La barbe des poils !

14-18 : Copé loue le discours de Hollande (Le Figaro)

Copé, c’est un peu le Reader’s Digest de la politique : qu’il loue le discours de Hollande vous donne une idée très précise de la crétinerie de ce discours sans que vous ayez à le lire dans sa totalité.

Accordons toutefois à Hollande que commémorer un casse-pipe, quel qui soit, pousse à dire des crétineries. Voir de l’honneur dans les viscères sanguinolents de gamins de vingt ans est un exercice impossible. Il ne se peut pas et ne se pourra jamais que l’assassinat de toute une génération, sur l’ordre de vieilles badernes qui se tinrent loin de l’arène, recèle quelque dignité que ce soit.

Commémorer une boucherie industrielle qui doit tout au patriotisme en exaltant encore un peu plus le patriotisme (« renouveler le patriotisme ») ou, tout au moins, en disculpant celui-ci de son évidente responsabilité au prétexte qu’il serait la face saine et glorieuse du méchant nationalisme n’a, de mon point de vue, pas plus de sens que de condamner la pneumonie en faisant l’apologie de la bronchite.

Commémorer une boucherie industrielle sans mettre une seule fois en accusation ceux qui en furent les commanditaires et ceux qui, usant de leur imagination perverse et de leurs moyens de production, la rendirent possible et en tirèrent les plus grands profits est aussi ridicule que d’organiser une marche blanche en mémoire de quelque victime tout en amnistiant les coupables.

La guerre de 14-18, contrairement à ce que l’on nous dit tous les ans depuis un siècle, n’a révélé ni « force » ni « audace » du soldat en particulier ou de l’humanité en général. Elle ne fut que la manifestation éclatante de sa folie furieuse, de sa faiblesse de caractère, de sa petitesse, de sa nature de « grand troupeau » (dixit Jean Giono). Les nations qui y prirent part n’ont rien à envier, de par leur comportement, aux foules les plus cinglées qui se rassemblent dans des stades pour soutenir une moitié des individus qui assurent le spectacle et tenter d’assommer l’autre dès que l’occasion s’en présente. La bêtise est la même, seule l’échelle et les conséquences sont  différentes.

La guerre de 14-18, c’est une évidence pour qui a lu un ou deux bouquins sur la question, n’a rien à voir avec 39-45, son deuxième acte en noir et blanc. Ce fut un conflit qui n’opposa que des agresseurs ivres de chauvinisme et malades de l’arrogance et de la bêtise qui découlent du chauvinisme. Tous les adversaires étaient également fous – fous de ce patriotisme que l’on tente de réhabiliter tous les mois de novembre alors même qu’on devrait l’assommer à grands coups de pelle et l’enterrer au plus profond. Tous les adversaires étaient également fous qui voulaient voir quelque caractère sacré dans le chiffon bariolé dont les nations aiment à décorer leur périmètre.

Bien que les présidents mentionnent désormais dans leurs discours ampoulés les pauvres bougres que l’on a fusillés pour l’exemple, ils en sont toujours à célébrer la machine de mort aveugle, ses symboles, ses valeurs et ses devises vides de sens plutôt que les individus décillés qui finirent par trouver le courage de refuser le combat et que l’on assassina afin qu’ils ne contaminent pas autour d’eux. Et l’on se demande combien de siècles il faudra encore avant que nos présidents, nos ministres ou nos rois ne voient ou ne trouvent la force de dire que, face à un massacre, le seul être humain qui mérite d’être admiré est celui qui, parce qu’il veut vivre et laisser vivre, refuse d’y participer.

Oui, on se demande combien d’années il faudra encore avant qu’ un président décrétinisé n’articule l’évidence : « 14-18 fut une folie qui doit tout à ce que l’on vous dit ad nauseam de considérer comme sacré – sol, drapeau et mythes – et à ceux que l’on vous dit de respecter et de suivre au prétexte fallacieux qu’ils seraient votre voix et que, s’ils appellent à la guerre, c’est que vous-même, même si vous n’en saviez rien, voulez éviscérer ou être éviscéré plutôt que de continuer à mener la vie normale qui, jusque-là, était votre quotidien et n’impliquait ni meurtre ni sacrifice suprême. Ne croyez rien de ces balivernes. Le sol est un hasard, le drapeau est un torchon, les mythes sont très exactement ce que le dictionnaire en dit et la mort, qu’on la subisse ou qu’on la donne, n’est pas une sortie dont on revient. Gardez aussi à l’esprit, toujours, que les gens qui vous envoient mourir ou tuer, quels que soient les mots doux dont ils usent pour ce faire, ne vous veulent pas du bien. Vous veillerez désormais, car il en va de votre vie et d’autres qui sont aussi précieuses, à voir un ennemi dans celui qui vous donne un fusil et un ordre. De toute façon, s’il vous voulait du bien, il vous donnerait un marteau, une canne à pêche, une charrue ou quelque autre outil productif. Au pire, il vous foutrait la paix. Vous refuserez et le fusil et l’ordre. Ou bien, et je serais le dernier à vous en vouloir, vous prendrez le fusil et en userez immédiatement sur celui qui vous l’a tendu. Ne voyez là aucune contradiction avec ce que je vous ai dit précédemment : éliminer une poignée de doryphores pour sauver un champ de pommes de terre est une pratique qui, plus qu’acceptable, est recommandée. Les 20 millions de morts et les 20 millions de blessés de la première guerre mondiale, c’est une des plus importantes leçons qu’il faudrait en retenir, eurent pu être aisément évités par la liquidation de quelques centaines d’individus, voire moins, qui tous avaient de beaux vêtements, des titres ronflants et des symboles plein la bouche. 

Nous ne commémorerons plus jamais la guerre, ni son déclenchement ni sa fin. Il ne sert à rien de s’en rappeler. L’homme est un animal qui ne retient guère ses leçons. Nous retrouver devant des noms gravés dans le marbre froid et répéter ‘der des ders’ ou ‘plus jamais ça’ ne changera jamais rien. Savoir de quelle horreur nous venons ne nous empêchera pas d’y retourner. Nous recommencerons toujours, nous tuerons encore. Nous avons déjà recommencé, nous tuons à nouveau. Moi, je n’en peux plus d’être un hypocrite. Je ne veux plus leurrer, je ne veux plus me leurrer. Je veux plus aller devant un monument et dire à des types qui ne sont plus qu’ils ne sont pas morts pour rien et que la patrie leur est reconnaissante. Ils sont morts pour rien et la patrie qui se voudrait aujourd’hui leur obligée est celle-là même qui les a condamnés. Bon dieu, je n’ai jamais rien vu d’aussi absurde que d’envoyer des hommes contre des hommes en usant du prétexte que, s’ils veulent continuer à être ce qu’ils sont déjà et qui serait parfaitement préservé s’ils en restaient là, ils doivent massacrer sans faillir et mourir sans trembler.

Non, mes chers concitoyens, nous ne commémorerons, nous ne célèbrerons plus aucun bain de sang passé. Il en va, au regard des inévitables bains de sang à venir, de notre crédibilité. Nous allons abolir ces jours où l’on exalte drapeaux, hymnes, devises et les innombrables vies qu’ils ont brisées. Et si quelque réfractaire fait malgré tout mine de les glorifier, nous l’assommerons à grands coups de pelle pour lui apprendre à nous foutre la paix. »

Verdun_Ravin de la mort

Plus de la moitié des Français constatent une hausse du racisme en 10 ans (RTL)

Les autres, qu’ils soient blancs ou noirs ou entre les deux, ne sont pas récemment passés devant un miroir et n’ont donc rien constaté.

« Fusillés pour l’exemple » : une majorité de Français pour leur réhabilitation (Le Monde)

Ne nous faisons aucune illusion : si nous étions actuellement en pleine boucherie, les mêmes réclameraient l’exécution des déserteurs et autres réfractaires et les traiteraient de lâches ou de traitres à la patrie.

Café Georges : les moches au fond, merci (Next – Libération)

Cela ne vient pas du prénom. Je connais un type qui s’appelle Georges et jamais il ne placerait les moches au fond de son café. Il a d’ailleurs, dans une autre vie, été le tenancier d’un café où, parce qu’il n’y avait pas de fond que l’on put toucher, j’allais boire pour ne pas perdre pied.

« La France est émiettée, la France est humiliée, la France est blessée, la France est déchirée » (Brice Hortefeux)

Pire encore : Herr Hortefeux, que nous avons autrefois connu sous les traits d’un barbare formidable caracolant dans les steppes avec, en travers de la croupe du cheval qu’il montait à cru, le cadavre de la femme vaincue qu’il venait de violer et se proposait d’honorer à nouveau à la prochaine étape, est maintenant un geignard désagrégé, mortifié, mutilé et décousu qui use et abuse des synonymes comme un vulgaire blogueur.

Jane Birkin : « le silence autour de Taubira est alarmant » (Le Monde)

Et oui, les temps sont tels que prendre ouvertement la défense d’une Noire qui vient d’être traitée de guenon tient de la collaboration avec l’ennemi.

A une époque où porter une barbe après trois ans de captivité fait de vous un islamiste, où dire de l’extrême-droite qu’elle est l’extrême-droite peut vous valoir un procès en diffamation, il vaut mieux rester prudent, c’est-à-dire imberbe et silencieux.

De retour en Martinique, l’ex-otage Thierry Dol sort de son silence (20 Minutes)

Noir, bavard et barbu, ce mec-là va forcément s’attirer la suspicion. Qu’il se baisse pour ramasser les clés qu’il aura laissé tomber sur un trottoir et je ne serais pas étonné que certains l’accusent de faire sa prière dans l’espace public.

La pratique de votre religion a-t-elle déjà été à l’origine de conflits avec votre employeur ? (20 Minutes)

Non, jamais. Mais il faut dire que j’essaie tout autant d’éviter la pratique de la religion que la fréquentation de mon employeur.

Le chef d’Al-Qaïda affirme qu’Al-Nosra est sa branche en Syrie (20 Minutes)

Ce ne serait pas également la nôtre ?

Bonnets rouges : 57 % des Français veulent la fin du mouvement (Atlantico)

En ce qui me concerne, je souhaite qu’ils continuent le plus longtemps possible : tant qu’ils manifestent, ils ne produisent pas de ces merdes qu’ils nous vendent sous les appellations porc, poulet ou œufs. Et puis, connaissant les gus, je redoute qu’ils ne demandent une énième subvention pour faire face aux frais qu’entrainerait leur dissolution.

Condamnée parce qu’elle montrait des pornos à ses enfants (Nouvel Obs)

Moi, au retour de l’école, ma mère m’obligeait à visionner des mathématiques et des successions de chiffres obscènes. Elle n’a jamais été inquiétée. Pourtant dieu sait que, par mes notes minables, j’ai envoyé maints signaux de détresse.

2 réflexions sur “La barbe des poils !

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