Quelle vie je mène !

Aujourd’hui, en fin d’après-midi, alors que je grignotais un biscuit fourré au chocolat, et je ne saurais vous dire ce qui a motivé cet élan soudain, j’ai couru à l’étage attraper mon appareil photo avant que le soleil ne disparaisse complètement derrière la butte.

Et, pendant que mon fils me disait quelque chose que j’avoue ne pas avoir saisi mais que je lui demanderai de répéter au dîner, j’ai pris une poignée de photos.

De retour dans ma petite étude sise sous la pente est du toit, et je ne saurais pas non plus vous dire ce qui a motivé ce deuxième élan, j’ai ouvert des logiciels, mis une copie d’une des photos en noir et blanc, réduit la taille d’une autre copie de la même photo, amélioré un brin la netteté de l’une et de l’autre copies et, enfin, collé la copie en couleur sur la copie en noir et blanc.

A l’issue de ces manipulations, je tenais donc ce que l’on appelle un collage. Sauf que, vous l’aurez certainement noté, je n’ai pas utilisé de colle.

Je vous livre la chose, que j’ ai intitulée « Bien au chaud » :

Bien au chaud, 28 novembre 2013

Bien au chaud, 28 novembre 2013

Là où intervient l’incroyable coïncidence, je vous jure que je n’avais rien planifié et que je n’ai découvert le concours de circonstances qu’au moment de classer la photo dans le dossier où je classe de telles photos, c’est que ce collage, qui est, pour autant que je m’en souvienne, mon deuxième collage à prétention artistique, a été réalisé 2 ans jour pour jour, et presque heure pour heure, après mon premier collage à prétention artistique. Et les deux fois, tenez-vous bien, j’étais en pantoufles.

Ça met sur le cul, non ?

En Pantoufles, 28 novembre 2011

En Pantoufles, 28 novembre 2011

Revue de presse garantie sans Copé

En Grande-Bretagne, les rapports sexuels en baisse de 20 % en une décennie (Big Browser – Le Monde)

C’est une conséquence directe du capitalisme à l’anglo-saxonne : soit les individus sont au chômage et déprimés, soit ils bossent comme des malades et sont épuisés. Dans tous les cas de figure, ils sont trop emportés par le tourbillon de leur petite vie pour songer au bénévolat.

Les prostituées sont-elles libres ou aliénées ? (Le Monde)

Aliénées, bien évidemment. C’est d’ailleurs pour cette raison que le législateur, soudain soucieux du bien-être de quelqu’un d’autre que lui-même, cherche à abolir la prostitution.

Et vous allez voir que, emporté par le flot impétueux de la compassion, il va interdire le travail à la chaîne dans les usines et aux caisses des supermarchés avant la fin de l’année.

Le FN reste « dangereux pour la démocratie » pour une majorité de Français (Le Monde)

Ils sont 59 % à penser cela. Mais, c’est un autre sondage qui le dit, ils sont 42 % à être prêts à voter pour le Front National aux prochaines élections.

Le total de 101 %, je vous l’accorde, témoigne de la confusion totale qui règne dans certains esprits. Mais il indique aussi très clairement le pourcentage d’individus qu’il faut immédiatement fusiller pour retrouver un semblant de cohérence et un total qui n’excède pas le nombre d’habitants.

Nouvelle hausse des péages le 1er février 2014 (DéplacementsPros.com)

L’an dernier – autrement dit, dans une autre vie – la Cour des Comptes a, une fois de plus, tiré la sonnette d’alarme : les grands groupes à qui l’état a vendu les autoroutes à vil prix (14 milliards d’euros au lieu de 24) font ce qu’ils veulent, échappent à tout contrôle, imposent des augmentations de tarifs supérieures à l’inflation (c’est encore le cas cette année) et, surtout, n’utilisent jamais leurs bénéfices pour compenser les investissements ou faire baisser les tarifs puisque l’absence de tout contrôle les autorise à compenser le moindre investissement par une hausse immédiate des tarifs. Bref, on est dans « un modèle [qui] ne peut donc qu’aboutir à une hausse constante et continue des tarifs » et qui, cela coule de source, « ne permet pas de garantir que les intérêts des usagers et de l’Etat soient suffisamment pris en compte ». En d’autres termes, les trois grands groupes qui exploitent la plupart des autoroutes françaises, et qui ne cessent de dégager des bénéfices malgré la baisse de fréquentation, nous enculent individuellement et collectivement.

Il existe cependant une solution évidente, que je m’empresse de vous livrer : que tous ceux qui sont pour le désengagement de l’état et l’avènement du secteur privé dans tous les domaines soient contraints de n’utiliser que les autoroutes et, bien sûr, d’en assumer seuls et dans la joie les coûts brutaux. Les autres pourront utiliser gracieusement le réseau de leur choix. Il leur sera seulement demandé de s’abstenir de faire des doigts d’honneur à leurs généreux mécènes quand ils les doubleront aux péages.

PSA : Philippe Varin touchera une retraite chapeau de 21 millions d’euros (Le Figaro)

A mon avis, toucher 21 millions d’euros pour avoir pris en main un groupe automobile dans la merde et l’y avoir enfoncé encore plus profondément signale que les losers, après des décennies d’ostracisme, sont enfin à la mode. Je crois que je vais profiter de l’air du temps pour me remettre à écrire de la poésie minable. D’ailleurs, je tiens déjà mon premier vers, mon tout premier pas vers la fortune et la gloire : « les sanglots longs des violents capitalistes bercent mon cœur d’une langueur affairiste ».

Centrafrique : Paris prêt à intervenir militairement (Le Figaro)

Envoyer l’armée pour rétablir l’ordre dans un département français va créer un mauvais précédent, lourd de conséquences pour le reste du territoire, à commencer par les banlieues parisiennes, Marseille et la Bretagne.

Céline Dion à Bercy : pourquoi les places sont si chères (Le Figaro)

C’est pour s’assurer que le moins de monde possible soit exposé à sa « musique ».

Violences dans les stades: « Les supporters qui débarquent alcoolisés sont un réel problème » (20 Minutes)

Croire que la sobriété les rendrait moins crétins est, de très loin, le truc le plus optimiste que j’ai lu de toute la semaine.

Le mystère des talents de chasseur de l’hippocampe enfin percé (20 Minutes)

Je connaissais bien sûr l’hippocampe normal mais, jusqu’à ce matin, je n’avais jamais entendu parler de « l’hippocampe enfin percé ». Et je ne serais pas surpris d’apprendre que lui ignore tout de mon existence.

Jean-Vincent Placé : « On n’a pas été élu pour faire une politique sociale-libérale ni centriste » (Atlantico)

Ce monsieur Placé eut pu faire une phrase plus courte et, par conséquent, bien plus en adéquation avec les 2 % de voix recueillies par son parti (Europe Ecologie-Les Verts) : « On n’a pas été élu. »

L’Afghanistan envisage de rétablir la lapidation en public pour punir l’adultère (Huffington Post)

Négocions pour qu’ils retransmettent les lapidations à la télé, entre deux longues plages de pub pour des assurances-vie, des contrats obsèques et des plats préparés que même un veuf musulman peut foutre tout seul dans un four à micro-ondes, et personne ne pourra dire que nous avons occupé l’Afghanistan pour rien.

PSA : Philippe Varin renonce à ses 21 millions d’euros de retraite (Planet.fr)

Moins multiplié par moins égalant plus, il se pourrait fort qu’un loser qui capitule se rapproche dangereusement de la victoire.

« Quand je vois des gamines qui regardent des images pornographiques… » – Geneviève de Fontenay

La justice ferait bien de se pencher sur le cas de cette vieille peau : pour voir « des gamines » en train de mater des « images pornographiques », faut traîner dans des coins pas nets. Ou, pire encore, tenir la télécommande.

Les risques que fait courir la loi de programmation militaire en prévoyant de confier au privé la surveillance des citoyens français (Atlantico)

C’est toujours marrant de voir un journal archi-libéral se méfier du libéralisme.

Mais c’est encore plus amusant de le voir s’inquiéter d’une surveillance généralisée qui est pourtant la conséquence naturelle de la très extrême fermeté que lui et ses lecteurs ne cessent de réclamer à longueur de colonnes et de commentaires. Comme quoi les crétins qui exigent l’Ordre et la Sécurité découvrent toujours trop tard que les miradors gâchent aussi leur paysage.

Mauvaise habitude. Un tiers des enfants de moins de 3 ans mangent devant un écran (Atlantico)

Atlantico, journal de toutes les contradictions, en est maintenant à s’inquiéter que des parents forment très tôt leurs enfants à cette consommation forcenée que le libéralisme nous décrit pourtant comme La solution à la crise économique.

L’illettrisme touche davantage les seniors que les jeunes (Le Figaro)

En outre, c’est « en Ile de France que l’on trouve la plus forte proportion de personnes […] qui éprouvent des difficultés à l’écrit ».

Inutile de vous dire que cette info passe très mal auprès des lecteurs du Figaro, en majorité vieux et franciliens. D’aucuns, touchés en plein cœur, y vont même de leur plus belle plume pour rejeter la faute sur les immigrés. Hélas, sans succès :

Capture Figaro

Le chat reconnait la voix de son maître, il choisit juste de l’ignorer (20 Minutes)

Je fais partie de ces maîtres qui reconnaissent le miaulement de leur chat et obéissent au moindre de ses ordres. C’est plus fort que moi.

Consommation de drogues chez les jeunes : quels sont les risques ? (Metro News)

Qu’il en reste moins pour les types qui, comme moi, sont entre deux âges.

Retour de Burger King en France : et vous, qu’en pensez-vous ? (Metro News)

Dynamite

Don du sang : des mesures de sécurité « très élevées » (Metro News)

Il est, par exemple, totalement interdit à Laurent Fabius de s’approcher d’un centre de transfusion sanguine.

Faut-il croire aux orgasmes cérébraux provoqués par Internet ? (Atlantico)

Je suppose que oui puisque mes lecteurs et lectrices en éprouvent parfois.

Tiens, je n’ai pas parlé de Copé.

Le musicien qui n’amassa pas mousse

Billie Joe Becoat, à l’image de Sixto Rodriguez, est un musicien américain des années 60, plutôt talentueux, que le succès a complètement déserté.

Mais la comparaison avec Rodriguez s’arrête là car Becoat, contrairement à son alter ego, n’a jamais connu et ne connaîtra probablement jamais de miraculeux retour en grâce. Il n’est aucun public, dans quelque pays lointain, qui l’ait secrètement maintenu en vie et ses chances d’être libéré un jour prochain des oubliettes de l’industrie de la musique pour être ramené sous les feux de la rampe sont inexistantes.

Becoat, dont la discographie a disparu de tous les catalogues, baigne dans une telle obscurité, est le sujet de tellement peu d’articles que découvrir avec certitude ce qu’il est advenu de lui après que ses deux albums aient fait un flop n’est pas franchement simple. Si, pour Rodriguez, la difficulté consiste à faire la part entre les faits et la légende, il en va tout autrement pour Beacot car, dans son cas, il n’existe presque aucune info. Et encore moins de légende. La quête de ce musicien mène le chercheur qui ne dispose que d’Internet pour arriver à ses fins sur un territoire de rumeurs, de on-dit et de ouï-dire qui, bien que rares, sont autant de buissons épineux auxquels il s’accroche inutilement.

Je vais vous faire grâce du ragot selon lequel Becoat, incapable de s’acclimater à quelque boulot « normal » que ce soit, serait devenu un musicien des rues. Cette version, aussi romantique soit-elle et aussi probable puisse-t-elle paraitre de prime abord, ne repose sur rien, hormis sur ce qu’un critique a supposé du caractère du musicien à l’écoute de ses textes vingt ou trente ans après leur composition.

Il se pourrait fort, voyez-vous, que la vérité soit bien plus prosaïque : si l’on doit en croire des journaux consacrés aux brevets techniques, un obscur magazine de sports et un annuaire de l’Illinois, Billie Joe Becoat serait finalement devenu l’inventeur d’un vélo à deux roues motrices.

Rembobinons la vie de Becoat et reprenons-la en lecture normale, telle que je crois l’avoir très approximativement reconstituée d’après la poignée de sources susmentionnée : vers 1970 ou 1971, déçu par l’insuccès de ses deux albums et par la Californie, grillé par l’abus de LSD, incapable d’écrire une ligne ou d’imaginer un accord, sans plus de maison ni peut-être d’argent, Billie Joe Becoat reprend le chemin de son Illinois natal avec sa femme et sa fille. Après avoir exercé différents métiers ayant apparemment trait à la mécanique ou à la construction, il a un jour une illumination en réparant le vélo de son fils : inventer une bicyclette à deux roues motrices. Ce que, si l’on en juge par le dépôt de plusieurs brevets dans les années 80 et 90 et les plans ci-dessous, il réussit parfaitement (il se pourrait toutefois, pour autant que je sache lire des brevets et que ceux que j’ai vus aient été à jour, que les frais afférents, malgré des rappels et un délai de grâce, n’aient pas été renouvelés au bout de 4 ans comme la loi l’exigeait. Ce qui, à priori, ne ressemble pas à une bonne nouvelle. A noter toutefois que, selon une gazette locale de l’Indiana, tout allait bien pour lui en 2007).

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Mais, pour en revenir à sa musique, car c’est cela qui nous intéresse au-delà de ce que fut ou ne fut pas sa vie, Becoat a donc publié deux albums, l’un – que je possède – en 1969 (Reflections From A Cracked Mirror) et l’autre, dont j’avoue n’avoir découvert l’existence que ce matin, en 1970 (Let’s Talk For A While). Ces deux albums ne sont, à ma connaissance, disponibles nulle part, ni en CD ni au téléchargement (sauf, peut-être, au téléchargement illégal – et encore, je ne parierais pas ma chemise que vous les y trouviez. En tous cas, pas sans difficulté). Il n’y a plus guère que sur le marché du vinyle d’occasion que l’on puisse, si l’on a le cul vraiment bordé de nouilles, s’en procurer un des rares exemplaires existants.

La bonne nouvelle (il en faut une, non ?), c’est que, ce matin, assez persuadé que je ne contrevenais à aucune loi puisqu’il n’est plus sur aucun catalogue, j’ai mis la totalité de Reflections From A Cracked Mirror en ligne sur YouTube. Je vous en livre ici deux morceaux, parmi mes préférés. Vous pourrez toujours aller sur mon compte Youtube pour écouter les huit autres morceaux de l’album si l’entrée que je vous propose maintenant vous titille les papilles.

Compas dans l’oreille, racisme low-cost et autres bruits de chiottes

Sondage : les Français favorables à une baisse des dépenses publiques (Nouvel Obs)

Moi, je suis pour une baisse drastique des dépenses de sondages : les enquêtes commanditées par l’état (ou ses différents avatars) font augmenter les impôts, celles commanditées par la presse écrite ou télévisée ont une incidence négative sur le prix des journaux ou sur le nombre de spots et de bannières publicitaires qu’il nous faut subir et celles réalisées pour le compte d’entreprises aggravent le coût de leurs produits ou le tarif de leurs services.

Sans compter que je ne vois pas où est l’intérêt de m’exposer, sous forme de pourcentages, de courbes et de camemberts, ce que je pense ou pourrais penser sur tel ou tel sujet. La plupart du temps, c’est là l’énorme avantage qu’il y a à détester tout un tas de trucs, je sais parfaitement où j’en suis. Je suis également tout à fait opposé, pour une question de respect de la vie privée, à ce que les opinions que l’on me suppose soient divulguées à des millions d’individus que je ne connais pas et qui ne savent probablement pas que j’existe. Je ne vois pas en quoi cela pourrait les intéresser alors que, moi, j’ai la décence de me foutre de leur avis. Je vis aussi très mal de voir mes idées et mes jugements amalgamés à ceux de créatures qui votent Marine Le Pen, écoutent Johnny Hallyday ou s’assurent à la MAAF.

Et puis je hais les sondeurs. N’y a pas plus sotte occupation que celle-là. Elle est même tellement crétine qu’il n’y a pas un enfant sur terre qui connaisse son existence. C’est là un signe qui ne trompe pas. Dans la cour de récréation, nous avons tous rencontré des mômes qui voulaient être pompier, marin, électricien ou star du rock mais aucun de nous, j’en mettrais mes cahiers au feu, n’a jamais croisé la route d’un gosse, même bigleux et couvert d’acné, qui rêvait d’être sondeur. C’est du reste fort heureux. Dans mon école, pas que nous étions violents mais nous avions un sens aigu de la correction, nous aurions pendu à un arbre au fond de la cour, non sans lui avoir planté un compas dans chaque oreille, le premier moutard qui nous aurait assurés vouloir gagner sa vie en nous téléphonant pendant le dessert ou au début du film.

Tirs à Libération : « Une attaque contre la liberté de la presse » (Le Monde)

De Hollande à Le Pen en passant par Copé et les autres sangsues, ils y vont tous de leur couplet. Qui est « choqué », qui est « indigné », qui est « inquiet », qui est « révolté » par cette attaque. N’empêche que, dès que la presse abandonne son rôle de support publicitaire pour en revenir aux fondamentaux et dénoncer leurs magouilles et leurs mensonges – ou les magouilles et les mensonges des industries, des banques et des différentes entités qui sont leurs marionnettistes et leurs ventriloques – ils la mettent sur écoute, cherchent à pondre des lois qui obligent à divulguer ses sources, l’accusent de tout sortir de son contexte, la poursuivent en justice ou, parce qu’au final c’est ce qui est le plus efficace, l’achètent.

La « liberté de la presse », ces ordures et toutes celles qui fréquentent les mêmes salons et les mêmes pissotières s’en félicitent tous les jours, n’est qu’une expression par laquelle on entretient l’illusion de la démocratie. Pour me convaincre du contraire, et ça ne va pas être facile, il va falloir me démontrer que le contrôle de Libération par un Rothschild ou la mainmise de Dassault sur Le Figaro est une garantie de liberté. Dans certains cas, la chaîne TF1 du bétonneur Bouygues en est un parfait exemple, il va même falloir me prouver que « presse » est le qualificatif qui convient.

Ceci dit, la presse n’est pas que victime d’intérêts qui la dépassent, la pervertissent ou se l’approprient. Il suffit, par exemple, de regarder la tronche d’un Franz-Olivier Giesbert ou celle d’un PPDA pour s’assurer qu’elle abrite en son sein des hommes et des femmes qui seraient plus à leur place sur un trottoir pour y vendre leur cul ou y ramasser les poubelles.

Plus de 13 millions de visites dans les sanisettes parisiennes (Le Parisien)

Dites-vous que cette information, dont vous ne saisissez peut-être pas bien l’importance, est l’illustration et la garantie que vous vivez dans un pays libre.

Municipales 2014 à Marseille : Stéphane Ravier, candidat frontal (Le Parisien)

Première fois de ma vie que je vois l’adjectif « frontal » utilisé pour qualifier un candidat du Front National. Moi, en hommage à la famille qui dirige le parti depuis sa création et en référence au domaine dans lequel elle s’est le plus distinguée, j’aurais opté pour « pénal ».

Copé : « Faire croire au péril raciste, c’est un écran de fumée » (Le Parisien)

Ce ne serait pas ce crétin qui, il y a peu, voulait faire croire à la France entière que manger un pain au chocolat pendant l’été et le ramadan était une activité à très haut risque pour tous les écoliers qui fréquentent des écoles fermées à double tour pour cause de grandes vacances ?

Hollande : « Pourchasser, lutter, éradiquer le racisme et l’antisémitisme » (Le Figaro)

Décortiquons cette phrase : si « pourchasser le racisme et l’antisémitisme » et « éradiquer le racisme et l’antisémitisme » sont possibles d’un point de vue grammatical, « lutter le racisme et l’antisémitisme » est, par contre, nettement plus difficile.

Vous noterez aussi la distinction entre le racisme et l’antisémitisme. Ce n’est pas tant que le dernier soit totalement différent du premier mais il en est une version de luxe qu’il convient de distinguer. Un peu comme dans les supermarchés où les produits bas de gamme occupent l’étage inférieur des rayons tandis que ceux d’une qualité supérieure ou dont on fait la pub en veux-tu en voilà à la télé sont placés à hauteur des yeux du chaland.

Dans les toilettes d’Orly, le panneau qui dérange (Le Monde)

Incroyable que l’on puisse encore, en 2013, représenter une femme en train d’étrangler un bébé alors qu’elles sont de plus en plus nombreuses, du fait de leurs carrières professionnelles, à ne jamais porter la main sur leurs enfants.

Toilettes-Orly

L’étrange forme « vaginale » d’un stade de la coupe du monde 2022 au Qatar (Le Monde)

Ce doit être pour motiver Ribéry, Benzéma et tous les autres michetons à se bouger le cul.

Un tiers de l’humanité n’a pas accès à des toilettes (Le Figaro)

Que cette partie-là de l’humanité se réjouisse : si elle n’a pas accès à des toilettes, il se pourrait donc qu’elle n’en soit pas issue.

Jean-Marie Le Pen : Taubira « anti-française » (Le Point)

Tandis que lui, qui profite que le lynchage de Taubira batte son plein pour y aller de son petit coup dans les côtes, est très certainement l’archétype du preux et noble Français.

L’arsenal chimique syrien pourrait être détruit en mer (Le Figaro)

Renvoyer l’arsenal chimique à ceux qui l’ont fourni ou le détruire dans le jardin de celui qui l’a voulu – et à ses frais, bien sûr – sont deux solutions qui offraient bien trop de logique pour avoir une chance d’être retenues.

Un tribunal autorise le cannabis thérapeutique (Le Figaro)

« Le tribunal d’Avignon a relaxé un homme qui consomme de la marijuana pour soulager une maladie rare. »

Le parquet, qui ne nie pas que « ce monsieur connaisse de graves difficultés », a fait appel et va tout faire pour que ni « ce monsieur », devenu incapable de travailler à cause de « douleurs atroces », ni un autre dans la même situation ne puisse plus cultiver de l’herbe car… [roulement de tambour]… « c’est illégal ». Na ! Que le cannabis soit le seul traitement efficace dans certains cas et que les cannabinoïdes s’apprêtent à faire leur entrée prochaine dans la pharmacie française (2015) comme ils l’ont déjà fait dans celles de 18 pays de l’UE n’a aucune espèce d’importance pour l’archaïque parquet d’Avignon : le règlement, quand bien même il vivrait ses dernières heures, c’est le règlement et il doit être suivi au pied de la lettre, peu importe que la maladie et la douleur fassent de votre vie un enfer. En tentant d’échapper à l’une et à l’autre par le biais d’une plante verte, vous ne pensez qu’à votre petit confort personnel et vous avez un effet délétère sur la bonne santé de tout le corps social.

Il n’est pas seulement urgent de légaliser le cannabis thérapeutique (et le cannabis récréatif !). Il faut aussi, sans plus attendre, moderniser la justice et remplacer le parquet par de la moquette.

[Message à celui et à celle qui, fin septembre, ont promis de me donner le surplus de leur récolte : z’attendez quoi pour venir manger une rondelle de saucisson ?]

Ni prison pour les hommes, ni démantèlement pour les banques : mais pourquoi les banquiers s’en sont-ils aussi bien sortis après la crise ? (Atlantico)

Parce qu’ils gouvernent. Ce qui, du reste, est une conséquence du libéralisme qui sert d’évangile à Atlantico.

Question suivante.

Laurent Fabius : la Centrafrique est « au bord du génocide » (Le Parisien)

Quel est déjà le nom de ce pays européen qui, depuis le dix-neuvième siècle, y dispose de bases militaires et s’y mêle de tout, depuis l’exploitation des ressources jusqu’à la formation et le renversement des gouvernements ?

Mondial 2014 : pas de primes de qualification pour les Bleus (Le Parisien)

C’était bien la peine qu’ils se mettent enfin à jouer collectif si, au final, ce sont leurs putes qui doivent faire moins de passes.

Tectonique des claques et dérive des incontinents

Football : la France sombre en Ukraine et se complique la vie (Var Matin)

En 90 minutes, Hollande, qui en a bien besoin, vient de rallier plusieurs millions de Français à son idée de taxe à 75 % sur le football. Si j’étais lui, j’en profiterais pour proposer des matchs de 75 minutes et une taxe à 90 %.

Un homme armé fait irruption à BFMTV et menace des journalistes (Le Progrès)

Qu’un téléspectateur sorte enfin du coma et trouve, dans les locaux de BFMTV, quelque chose qui ressemble à des  journalistes tient du double miracle.

Tensions affichées entre Israël et les Etats-Unis au sujet de l’Iran (RFI)

Tiens, RFI s’est laissée prendre au numéro du gentil flic / méchant flic.

Une passante à Nicolas Sarkozy : « Ne nous abandonnez pas ! » (Francetvinfo.fr)

On aurait pu croire qu’il aurait été touché par le cri du cœur de cette épave et qu’il se serait fendu d’un ou deux des euros qu’il a récoltés à droite et à gauche (mais surtout à droite)… Ben, même pas.

Minute se défend de tout racisme (Le Monde)

Selon le patron de ce torchon, comparer une ministre noire à un singe tient du « comique bien français ».

Je n’y connais pas grand-chose en traumatismes infantiles mais je me demande tout de même s’il ne faudrait pas rechercher l’origine du racisme de ce type dans le fait qu’il a plusieurs fois surpris sa mère en train de sucer les bites africaines qu’elle venait de s’extirper du cul. Il est également tout à fait possible qu’il ait cru que son père filmait ces scènes afin de réunir des preuves en vue d’un divorce.

Il est évident que je fais dans le « comique bien français » et que je me défends de toute insulte.

Une élue UMP suspendue après avoir publié une caricature raciste de Taubira (BFMTV)

« Tout ça parce qu’elle est de couleur Mme Taubira, d’un seul coup il y a des trucs qui ressortent et on est traité de raciste. Non, on n’est pas raciste. C’est une photo qui passait de page en page sur Facebook et que j’ai mis sur la mienne, et que j’ai complètement oublié d’enlever. Moi, j’ai trouvé que remplacer le petit noir par Mme Taubira c’était drôle, quoi. Je ne comprends plus. Aujourd’hui en France on ne peut plus rien dire, rien faire… »

Vous avez raison, Madame Declerck, de combattre la censure, le politiquement correct et de défendre la liberté d’expression totale. Je vous approuve et vous soutiens. J’irais même jusqu’à dire qu’il est d’autant plus important, maintenant que vous êtes suspendue la tête en bas par ceux qui voudraient que vous la fermiez, que vous gardiez la bouche grande ouverte. Cela vous donne un air d’urinoir qui convient bien à votre teint de porcelaine.

Signé : un ardent défenseur d’une France où l’on pourrait tout dire qui espère très fort que vous ne rirez pas jaune si, par hasard, vous deviez lire ces lignes entre deux mictions.

Ce qu’il faut retenir du repas de Sarkozy à l’Assemblée (Europe 1)

Dans la mesure où ce sont certainement les contribuables qui ont payé la note, ce qu’il faudrait en retenir, sur ses gras émoluments d’ex-président, c’est le prix.

Israël appelle la France à ne pas « fléchir » face à l’Iran (Le Monde)

La France jamais ne fléchit. Elle rompt et rompt, petit patapon.

Croyez-vous encore à la qualification des Bleus pour le Mondial au Brésil ? (Le Parisien)

Si l’on sélectionne Sarkozy, tout devient possible.

UMP : la chasse au Copé est ouverte (Nouvel Obs)

Chaque fois que je vois Copé, allez savoir pourquoi, je me dis que toute ressemblance avec un type ayant déjà existé ne pourrait être que fortuite. Et puis je regarde la liste des membres de l’UMP et je me demande d’où je peux bien sortir cette idée saugrenue.

Peine de mort : la Chine annonce un assouplissement (Nouvel Obs)

Elle va désormais utiliser des balles en caoutchouc.

Une filière jihadiste vers la Syrie démantelée dans le Val-de-Marne (Nouvel Obs)

N’est-il pas curieux que l’on démantèle en France ce que l’on arme et finance en Syrie ?

Mondial 2014 : le Brésil s’éloigne pour les Bleus (Le Monde)

C’est la conséquence de ce qu’on appelle tectonique des claques et dérive des incontinents.

Un jeune Français sur cinq a un parent immigré – Insee

Bien que je ne sois plus très jeune, c’est également mon cas : ma grand-mère maternelle était originaire de cette Espagne championne du monde et d’Europe de football et son mari, mon adorable grand-père pince-sans-rire, a débarqué tout droit de ce Portugal qui, hier soir, a battu la Suède.

Côté paternel, ils sont tous Arvernes et, bien qu’ils aient finalement perdu à Alésia, ils sont les derniers à avoir inscrit une victoire militaire au palmarès de la France. Cela se passait sur la pelouse de Gergovie.

Il tue un nonagénaire et mange sa langue et son cœur : que s’est-il passé ? (Sud-Ouest)

Il n’a pas dû lire la date de péremption.

49,9% : la part des Français qui seraient prêts à quitter la France suite au contexte social (Atlantico)

Tiens, tiens, tiens. Le Français, qui ne parle quasiment aucune langue étrangère, qui ne sort guère de son pays que pour des séjours que d’autres lui organisent et qui ne le fait qu’à la condition qu’il aura droit à un steak-frites au moins deux fois pendant les 10 jours, voudrait nous faire croire – et se convaincre, peut-être – qu’il a les couilles suffisamment bien accrochées pour une expatriation et tout ce que représente un tel saut dans l’inconnu. Désolé mais je n’y crois pas une seule seconde. En tous cas, pas pour la moitié d’entre eux. Ni même pour le quart. Ou alors ils confondent « être prêt à » et « rêver de ». D’un côté autre, il faut signaler que le sondeur et son commanditaire admettent que « les résultats ont été redressés pour être représentatifs en termes de région, sexe et âge (dispersion des professions) ». Autrement dit, il se pourrait que ces malhonnêtes n’aient interrogé que des cadres supérieurs multilingues, sexuellement actifs, plutôt jeunes et originaires de régions urbaines et qu’ils aient tordu les chiffres jusqu’à ce qu’ils correspondent à ce qu’ils voulaient entendre.

A noter que 20 % de ces sondés – mais peut-être croient-ils, tant le nom a une sonorité qui évoque des percussions, que DOM-TOM est un pays africain – veulent quitter la France pour aller en France.

A noter également que, malgré le caractère peu scientifique du schmilblick, il est absolument impossible d’un point de vue statistique qu’il n’y ait pas quelques anti-immigration parmi ces candidats à l’émigration. On aurait cependant tort de leur faire un procès puisque le sondage ne portait pas sur la cohérence.

« La France est un pays qui ne résigne jamais, c’est un pays qui avance » – François Hollande

Si l’on devait fusiller tous les politiciens qui sortent des conneries dans ce genre et dans tous les genres apparentés, il faudrait certainement que l’on importe des munitions. D’un autre côté, je m’en fous comme de la débâcle de l’an 1940 et de mon premier verre d’eau de Vichy.

Racisme contre Taubira: le FN parle d’un écran de fumée « grossier » (Le Parisien)

« C’est tout simplement ridicule. Lorsque Marine Le Pen a été traitée de ‘truie’ par l’extrême gauche, nous n’en avons pas fait un tel sujet », Florian Philippot (n° 2 ou 3 du FN).

Ah bon ? Moi, j’ai plutôt le souvenir que le FN, après s’être répandu en larmes dans toute la presse comme à son habitude, s’est dépêché de porter plainte pour injure publique. Comme c’est également son habitude. Et puis j’ai lu, pas plus tard que la semaine dernière, un communiqué officiel dans lequel le FN disait engager « une procédure judiciaire contre Madame Taubira pour faire respecter les règles du débat démocratique et républicain ainsi que l’honneur des millions de Français qui votent pour [le FN, ndlr] » parce qu’il parait que « rien ne justifie l’expression d’une telle haine à l’encontre d’un parti tout entier et de ses millions d’électeurs ».

Bref, non seulement ce Philippot a la mémoire courte mais il est également un hypocrite puisque, avec ses actions judicaires totalement déplacées contre la victime, son propre parti contribue à entretenir le « tel sujet » dont il se plaint aujourd’hui de la prépondérance dans la presse. N’en déplaise à ce crétin mais répondre aux salauds qui viennent de vous traiter de singe et de guenon, comme l’a fait très justement Madame Taubira (que, de par ailleurs, je n’aime pas particulièrement), n’outrepasse en rien « les règles du débat démocratique et républicain ». Il y a même fort à parier que cela en fasse légitimement partie. Ce qui outrepasse toutes les bornes et tous les critères de santé mentale, c’est que Philippot voie quoi que ce soit qui puisse s’apparenter à un « débat démocratique et républicain » qu’il faudrait respecter dans le chapelet d’insultes racistes qui résume de plus en plus l’essentiel du programme FN . De toute façon, pour qu’il en soit à croire que ceux qui balancent le plus gros de ces insultes puissent recéler de « l’honneur », même sous forme d’échantillon, faut qu’il en tienne une sacrée couche.

Faux et usage de faux

Jadran Boban_Victory

La barbe des poils !

14-18 : Copé loue le discours de Hollande (Le Figaro)

Copé, c’est un peu le Reader’s Digest de la politique : qu’il loue le discours de Hollande vous donne une idée très précise de la crétinerie de ce discours sans que vous ayez à le lire dans sa totalité.

Accordons toutefois à Hollande que commémorer un casse-pipe, quel qui soit, pousse à dire des crétineries. Voir de l’honneur dans les viscères sanguinolents de gamins de vingt ans est un exercice impossible. Il ne se peut pas et ne se pourra jamais que l’assassinat de toute une génération, sur l’ordre de vieilles badernes qui se tinrent loin de l’arène, recèle quelque dignité que ce soit.

Commémorer une boucherie industrielle qui doit tout au patriotisme en exaltant encore un peu plus le patriotisme (« renouveler le patriotisme ») ou, tout au moins, en disculpant celui-ci de son évidente responsabilité au prétexte qu’il serait la face saine et glorieuse du méchant nationalisme n’a, de mon point de vue, pas plus de sens que de condamner la pneumonie en faisant l’apologie de la bronchite.

Commémorer une boucherie industrielle sans mettre une seule fois en accusation ceux qui en furent les commanditaires et ceux qui, usant de leur imagination perverse et de leurs moyens de production, la rendirent possible et en tirèrent les plus grands profits est aussi ridicule que d’organiser une marche blanche en mémoire de quelque victime tout en amnistiant les coupables.

La guerre de 14-18, contrairement à ce que l’on nous dit tous les ans depuis un siècle, n’a révélé ni « force » ni « audace » du soldat en particulier ou de l’humanité en général. Elle ne fut que la manifestation éclatante de sa folie furieuse, de sa faiblesse de caractère, de sa petitesse, de sa nature de « grand troupeau » (dixit Jean Giono). Les nations qui y prirent part n’ont rien à envier, de par leur comportement, aux foules les plus cinglées qui se rassemblent dans des stades pour soutenir une moitié des individus qui assurent le spectacle et tenter d’assommer l’autre dès que l’occasion s’en présente. La bêtise est la même, seule l’échelle et les conséquences sont  différentes.

La guerre de 14-18, c’est une évidence pour qui a lu un ou deux bouquins sur la question, n’a rien à voir avec 39-45, son deuxième acte en noir et blanc. Ce fut un conflit qui n’opposa que des agresseurs ivres de chauvinisme et malades de l’arrogance et de la bêtise qui découlent du chauvinisme. Tous les adversaires étaient également fous – fous de ce patriotisme que l’on tente de réhabiliter tous les mois de novembre alors même qu’on devrait l’assommer à grands coups de pelle et l’enterrer au plus profond. Tous les adversaires étaient également fous qui voulaient voir quelque caractère sacré dans le chiffon bariolé dont les nations aiment à décorer leur périmètre.

Bien que les présidents mentionnent désormais dans leurs discours ampoulés les pauvres bougres que l’on a fusillés pour l’exemple, ils en sont toujours à célébrer la machine de mort aveugle, ses symboles, ses valeurs et ses devises vides de sens plutôt que les individus décillés qui finirent par trouver le courage de refuser le combat et que l’on assassina afin qu’ils ne contaminent pas autour d’eux. Et l’on se demande combien de siècles il faudra encore avant que nos présidents, nos ministres ou nos rois ne voient ou ne trouvent la force de dire que, face à un massacre, le seul être humain qui mérite d’être admiré est celui qui, parce qu’il veut vivre et laisser vivre, refuse d’y participer.

Oui, on se demande combien d’années il faudra encore avant qu’ un président décrétinisé n’articule l’évidence : « 14-18 fut une folie qui doit tout à ce que l’on vous dit ad nauseam de considérer comme sacré – sol, drapeau et mythes – et à ceux que l’on vous dit de respecter et de suivre au prétexte fallacieux qu’ils seraient votre voix et que, s’ils appellent à la guerre, c’est que vous-même, même si vous n’en saviez rien, voulez éviscérer ou être éviscéré plutôt que de continuer à mener la vie normale qui, jusque-là, était votre quotidien et n’impliquait ni meurtre ni sacrifice suprême. Ne croyez rien de ces balivernes. Le sol est un hasard, le drapeau est un torchon, les mythes sont très exactement ce que le dictionnaire en dit et la mort, qu’on la subisse ou qu’on la donne, n’est pas une sortie dont on revient. Gardez aussi à l’esprit, toujours, que les gens qui vous envoient mourir ou tuer, quels que soient les mots doux dont ils usent pour ce faire, ne vous veulent pas du bien. Vous veillerez désormais, car il en va de votre vie et d’autres qui sont aussi précieuses, à voir un ennemi dans celui qui vous donne un fusil et un ordre. De toute façon, s’il vous voulait du bien, il vous donnerait un marteau, une canne à pêche, une charrue ou quelque autre outil productif. Au pire, il vous foutrait la paix. Vous refuserez et le fusil et l’ordre. Ou bien, et je serais le dernier à vous en vouloir, vous prendrez le fusil et en userez immédiatement sur celui qui vous l’a tendu. Ne voyez là aucune contradiction avec ce que je vous ai dit précédemment : éliminer une poignée de doryphores pour sauver un champ de pommes de terre est une pratique qui, plus qu’acceptable, est recommandée. Les 20 millions de morts et les 20 millions de blessés de la première guerre mondiale, c’est une des plus importantes leçons qu’il faudrait en retenir, eurent pu être aisément évités par la liquidation de quelques centaines d’individus, voire moins, qui tous avaient de beaux vêtements, des titres ronflants et des symboles plein la bouche. 

Nous ne commémorerons plus jamais la guerre, ni son déclenchement ni sa fin. Il ne sert à rien de s’en rappeler. L’homme est un animal qui ne retient guère ses leçons. Nous retrouver devant des noms gravés dans le marbre froid et répéter ‘der des ders’ ou ‘plus jamais ça’ ne changera jamais rien. Savoir de quelle horreur nous venons ne nous empêchera pas d’y retourner. Nous recommencerons toujours, nous tuerons encore. Nous avons déjà recommencé, nous tuons à nouveau. Moi, je n’en peux plus d’être un hypocrite. Je ne veux plus leurrer, je ne veux plus me leurrer. Je veux plus aller devant un monument et dire à des types qui ne sont plus qu’ils ne sont pas morts pour rien et que la patrie leur est reconnaissante. Ils sont morts pour rien et la patrie qui se voudrait aujourd’hui leur obligée est celle-là même qui les a condamnés. Bon dieu, je n’ai jamais rien vu d’aussi absurde que d’envoyer des hommes contre des hommes en usant du prétexte que, s’ils veulent continuer à être ce qu’ils sont déjà et qui serait parfaitement préservé s’ils en restaient là, ils doivent massacrer sans faillir et mourir sans trembler.

Non, mes chers concitoyens, nous ne commémorerons, nous ne célèbrerons plus aucun bain de sang passé. Il en va, au regard des inévitables bains de sang à venir, de notre crédibilité. Nous allons abolir ces jours où l’on exalte drapeaux, hymnes, devises et les innombrables vies qu’ils ont brisées. Et si quelque réfractaire fait malgré tout mine de les glorifier, nous l’assommerons à grands coups de pelle pour lui apprendre à nous foutre la paix. »

Verdun_Ravin de la mort

Plus de la moitié des Français constatent une hausse du racisme en 10 ans (RTL)

Les autres, qu’ils soient blancs ou noirs ou entre les deux, ne sont pas récemment passés devant un miroir et n’ont donc rien constaté.

« Fusillés pour l’exemple » : une majorité de Français pour leur réhabilitation (Le Monde)

Ne nous faisons aucune illusion : si nous étions actuellement en pleine boucherie, les mêmes réclameraient l’exécution des déserteurs et autres réfractaires et les traiteraient de lâches ou de traitres à la patrie.

Café Georges : les moches au fond, merci (Next – Libération)

Cela ne vient pas du prénom. Je connais un type qui s’appelle Georges et jamais il ne placerait les moches au fond de son café. Il a d’ailleurs, dans une autre vie, été le tenancier d’un café où, parce qu’il n’y avait pas de fond que l’on put toucher, j’allais boire pour ne pas perdre pied.

« La France est émiettée, la France est humiliée, la France est blessée, la France est déchirée » (Brice Hortefeux)

Pire encore : Herr Hortefeux, que nous avons autrefois connu sous les traits d’un barbare formidable caracolant dans les steppes avec, en travers de la croupe du cheval qu’il montait à cru, le cadavre de la femme vaincue qu’il venait de violer et se proposait d’honorer à nouveau à la prochaine étape, est maintenant un geignard désagrégé, mortifié, mutilé et décousu qui use et abuse des synonymes comme un vulgaire blogueur.

Jane Birkin : « le silence autour de Taubira est alarmant » (Le Monde)

Et oui, les temps sont tels que prendre ouvertement la défense d’une Noire qui vient d’être traitée de guenon tient de la collaboration avec l’ennemi.

A une époque où porter une barbe après trois ans de captivité fait de vous un islamiste, où dire de l’extrême-droite qu’elle est l’extrême-droite peut vous valoir un procès en diffamation, il vaut mieux rester prudent, c’est-à-dire imberbe et silencieux.

De retour en Martinique, l’ex-otage Thierry Dol sort de son silence (20 Minutes)

Noir, bavard et barbu, ce mec-là va forcément s’attirer la suspicion. Qu’il se baisse pour ramasser les clés qu’il aura laissé tomber sur un trottoir et je ne serais pas étonné que certains l’accusent de faire sa prière dans l’espace public.

La pratique de votre religion a-t-elle déjà été à l’origine de conflits avec votre employeur ? (20 Minutes)

Non, jamais. Mais il faut dire que j’essaie tout autant d’éviter la pratique de la religion que la fréquentation de mon employeur.

Le chef d’Al-Qaïda affirme qu’Al-Nosra est sa branche en Syrie (20 Minutes)

Ce ne serait pas également la nôtre ?

Bonnets rouges : 57 % des Français veulent la fin du mouvement (Atlantico)

En ce qui me concerne, je souhaite qu’ils continuent le plus longtemps possible : tant qu’ils manifestent, ils ne produisent pas de ces merdes qu’ils nous vendent sous les appellations porc, poulet ou œufs. Et puis, connaissant les gus, je redoute qu’ils ne demandent une énième subvention pour faire face aux frais qu’entrainerait leur dissolution.

Condamnée parce qu’elle montrait des pornos à ses enfants (Nouvel Obs)

Moi, au retour de l’école, ma mère m’obligeait à visionner des mathématiques et des successions de chiffres obscènes. Elle n’a jamais été inquiétée. Pourtant dieu sait que, par mes notes minables, j’ai envoyé maints signaux de détresse.

L’art de droite ou cochon breton ?

La Bretagne à la pointe du ras-le-bol (Libération)

A la pointe du ras-le-bol fiscal, bien sûr.

Si j’étais Président de la République, et je serais alors très certainement le meilleur de tous depuis ce Vercingétorix dont je partage les origines arvernes, j’irais en Bretagne et, à tous ces Bonnets rouges qui en ont marre des impôts et des taxes, je dirais ces mots :

« Mesdames, Messieurs, je vous ai écoutés, je vous ai entendus, je vous ai compris et je vais être bref. Dès demain, je m’y engage solennellement, vous ne paierez plus ni impôts ni taxes. Vous pourrez dès lors acheter de plus grandes télés, de plus grosses bagnoles, les meilleures crèmes antirides et les toutes dernières lessives. Quant à vos enfants, vos chers enfants, les précieux enfants de la Nation, ils pourront désormais porter du Nike de la tête aux pieds. C’est dans du slip griffé qu’ils péteront. Leurs poches seront pleines d’iPads et d’iPods.

Oui, Mesdames et Messieurs, vous ne paierez plus d’impôts. Je l’ai dit et je le répète. Ecartez donc l’idée que vous puissiez être sujets à des hallucinations auditives ou à quelque révélation divine.

Vous ne paierez plus d’impôts, vous ne paierez plus de taxes mais, en contrepartie, l’Etat – qui est moi depuis que vous m’avez élu dans un élan magnifique – et L’Union Européenne ne vous verseront plus un putain d’euro en aides diverses et variées. Finies les subventions pour produire du poulet, de l’œuf et du porc industriels et rester compétitifs par rapport une concurrence mondiale qui, sans cela, vous boufferait tout cru. Finies les centaines d’euros de restitutions que vous touchiez par tonne de merde produite. Finis ces millions d’euros qui, dans certaines de vos entreprises, payaient jusqu’à trois fois les salaires annuels. Finie l’oxygène. Vous allez devoir user de vos petits poumons armoricains si vous ne voulez pas manquer d’air.

Oh mais n’aperçois-je pas, dans cette marée humaine que vous formez à mes pieds, les 340 employés de l’entreprise Tilly-Salco à qui les impôts que vous dénoncez aujourd’hui à juste titre ont permis de toucher quelques 60 000 euros par an et par salarié ? Si, si, ils sont là ces braves dont les impôts – les sales impôts, les terribles impôts, les mesquins impôts – ont payé, au bas mot, trois fois le salaire annuel pour produire de la volaille shootée aux antibiotiques.

Et, à côté d’eux, ne sont-ce pas les employés de Doux que je vois ? Oui, oui, ce sont bien eux. Mesdames et Messieurs les Doux, j’ose espérer que vous n’êtes pas venus protester ici avec, dans les poches, les 55 millions d’euros que les effroyables impôts vous ont permis de palper l’an dernier. Il pourrait y avoir des voleurs dans l’assistance, vous savez. A commencer par vos patrons, dont on me dit qu’ils pèsent plusieurs centaines de millions d’euros alors même que leur entreprise est en redressement judiciaire.

Ah, mais je vois également les saigneurs de ces porcheries dont on dit, sous le manteau bien sûr, que la moitié est en situation irrégulière par rapport à toutes les normes environnementales existantes. Remarquez que je ne vous en veux pas, Mesdames et Messieurs. Je vous en veux même tellement peu que je vais choisir de voir le bon côté des choses : tant que vous êtes là à manifester, vous ne balancez pas des nitrates en veux-tu en voilà dans les cours d’eau et dans la mer. D’ailleurs, parlons-en puisque nous sommes ici pour tout nous dire, quand il faudra payer l’énorme, le titanesque, le gigantesque coût de la dépollution de votre beau pays, ne comptez pas sur les impôts car, je l’ai dit, je le répète en détachant bien tous les mots : Vous. Ne. Paierez. Plus. Jamais. D’impôts. C’est chouette, non ? Au fait, combien avez-vous touché ces cinquante dernières années pour produire des cochons avec qui vous ne voudriez même pas être copains tant ils sont drogués ? Allez, dites-moi, ne soyez pas timides. Combien de centaines de millions d’euros d’impôts, de sales impôts, cela représente-il ? Hein ? Nan, je vous chambre. Tout ça, c’est fini. Quittons-nous bons amis. Vous pourrez toujours, quand le moment du grand nettoyage sera venu, demander à chacun de vos touristes d’enlever un mètre carré d’algues toxiques et de filtrer un litre d’eau. Moi, je serai aux abonnés absents. De toute façon, j’ai toujours préféré les cochons du Cantal et les œufs de mon voisin à votre immonde malbouffe. Que je vous dise aussi que, contrairement à ce qu’a pu laisser entendre mon crétin de premier ministre, un type que je vais faire fusiller dès mon retour dans la capitale, il est hors de question que la France paye pour toutes les dégradations que vous venez de commettre dans l’espace public. Cela alourdirait inutilement la fiscalité. Si vous trouvez preneurs, vous n’aurez qu’à vendre vos bonnets rouges pour éponger la facture.

Amis bretons, je suis venu vous le dire, vous vous êtes réunis pour l’entendre, les caméras ont convergé pour immortaliser ces paroles qui marqueront mon entrée dans l’histoire et votre sortie de la République : je vous fais grâce des impôts, je vous libère de vos chaînes, je vous affranchis, je fais de vous les Monégasques de la côte Ouest de l’Europe. Vive la Bretagne livrée à elle-même face à la concurrence du porc brésilien et du poulet thaïlandais ! Vive la Bretagne indépendante lancée en solitaire sur les flots de la mondialisation ! Je vous souhaite de produire encore et toujours plus de merde en barre mais, attention, la France, dont vous serez maintenant séparés par trois rangées de barbelés, ne se fournira plus chez vous pour des raisons sanitaires que vous comprendrez aisément. Non, ne pleurez pas, je vous en prie. Ce n’est pas la France qui vous enlève aujourd’hui les menottes fiscales que vous ne supportez plus qui, quand bien même elle vous aurait un peu trop pressés, vous a mis dans cette situation. Ce sont vos patrons, vos industriels qui vous ont mené au désastre. Produire par centaines de millions de tonnes des produits bas de gamme que d’autres pays vendent trois ou quatre fois moins chers n’a pas, n’a jamais eu et n’aura jamais le moindre sens. Et en produire toujours plus, dans une absurde fuite en avant, plus que crétin, est criminel. Si, si. Ce n’est ni Bruxelles ni l’Etat français qui vous ont assassinés. Au contraire, ils vous ont maintenus sous perfusion pendant des décennies. Grâce aux impôts dont vous ne voulez plus. Les coupables sont bien plus près de vous. Pour les reconnaitre, c’est du reste très simple : cherchez qui tient la télécommande qui anime votre colère.

Allez, mes amis, avant que je ne quitte votre pays dont l’air, il faut bien le dire, est empuanti par les déjections des millions d’animaux que les impôts français ont jusque-là nourris, entonnons ensemble une chanson d’adieu.

Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne. Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons. »

Algues_Bretagne

Taxe à 75% : quand Hollande promettait de ne pas augmenter les impôts des clubs (Le Parisien)

Si les footballeurs et les clubs pratiquaient leur sport de la seule manière dont il devrait être pratiqué, c’est-à-dire bénévolement, il ne serait pas nécessaire de les taxer. Bien fait pour leur gueule s’ils doivent aujourd’hui subir l’inconstance de l’homme qui voulait être président et qui, malgré qu’il le soit devenu, ne le sera jamais.

Crimes sexuels : le combat de Cécile contre les délais de prescription (Le Parisien)

Je suis assez d’accord sur le fait qu’il faut allonger les délais de prescription. Je crois cependant qu’ils ne doivent pas excéder la date de péremption des victimes. Disons, pour prendre un exemple concret, que le violeur d’une belle et fraiche jeune femme de 20 ans ne devrait plus être poursuivi après que sa victime ait atteint la ménopause. Voire bien avant si elle a grossi ou s’est enlaidie au-delà d’un certain barème.

Dans le cas des enfants victimes d’abus sexuels, on pourrait prendre pour limite le moment où ils obtiennent leur premier Smartphone.

L’ex-otage au Niger Daniel Larribe obligé de s’expliquer sur sa barbe (Le Parisien)

On a là un type qui a été retenu prisonnier par des crétins que rien ne différencie intellectuellement des cailloux parmi lesquels ils vivent. A son retour en France, après trois ans de captivité, SuperMarine l’accuse au micro d’une des radios les plus écoutées de France d’être devenu un islamiste tout simplement parce qu’il porte une barbe. Quelques heures plus tard, toujours devant des micros, et parce qu’elle sait très bien que la cohérence n’est pas ce qui intéresse le plus ses méchants petits électeurs, elle dénonce « l’instrumentalisation politique des libérations d’otages ». Que lui souhaiter d’autre qu’un peu de captivité chez les islamistes suivi d’un retour dans l’anonymat le plus total, seule et perdue sur le tarmac d’un aéroport de béton gris, de longs poils suspects sous les aisselles ?

La France devient-elle raciste ? (RFI)

Est-ce à dire qu’elle ne l’était pas ou qu’elle aurait cessé de l’être pendant un temps ?

Isère : l’adolescent lynché témoigne de son calvaire (TF1 News)

La suite s’intitulera : l’adolescent poursuivi par des journalistes en rut témoigne de son tourment.

Un os d’un jeune disparu en 1994 aurait été retrouvé (Le Parisien)

Ce jeune homme a disparu à Meaux, la ville dont Copé est le maire. On retrouve ses restes au large d’Antibes, où Copé aimait à barboter dans la piscine du trafiquant d’armes Takkiedine. Conclusion ?

Alimentation. 62 % des Français manquent d’infos sur ce qu’ils mangent (Ouest France)

Tout à fait. On pourrait d’ailleurs commencer, afin de mieux les informer, par tatouer « Origine Bretagne » sur ces morceaux de porc qui, quand vous les jetez dans la poêle, rendent autant d’eau que des cèpes bien moussus. Les consommateurs sauraient alors qu’ils ont tout intérêt à les faire cuire deux fois plus longtemps s’ils les veulent grillés plutôt que bouillis.

Un député UMP accusé de sexisme après une remarque sur Fioraso (Le Parisien)

Jusqu’à aujourd’hui, je ne savais pas du tout qui était Fioraso ni à quoi elle ressemblait. Mais, après avoir vu sa photo, j’hésite à croire que la remarque qui lui a été adressée eut quoi que ce soit de sexiste : elle n’a pas le physique pour.

Sexe. Le French lover, mauvais élève dans le lit des Européennes (20 Minutes)

Ça ne m’étonnerait pas que ce soient les Bretons qui fassent baisser la moyenne nationale avec leurs cochonneries bas de gamme.

Aurélie Filippetti démontre qu’elle est uniquement capable d’être la ministre de la Culture de gauche (Atlantico)

C’est possible mais, d’un autre côté, soyons réalistes, la culture de droite, de Mireille Matthieu à Michel Sardou, n’a pas besoin de ministre. Elle n’a peut-être même pas besoin du mot « culture ».

[Merde, je vais passer pour un gauchiste maintenant.]

« Il faut tout faire péter » : la colère sociale inquiète les députés (Nouvel Obs)

Bien que « tout faire péter » – sans oublier d’inclure dans le « tout » cette extrême-droite qui, tapie dans l’ombre, espère bien récolter les fruits de l’agitation – ait quelque chose de printanier qui me fait frissonner de plaisir, j’ai un mal fou à voir une « colère [purement] sociale » dans ce mouvement breton anti-écotaxe qui trouve son origine dans une curieuse collaboration entre le Medef (l’ennemi de tout ce qui est social), la grande distribution (marchands de poisons et assassins des centres-villes) et la FNSEA (syndicat, dixit un manifestant à bonnet rouge, des « responsables de la crise, à savoir les agriculteurs productivistes qui n’ont jamais réfléchi à l’avenir de l’économie bretonne »).

L’insalubre conduite des femmes au volant

Si les femmes étaient autorisées à conduire, cela nous le savions déjà depuis la très remarquable étude du « professeur » Kamal Subhi, un homme qui se voudrait pur esprit mais que l’existence d’une gent féminine condamne à d’horribles visions de muqueuses et de suintements et à des éjaculations diurnes totalement involontaires qui le ruinent en notes de pressing, l’Arabie Saoudite ne compterait plus une seule vierge dans les dix ans à venir. Jour après jour, semaine après semaine, sur les banquettes arrières, aux carrefours, dans les parkings et les culs-de-sac, les hymens sauteraient comme bouchons de champagne un soir de réveillon sur les Champs-Elysées et, une décennie plus tard, à raison de 3835,61 défloraisons par jour (j’ai fait le calcul), il ne resterait pas plus de Saoudiennes de première main dans le royaume qu’il ne reste de kleenex propres dans la poche d’un enrhumé vers 7 heures du soir.

De plus, bien que la perte de l’hymen qu’entraîne inévitablement le pilotage d’une voiture puisse passer totalement inaperçue vue de l’extérieur, elle a pour conséquence, cela aussi Subhi l’a magistralement démontré, de transformer les femmes en folles de sexes, le leur et celui dont la nature, connaissant leur faiblesse, ne les a pas pourvues personnellement. De créatures à peu près pensantes et bienpensantes qu’elles sont tant qu’elles assoient à l’arrière et que leurs pulsions intimes sont contenues par la fine et héroïque membrane qui leur est comme un voile intérieur, elles se transforment soudainement, dès lors que la pudique et translucide digue a cédé, en vagins ambulants qui ne vivent que pour débusquer des testicules et récolter la drogue dure que ceux-ci renferment.

On pourrait croire bien sûr, si l’on n’y réfléchissait pas mieux, que l’artère désormais ouverte à la circulation appelle au mouvement et au débit, que la veine gourmande excite la seringue débordante qu’est souvent l’organe masculin. Or, si cela coule de source chaude dans n’importe quel autre pays, il n’en est rien en Arabie Saoudite. Kamal Subhi a été formel sur ce point : dans son pays, les hommes ne goûtent ni les conductrices ni les femmes déflorées et encore moins, ce qui est peut-être pour lui un pléonasme, les conductrices déflorées. Ils goûtent même tellement peu les unes, les autres et la somme des deux que Subhi nous a assurés qu’ils choisiraient de se faire gays comme des pédés chrétiens plutôt que d’épouser une piétonne d’occasion (des Saoudiens qui se respectent et craignent dieu ne se mettent pas dans la peau de femmes que d’autres qu’eux ont tannée) ou une automobiliste neuve.

Kamal Subhi, hélas, ne nous a pas livré chaque étape du raisonnement qui l’a mené aux diverses conclusions qu’il a tirées et on ne peut s’empêcher de penser que, dans sa précipitation à finir son étude avant que le pressing de son quartier ne ferme, il a sauté allègrement plusieurs marches parmi les plus importantes. On ne peut que se demander, par exemple, qui pourrait bien dévirginiser 3835,61 conductrices nouvelles par jour pendant dix ans puisqu’il a nous assurés que les Saoudiens préféreraient fourrager dans le coffre d’autres Saoudiens plutôt que d’avoir quoi que ce soit à faire dans la conduite intérieure d’une femme au volant.

Mais, aussi dément soit-il, si l’Arabie Saoudite ne comptait qu’un seul type du calibre de Subhi, elle serait une terre saine plutôt que sainte. Malheureusement, les fous de dieu y pullulent en quantités inversement proportionnelles au nombre de femmes qui sillonnent les routes, une fleur vorace entre les jambes.

Le Cheikh Saleh al-Lehaydan, personnage dont je ne serais pas étonné d’apprendre qu’il est un pote de mosquée de Kamal Subhi, est une autre de ces lucioles qui a la lumière du jour pour pire cauchemar. Les illuminés, accordons-leur cela, sont des gens qui ont parfaitement compris que seule l’obscurité les met en valeur et leur permet d’échapper à l’anonymat. Que l’Arabie Saoudite se transforme en un pays diurne et ils deviendront des créatures invisibles dont on ne remarquera plus la présence que lorsqu’il faudra nettoyer les calandres et les pare-brises.

Le Cheikh Saleh est toutefois différent de son ami Subhi en ce sens que lui n’hésite pas à plonger dans la tuyauterie là où l’autre siphonné, rendu fou par ses visions et ses notes de pressing, ferait lapider gynécologues, plombiers et tripiers. Saleh est même un spécialiste de l’intérieur des femmes. Il sait à quoi tout mène, où tout se branche, quelle buse fait suite à quel drain. Valves, vulves et clapets n’ont aucun secret pour lui. Si Jean Valjean, descendu dans les égouts de Paris, « marchait dans une énigme » et était obligé « d’inventer sa route », Saleh, lui, placé dans la même situation, trouverait le chemin de La Mecque les yeux fermés. L’homme, plus qu’un docteur de la foi, est un interne. Il lui arrive peut-être parfois de s’égarer dans les rues ensoleillées de Ryad lorsqu’il se laisse emporter par la récitation silencieuse de quelque hadith qu’il affectionne particulièrement mais, Allah U Akbar, jamais les femmes ne le perdront, quand bien même on le lâcherait avec un bandeau sur les yeux très loin de la sortie du labyrinthe qu’elles renferment.

Contrairement à son ami Subhi, que nous avons laissé quelques paragraphes plus haut prêt à se laisser damer le fion si les femmes étaient autorisées à conduire, Saleh ne semble avoir aucune inquiétude quant à l’avenir sexuel de la nation. Pour lui, les hommes continueront comme par le passé à user des femmes et à leur verser ce qui leur est dû et qu’elles reçoivent non sans râles mais sans protestation aucune. Ce qui l’angoisse formidablement, ce sont les conséquences que pourrait avoir la conduite automobile sur l’agencement des entrailles féminines et, par conséquent, sur la santé des futurs enfants saoudiens. Ecoutons-le nous expliquer ce que nous ne saurions répéter sans perdre deux ou trois nuances d’une terrible importance pour l’intelligibilité de la démonstration :

« Si la femme devait conduire sans que ce soit utile, cela pourrait l’affecter d’un point de vue physiologique; le cas a été étudié dans le domaine de la physiologie fonctionnelle et il s’avère que les ovaires sont automatiquement affectés, que la poussée du bassin est contrariée, et c’est ce qui explique que la plupart des femmes qui conduisent régulièrement des voitures donnent naissance à des enfants qui présentent des problèmes de santé d’ordre varié. »

Conduire, donc, Saleh le démontre précisément en usant de ses vastes connaissances en « physiologie fonctionnelle » (un domaine apparenté de très loin à la physiologie incommode), affecte négativement les ovaires et, quoi que cela veuille vraiment dire, contrarie la poussée du bassin, le tout d’une telle manière que le Saoudien du futur pourrait être d’une qualité moindre que celui d’aujourd’hui. En d’autres termes, la femme, parce que génitrice, n’est tout simplement pas configurée pour s’assoir à l’avant, presser des pédales et subir les poussées brutales et contradictoires que provoquent alternativement accélération et freinage. Il se pourrait même fort que l’évolution ne permette jamais à son organisme délicat de s’adapter à cette rude pratique pensée par et pour l’homme. Que sa structure lui autorise et lui ait toujours autorisé à subir vaisselle, ménage, corvées d’eau ou levrette furieuse dans un silence qui est le chaste voile de sa bonne humeur ne garantit en rien qu’elle soit capable de résister à un trajet d’un point A vers un point B (ou plutôt, parce qu’en Arabie Saoudite on lit de droite à gauche et qu’on aime remonter le temps, d’un point B vers un point A). Les grenouilles, par exemple, malgré des siècles et des siècles d’évolution animale, n’ont jamais réussi à voler. Dieu sait pourtant qu’elles ont sauté et sauté encore, la tête farcie de rêves de décollage.

Va-t-on, s’inquiète aujourd’hui Saleh au moment même où Subhi, au sortir du pressing, entre discrètement dans une pharmacie pour faire le plein de vaseline, autoriser la femme, cette fragile mécanique de précision sur qui repose l’avenir du pays, à conduire une voiture simplement parce qu’elle le demande ? Non, répond-il. Pas plus que nous ne serions assez fous pour jeter en l’air la grenouille enceinte qui nous supplierait de lui donner l’élan qui manque à son envol, nous n’autoriserons les femmes à pratiquer une activité pour laquelle elles ne sont pas prévues et dont, têtes de linottes qu’il nous faut protéger d’elles-mêmes, elles méconnaissent les dangers.

J’imagine très bien les difficultés que doivent rencontrer Subhi et Saleh lorsque, l’un venant du pressing et l’autre sortant de la consultation d’un manuel illustré de « physiologie fonctionnelle », ils se retrouvent à la mosquée pour tenter de rédiger une fatwa qui soit une synthèse des cauchemars existentialistes de l’un et des angoisses mécaniques de l’autre. Je vois, comme si j’y étais, Subhi se gratter la tête tout en se livrant silencieusement à de savants calculs qui prennent tout à la fois en compte la taille estimée du pénis de Saleh et la quantité de vaseline dont il dispose. Saleh, lui, sous une apparence imperturbable, regarde Subhi du coin de l’œil et tente de l’imaginer en planche anatomique.

Leur travail n’avance pas, la feuille A4 reste blanche. Pédés ou anormaux sont, ma foi, deux destins bien dissemblables.

Puis, soudain, leurs regards pétillants se rencontrent. Eureka ! Ils ont trouvé la solution. Elle est d’une simplicité si désarmante qu’ils riraient d’eux-mêmes si le règlement de la mosquée ne proscrivait pas un comportement aussi licencieux : et/ou. Si les femmes étaient autorisées à conduire, les Subhi et les Saleh de l’après deviendraient pédés et/ou naîtraient encore plus crétins qu’ils ne le sont déjà.

Subhi est saisi d’une légère érection emplie de mélancolie. Saleh est en plein tripes.

Bon, voilà un texte dont on ne pourra pas dire qu’il n’est pas à la hauteur des sujets.

Axis of Evil

Le solo, le remarquable solo, par lequel débute cette vidéo est en fait la fin d’un morceau mais, comme vous allez le voir, il constitue aussi une introduction parfaite au puissant rap qui lui succède (pour écouter ce qui a précédé, cliquez ICI).

Le soliste, que je découvrais, s’appelle Shabaka Hutchings. Le chanteur, quant à lui, est Soweto Kinch, un artiste aux multiples facettes qui, comme nous l’avons déjà vu en mars 2012, est également un éminent saxophoniste. En vérité, n’ayons pas peur des mots, Soweto Kinch compte parmi les saxophonistes anglais les plus géniaux.

 

Graine de sable (Taragalte)

Taragalte

Le Festival Taragalte va bientôt célébrer sa cinquième édition (15 – 17 novembre 2013).

Plus qu’une simple manifestation musicale aux portes du désert, Taragalte se veut une rencontre humaine. On ne converge pas vers la petite ville marocaine de M’Hamid El Ghizlane (le nouveau nom de Taragalte) simplement pour écouter des notes et des voix nomades, on y va aussi, parce tout est interdépendant, parce que tout est lié, pour y parler de culture, de patrimoine, d’écologie et d’avenir.

Si l’édition 2012, parrainée (marrainée, devrais-je dire) par la chanteuse marocaine Oum El Ghait, avait rendu hommage aux « Femmes du désert » (lisez donc l’article paru dans Afrik.com), celle de 2013 sera placée sous le signe de « La caravane » (le site officiel du festival, comme il se doit, vous en dira plus sur les objectifs et la programmation).

Que ceux qui, comme moi, n’iront pas dans le désert se rassurent, c’est le désert qui va maintenant venir à eux :