Compas dans l’oreille, racisme low-cost et autres bruits de chiottes

Sondage : les Français favorables à une baisse des dépenses publiques (Nouvel Obs)

Moi, je suis pour une baisse drastique des dépenses de sondages : les enquêtes commanditées par l’état (ou ses différents avatars) font augmenter les impôts, celles commanditées par la presse écrite ou télévisée ont une incidence négative sur le prix des journaux ou sur le nombre de spots et de bannières publicitaires qu’il nous faut subir et celles réalisées pour le compte d’entreprises aggravent le coût de leurs produits ou le tarif de leurs services.

Sans compter que je ne vois pas où est l’intérêt de m’exposer, sous forme de pourcentages, de courbes et de camemberts, ce que je pense ou pourrais penser sur tel ou tel sujet. La plupart du temps, c’est là l’énorme avantage qu’il y a à détester tout un tas de trucs, je sais parfaitement où j’en suis. Je suis également tout à fait opposé, pour une question de respect de la vie privée, à ce que les opinions que l’on me suppose soient divulguées à des millions d’individus que je ne connais pas et qui ne savent probablement pas que j’existe. Je ne vois pas en quoi cela pourrait les intéresser alors que, moi, j’ai la décence de me foutre de leur avis. Je vis aussi très mal de voir mes idées et mes jugements amalgamés à ceux de créatures qui votent Marine Le Pen, écoutent Johnny Hallyday ou s’assurent à la MAAF.

Et puis je hais les sondeurs. N’y a pas plus sotte occupation que celle-là. Elle est même tellement crétine qu’il n’y a pas un enfant sur terre qui connaisse son existence. C’est là un signe qui ne trompe pas. Dans la cour de récréation, nous avons tous rencontré des mômes qui voulaient être pompier, marin, électricien ou star du rock mais aucun de nous, j’en mettrais mes cahiers au feu, n’a jamais croisé la route d’un gosse, même bigleux et couvert d’acné, qui rêvait d’être sondeur. C’est du reste fort heureux. Dans mon école, pas que nous étions violents mais nous avions un sens aigu de la correction, nous aurions pendu à un arbre au fond de la cour, non sans lui avoir planté un compas dans chaque oreille, le premier moutard qui nous aurait assurés vouloir gagner sa vie en nous téléphonant pendant le dessert ou au début du film.

Tirs à Libération : « Une attaque contre la liberté de la presse » (Le Monde)

De Hollande à Le Pen en passant par Copé et les autres sangsues, ils y vont tous de leur couplet. Qui est « choqué », qui est « indigné », qui est « inquiet », qui est « révolté » par cette attaque. N’empêche que, dès que la presse abandonne son rôle de support publicitaire pour en revenir aux fondamentaux et dénoncer leurs magouilles et leurs mensonges – ou les magouilles et les mensonges des industries, des banques et des différentes entités qui sont leurs marionnettistes et leurs ventriloques – ils la mettent sur écoute, cherchent à pondre des lois qui obligent à divulguer ses sources, l’accusent de tout sortir de son contexte, la poursuivent en justice ou, parce qu’au final c’est ce qui est le plus efficace, l’achètent.

La « liberté de la presse », ces ordures et toutes celles qui fréquentent les mêmes salons et les mêmes pissotières s’en félicitent tous les jours, n’est qu’une expression par laquelle on entretient l’illusion de la démocratie. Pour me convaincre du contraire, et ça ne va pas être facile, il va falloir me démontrer que le contrôle de Libération par un Rothschild ou la mainmise de Dassault sur Le Figaro est une garantie de liberté. Dans certains cas, la chaîne TF1 du bétonneur Bouygues en est un parfait exemple, il va même falloir me prouver que « presse » est le qualificatif qui convient.

Ceci dit, la presse n’est pas que victime d’intérêts qui la dépassent, la pervertissent ou se l’approprient. Il suffit, par exemple, de regarder la tronche d’un Franz-Olivier Giesbert ou celle d’un PPDA pour s’assurer qu’elle abrite en son sein des hommes et des femmes qui seraient plus à leur place sur un trottoir pour y vendre leur cul ou y ramasser les poubelles.

Plus de 13 millions de visites dans les sanisettes parisiennes (Le Parisien)

Dites-vous que cette information, dont vous ne saisissez peut-être pas bien l’importance, est l’illustration et la garantie que vous vivez dans un pays libre.

Municipales 2014 à Marseille : Stéphane Ravier, candidat frontal (Le Parisien)

Première fois de ma vie que je vois l’adjectif « frontal » utilisé pour qualifier un candidat du Front National. Moi, en hommage à la famille qui dirige le parti depuis sa création et en référence au domaine dans lequel elle s’est le plus distinguée, j’aurais opté pour « pénal ».

Copé : « Faire croire au péril raciste, c’est un écran de fumée » (Le Parisien)

Ce ne serait pas ce crétin qui, il y a peu, voulait faire croire à la France entière que manger un pain au chocolat pendant l’été et le ramadan était une activité à très haut risque pour tous les écoliers qui fréquentent des écoles fermées à double tour pour cause de grandes vacances ?

Hollande : « Pourchasser, lutter, éradiquer le racisme et l’antisémitisme » (Le Figaro)

Décortiquons cette phrase : si « pourchasser le racisme et l’antisémitisme » et « éradiquer le racisme et l’antisémitisme » sont possibles d’un point de vue grammatical, « lutter le racisme et l’antisémitisme » est, par contre, nettement plus difficile.

Vous noterez aussi la distinction entre le racisme et l’antisémitisme. Ce n’est pas tant que le dernier soit totalement différent du premier mais il en est une version de luxe qu’il convient de distinguer. Un peu comme dans les supermarchés où les produits bas de gamme occupent l’étage inférieur des rayons tandis que ceux d’une qualité supérieure ou dont on fait la pub en veux-tu en voilà à la télé sont placés à hauteur des yeux du chaland.

Dans les toilettes d’Orly, le panneau qui dérange (Le Monde)

Incroyable que l’on puisse encore, en 2013, représenter une femme en train d’étrangler un bébé alors qu’elles sont de plus en plus nombreuses, du fait de leurs carrières professionnelles, à ne jamais porter la main sur leurs enfants.

Toilettes-Orly

L’étrange forme « vaginale » d’un stade de la coupe du monde 2022 au Qatar (Le Monde)

Ce doit être pour motiver Ribéry, Benzéma et tous les autres michetons à se bouger le cul.

Un tiers de l’humanité n’a pas accès à des toilettes (Le Figaro)

Que cette partie-là de l’humanité se réjouisse : si elle n’a pas accès à des toilettes, il se pourrait donc qu’elle n’en soit pas issue.

Jean-Marie Le Pen : Taubira « anti-française » (Le Point)

Tandis que lui, qui profite que le lynchage de Taubira batte son plein pour y aller de son petit coup dans les côtes, est très certainement l’archétype du preux et noble Français.

L’arsenal chimique syrien pourrait être détruit en mer (Le Figaro)

Renvoyer l’arsenal chimique à ceux qui l’ont fourni ou le détruire dans le jardin de celui qui l’a voulu – et à ses frais, bien sûr – sont deux solutions qui offraient bien trop de logique pour avoir une chance d’être retenues.

Un tribunal autorise le cannabis thérapeutique (Le Figaro)

« Le tribunal d’Avignon a relaxé un homme qui consomme de la marijuana pour soulager une maladie rare. »

Le parquet, qui ne nie pas que « ce monsieur connaisse de graves difficultés », a fait appel et va tout faire pour que ni « ce monsieur », devenu incapable de travailler à cause de « douleurs atroces », ni un autre dans la même situation ne puisse plus cultiver de l’herbe car… [roulement de tambour]… « c’est illégal ». Na ! Que le cannabis soit le seul traitement efficace dans certains cas et que les cannabinoïdes s’apprêtent à faire leur entrée prochaine dans la pharmacie française (2015) comme ils l’ont déjà fait dans celles de 18 pays de l’UE n’a aucune espèce d’importance pour l’archaïque parquet d’Avignon : le règlement, quand bien même il vivrait ses dernières heures, c’est le règlement et il doit être suivi au pied de la lettre, peu importe que la maladie et la douleur fassent de votre vie un enfer. En tentant d’échapper à l’une et à l’autre par le biais d’une plante verte, vous ne pensez qu’à votre petit confort personnel et vous avez un effet délétère sur la bonne santé de tout le corps social.

Il n’est pas seulement urgent de légaliser le cannabis thérapeutique (et le cannabis récréatif !). Il faut aussi, sans plus attendre, moderniser la justice et remplacer le parquet par de la moquette.

[Message à celui et à celle qui, fin septembre, ont promis de me donner le surplus de leur récolte : z’attendez quoi pour venir manger une rondelle de saucisson ?]

Ni prison pour les hommes, ni démantèlement pour les banques : mais pourquoi les banquiers s’en sont-ils aussi bien sortis après la crise ? (Atlantico)

Parce qu’ils gouvernent. Ce qui, du reste, est une conséquence du libéralisme qui sert d’évangile à Atlantico.

Question suivante.

Laurent Fabius : la Centrafrique est « au bord du génocide » (Le Parisien)

Quel est déjà le nom de ce pays européen qui, depuis le dix-neuvième siècle, y dispose de bases militaires et s’y mêle de tout, depuis l’exploitation des ressources jusqu’à la formation et le renversement des gouvernements ?

Mondial 2014 : pas de primes de qualification pour les Bleus (Le Parisien)

C’était bien la peine qu’ils se mettent enfin à jouer collectif si, au final, ce sont leurs putes qui doivent faire moins de passes.

5 réflexions sur “Compas dans l’oreille, racisme low-cost et autres bruits de chiottes

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