entre la sournoiserie des Européens et la légitimité des Russes mais aussi la différence tout autant incontestable entre une frontière et un paillasson marqué « bienvenue ».

Dobro pozhalovat'!

Un groupe armé occupe le Parlement de Crimée (RFI)

Petit précis de russe pour ne surtout pas confondre l’inverse et son identique : quand un groupe armé à priori pro-européen (mais peut-être tout simplement nationaliste) occupe le parlement de Kiev et que celui-ci destitue le président, c’est un « putsch » et lorsqu’un groupe armé ouvertement pro-russe occupe le parlement de Crimée et que ce dernier destitue le gouverneur en place, c’est de la « démocratie directe ».

[Note : J’ai trouvé ce lexique sur le site d’un parti « national-bolchévique » (dont je vous ai déjà parlé) qui, si je dois en croire une vidéo dont j’ai vue dix minutes hier, a pour « vision » de nationaliser « les magasins » et les exploitations agricoles de « Vladivostok en Russie d’Extrême-Orient jusqu’à Reykjavik en Islande et du Québec jusqu’au Sahara » mais qui, assez curieusement si l’on songe qu’il produit pourtant des engins propices à l’évasion et à la liberté, n’a rien contre le « fabricant de bicyclettes ».]

Obama met en garde Moscou contre un recours à la force en Ukraine (AFP)

Et il a raison. La Russie n’appartiendra vraiment au concert des nations civilisées que le jour elle recourra de préférence à la magouille subreptice et aux opérations de marketing plutôt qu’à la force brute. En d’autres termes, caricaturaux mais non dénaturants, faire livrer du Coca-Cola par la CIA peut plus et mieux qu’une invasion armée. Ce qui ne veut certes pas dire que l’on ne doit pas parfois casser la gueule aux consommateurs mais plutôt que l’on ne doit user de ce matraquage que lorsque le public ciblé s’entête à boire de l’eau minérale.

Ukraine : le Sénat russe autorise l’envoi de troupes (Les Echos)

Les raisons invoquées par Poutine et Son sénat pour justifier une intervention militaire en Ukraine sont « la menace pesant sur la vie des citoyens russes » présents en Crimée et la nécessité de « protéger par tous les moyens » les russophones d’Ukraine « contre l’arbitraire et la violence ». Changez les deux ou trois mots ayant trait à la situation géographique et à la nationalité des figurants et, je vous le donne en mille, vous avez presque fidèlement l’argumentaire avec lequel, en 1938, Hitler justifia l’annexion de la région des Sudètes.

Il est également à noter que cette décision a été prise à l’unanimité. C’est-à-dire que, sur 166 membres, il ne s’en est pas trouvé un seul pour dire « non », « peut-être », « faut voir », « pas ce soir, j’ai la migraine » ou pour tout simplement s’abstenir de voter. Je ne suis certes pas russe et je peux donc me permettre de me foutre de cette belle harmonie militaire mais, si russe j’étais, je serais particulièrement inquiet que ce qui n’est finalement qu’une pré-déclaration de guerre n’ait pas rencontré la moindre opposition ni même provoqué la moindre hésitation chez au moins un de mes représentants. Ce sénat (qui s’appelle en fait le Conseil de la Fédération) prête décidément bien le flanc à l’amalgame facile en se comportant exactement comme le fit le Reichstag sous la férule d’Hitler : être une assemblée qui n’avait d’autre rôle que d’acclamer les décisions du chef suprême.

Ukraine – Russie : comment Vladimir Poutine a abattu ses cartes (L’Express)

Si Poutine a pu se permettre d’abattre ses cartes sans sommations, c’est très certainement qu’il connait la route par cœur. Ou bien qu’il est déjà entré dans la légende et en a mémorisé les grandes lignes (droites).

 Le spectre d’une nouvelle guerre en Crimée (Le Parisien)

Que l’Ukraine se rassure : la France, en la personne de l’ectoplasme BHL, lui fournira de l’immatériel de guerre.

Comment Ianoukovitch est-il arrivé en Russie ? Mystère… (7 Sur 7)

A mon avis, le mystère n’est pas bien grand : Poutine a tiré sur un fil et l’autre crétin était au bout.

Ianoukovitch : « Je suis le président légitime de l’Ukraine » (Le Monde)

Un remarquable play-back qui démontre qu’en plus d’être un marionnettiste hors pair, Poutine est un ventriloque qui sait parfaitement profiter du mouvement des lèvres d’un mec qui parle pour ne rien dire.

Pour ce qui est de la question de la légitimité de Ianoukovitch, je ne pourrais pas m’en foutre plus que je ne m’en fous déjà, même en essayant très fort. Les vicissitudes que traversent les dirigeants de ce monde, qu’ils soient d’ailleurs ou d’ici, n’existent que pour que je m’en moque.

Ukraine : la France « suspend » sa participation aux réunions préparatoires du G8 de Sotchi (Le Figaro)

Les « réunions préparatoires » d’un G8 ne sont guère que des rencontres préliminaires lors desquelles des assistants aux fesses en tous points identiques à celles de leurs maîtres viennent essayer les chaises et les sièges des chiottes. Suspendre sa participation à un tel truc ne met donc en péril que le confort et l’aisance de ceux qui n’y enverront pas leur doublure en repérage.

Des peintures de George W. Bush bientôt exposées au Texas (20 Minutes)

De ce que j’en ai vu, c’est mauvais. C’est très mauvais. Et je ne dis pas ça uniquement parce que Bush est un con fini, même si cela, tant le personnage est indissociable de sa connerie intrinsèque, entre indubitablement dans l’équation. Ce qui toutefois est surprenant dans sa peinture, hormis le fait que l’on appelle ça « peinture », c’est sa franchise. Figurez-vous que ce crétin, fort justement persuadé qu’il ne finira jamais devant le Tribunal pénal international, a été jusqu’à peindre une insoutenable séance de waterboarding (qui est, comme vous le savez certainement, une des techniques de torture dont il a autorisé l’emploi en dépit de toutes les conventions existantes) :

Bush_peinture

Bernadette Chirac à contresens (Voici)

Je ne sais pas pourquoi mais, avant même de lire l’article, je savais déjà que ce serait une banale histoire de sens interdit et non une sordide affaire de sodomie.

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