L’art de droite ou cochon breton ?

La Bretagne à la pointe du ras-le-bol (Libération)

A la pointe du ras-le-bol fiscal, bien sûr.

Si j’étais Président de la République, et je serais alors très certainement le meilleur de tous depuis ce Vercingétorix dont je partage les origines arvernes, j’irais en Bretagne et, à tous ces Bonnets rouges qui en ont marre des impôts et des taxes, je dirais ces mots :

« Mesdames, Messieurs, je vous ai écoutés, je vous ai entendus, je vous ai compris et je vais être bref. Dès demain, je m’y engage solennellement, vous ne paierez plus ni impôts ni taxes. Vous pourrez dès lors acheter de plus grandes télés, de plus grosses bagnoles, les meilleures crèmes antirides et les toutes dernières lessives. Quant à vos enfants, vos chers enfants, les précieux enfants de la Nation, ils pourront désormais porter du Nike de la tête aux pieds. C’est dans du slip griffé qu’ils péteront. Leurs poches seront pleines d’iPads et d’iPods.

Oui, Mesdames et Messieurs, vous ne paierez plus d’impôts. Je l’ai dit et je le répète. Ecartez donc l’idée que vous puissiez être sujets à des hallucinations auditives ou à quelque révélation divine.

Vous ne paierez plus d’impôts, vous ne paierez plus de taxes mais, en contrepartie, l’Etat – qui est moi depuis que vous m’avez élu dans un élan magnifique – et L’Union Européenne ne vous verseront plus un putain d’euro en aides diverses et variées. Finies les subventions pour produire du poulet, de l’œuf et du porc industriels et rester compétitifs par rapport une concurrence mondiale qui, sans cela, vous boufferait tout cru. Finies les centaines d’euros de restitutions que vous touchiez par tonne de merde produite. Finis ces millions d’euros qui, dans certaines de vos entreprises, payaient jusqu’à trois fois les salaires annuels. Finie l’oxygène. Vous allez devoir user de vos petits poumons armoricains si vous ne voulez pas manquer d’air.

Oh mais n’aperçois-je pas, dans cette marée humaine que vous formez à mes pieds, les 340 employés de l’entreprise Tilly-Salco à qui les impôts que vous dénoncez aujourd’hui à juste titre ont permis de toucher quelques 60 000 euros par an et par salarié ? Si, si, ils sont là ces braves dont les impôts – les sales impôts, les terribles impôts, les mesquins impôts – ont payé, au bas mot, trois fois le salaire annuel pour produire de la volaille shootée aux antibiotiques.

Et, à côté d’eux, ne sont-ce pas les employés de Doux que je vois ? Oui, oui, ce sont bien eux. Mesdames et Messieurs les Doux, j’ose espérer que vous n’êtes pas venus protester ici avec, dans les poches, les 55 millions d’euros que les effroyables impôts vous ont permis de palper l’an dernier. Il pourrait y avoir des voleurs dans l’assistance, vous savez. A commencer par vos patrons, dont on me dit qu’ils pèsent plusieurs centaines de millions d’euros alors même que leur entreprise est en redressement judiciaire.

Ah, mais je vois également les saigneurs de ces porcheries dont on dit, sous le manteau bien sûr, que la moitié est en situation irrégulière par rapport à toutes les normes environnementales existantes. Remarquez que je ne vous en veux pas, Mesdames et Messieurs. Je vous en veux même tellement peu que je vais choisir de voir le bon côté des choses : tant que vous êtes là à manifester, vous ne balancez pas des nitrates en veux-tu en voilà dans les cours d’eau et dans la mer. D’ailleurs, parlons-en puisque nous sommes ici pour tout nous dire, quand il faudra payer l’énorme, le titanesque, le gigantesque coût de la dépollution de votre beau pays, ne comptez pas sur les impôts car, je l’ai dit, je le répète en détachant bien tous les mots : Vous. Ne. Paierez. Plus. Jamais. D’impôts. C’est chouette, non ? Au fait, combien avez-vous touché ces cinquante dernières années pour produire des cochons avec qui vous ne voudriez même pas être copains tant ils sont drogués ? Allez, dites-moi, ne soyez pas timides. Combien de centaines de millions d’euros d’impôts, de sales impôts, cela représente-il ? Hein ? Nan, je vous chambre. Tout ça, c’est fini. Quittons-nous bons amis. Vous pourrez toujours, quand le moment du grand nettoyage sera venu, demander à chacun de vos touristes d’enlever un mètre carré d’algues toxiques et de filtrer un litre d’eau. Moi, je serai aux abonnés absents. De toute façon, j’ai toujours préféré les cochons du Cantal et les œufs de mon voisin à votre immonde malbouffe. Que je vous dise aussi que, contrairement à ce qu’a pu laisser entendre mon crétin de premier ministre, un type que je vais faire fusiller dès mon retour dans la capitale, il est hors de question que la France paye pour toutes les dégradations que vous venez de commettre dans l’espace public. Cela alourdirait inutilement la fiscalité. Si vous trouvez preneurs, vous n’aurez qu’à vendre vos bonnets rouges pour éponger la facture.

Amis bretons, je suis venu vous le dire, vous vous êtes réunis pour l’entendre, les caméras ont convergé pour immortaliser ces paroles qui marqueront mon entrée dans l’histoire et votre sortie de la République : je vous fais grâce des impôts, je vous libère de vos chaînes, je vous affranchis, je fais de vous les Monégasques de la côte Ouest de l’Europe. Vive la Bretagne livrée à elle-même face à la concurrence du porc brésilien et du poulet thaïlandais ! Vive la Bretagne indépendante lancée en solitaire sur les flots de la mondialisation ! Je vous souhaite de produire encore et toujours plus de merde en barre mais, attention, la France, dont vous serez maintenant séparés par trois rangées de barbelés, ne se fournira plus chez vous pour des raisons sanitaires que vous comprendrez aisément. Non, ne pleurez pas, je vous en prie. Ce n’est pas la France qui vous enlève aujourd’hui les menottes fiscales que vous ne supportez plus qui, quand bien même elle vous aurait un peu trop pressés, vous a mis dans cette situation. Ce sont vos patrons, vos industriels qui vous ont mené au désastre. Produire par centaines de millions de tonnes des produits bas de gamme que d’autres pays vendent trois ou quatre fois moins chers n’a pas, n’a jamais eu et n’aura jamais le moindre sens. Et en produire toujours plus, dans une absurde fuite en avant, plus que crétin, est criminel. Si, si. Ce n’est ni Bruxelles ni l’Etat français qui vous ont assassinés. Au contraire, ils vous ont maintenus sous perfusion pendant des décennies. Grâce aux impôts dont vous ne voulez plus. Les coupables sont bien plus près de vous. Pour les reconnaitre, c’est du reste très simple : cherchez qui tient la télécommande qui anime votre colère.

Allez, mes amis, avant que je ne quitte votre pays dont l’air, il faut bien le dire, est empuanti par les déjections des millions d’animaux que les impôts français ont jusque-là nourris, entonnons ensemble une chanson d’adieu.

Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne. Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons. »

Algues_Bretagne

Taxe à 75% : quand Hollande promettait de ne pas augmenter les impôts des clubs (Le Parisien)

Si les footballeurs et les clubs pratiquaient leur sport de la seule manière dont il devrait être pratiqué, c’est-à-dire bénévolement, il ne serait pas nécessaire de les taxer. Bien fait pour leur gueule s’ils doivent aujourd’hui subir l’inconstance de l’homme qui voulait être président et qui, malgré qu’il le soit devenu, ne le sera jamais.

Crimes sexuels : le combat de Cécile contre les délais de prescription (Le Parisien)

Je suis assez d’accord sur le fait qu’il faut allonger les délais de prescription. Je crois cependant qu’ils ne doivent pas excéder la date de péremption des victimes. Disons, pour prendre un exemple concret, que le violeur d’une belle et fraiche jeune femme de 20 ans ne devrait plus être poursuivi après que sa victime ait atteint la ménopause. Voire bien avant si elle a grossi ou s’est enlaidie au-delà d’un certain barème.

Dans le cas des enfants victimes d’abus sexuels, on pourrait prendre pour limite le moment où ils obtiennent leur premier Smartphone.

L’ex-otage au Niger Daniel Larribe obligé de s’expliquer sur sa barbe (Le Parisien)

On a là un type qui a été retenu prisonnier par des crétins que rien ne différencie intellectuellement des cailloux parmi lesquels ils vivent. A son retour en France, après trois ans de captivité, SuperMarine l’accuse au micro d’une des radios les plus écoutées de France d’être devenu un islamiste tout simplement parce qu’il porte une barbe. Quelques heures plus tard, toujours devant des micros, et parce qu’elle sait très bien que la cohérence n’est pas ce qui intéresse le plus ses méchants petits électeurs, elle dénonce « l’instrumentalisation politique des libérations d’otages ». Que lui souhaiter d’autre qu’un peu de captivité chez les islamistes suivi d’un retour dans l’anonymat le plus total, seule et perdue sur le tarmac d’un aéroport de béton gris, de longs poils suspects sous les aisselles ?

La France devient-elle raciste ? (RFI)

Est-ce à dire qu’elle ne l’était pas ou qu’elle aurait cessé de l’être pendant un temps ?

Isère : l’adolescent lynché témoigne de son calvaire (TF1 News)

La suite s’intitulera : l’adolescent poursuivi par des journalistes en rut témoigne de son tourment.

Un os d’un jeune disparu en 1994 aurait été retrouvé (Le Parisien)

Ce jeune homme a disparu à Meaux, la ville dont Copé est le maire. On retrouve ses restes au large d’Antibes, où Copé aimait à barboter dans la piscine du trafiquant d’armes Takkiedine. Conclusion ?

Alimentation. 62 % des Français manquent d’infos sur ce qu’ils mangent (Ouest France)

Tout à fait. On pourrait d’ailleurs commencer, afin de mieux les informer, par tatouer « Origine Bretagne » sur ces morceaux de porc qui, quand vous les jetez dans la poêle, rendent autant d’eau que des cèpes bien moussus. Les consommateurs sauraient alors qu’ils ont tout intérêt à les faire cuire deux fois plus longtemps s’ils les veulent grillés plutôt que bouillis.

Un député UMP accusé de sexisme après une remarque sur Fioraso (Le Parisien)

Jusqu’à aujourd’hui, je ne savais pas du tout qui était Fioraso ni à quoi elle ressemblait. Mais, après avoir vu sa photo, j’hésite à croire que la remarque qui lui a été adressée eut quoi que ce soit de sexiste : elle n’a pas le physique pour.

Sexe. Le French lover, mauvais élève dans le lit des Européennes (20 Minutes)

Ça ne m’étonnerait pas que ce soient les Bretons qui fassent baisser la moyenne nationale avec leurs cochonneries bas de gamme.

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C’est possible mais, d’un autre côté, soyons réalistes, la culture de droite, de Mireille Matthieu à Michel Sardou, n’a pas besoin de ministre. Elle n’a peut-être même pas besoin du mot « culture ».

[Merde, je vais passer pour un gauchiste maintenant.]

« Il faut tout faire péter » : la colère sociale inquiète les députés (Nouvel Obs)

Bien que « tout faire péter » – sans oublier d’inclure dans le « tout » cette extrême-droite qui, tapie dans l’ombre, espère bien récolter les fruits de l’agitation – ait quelque chose de printanier qui me fait frissonner de plaisir, j’ai un mal fou à voir une « colère [purement] sociale » dans ce mouvement breton anti-écotaxe qui trouve son origine dans une curieuse collaboration entre le Medef (l’ennemi de tout ce qui est social), la grande distribution (marchands de poisons et assassins des centres-villes) et la FNSEA (syndicat, dixit un manifestant à bonnet rouge, des « responsables de la crise, à savoir les agriculteurs productivistes qui n’ont jamais réfléchi à l’avenir de l’économie bretonne »).