Freakshow

Ce n’est pas la première fois que nous nous penchons ici sur la pathologie toute particulière qui affecte les Tiger Lillies. Et, à moins qu’ils ne soient soudainement contaminés par une forme particulièrement virulente de santé mentale, ce dont je doute tant ils semblent immunisés contre un tel destin, ce ne sera pas non plus la dernière.

Les Tiger Lillies, ceux qui ne les connaissaient pas avant aujourd’hui l’auront maintenant compris, sont un groupe parfaitement hors normes, à l’imagination sans guère de limites – à l’image de la voix de Martyn Jacques, infernalement grave ou divinement aigüe.

Leurs textes, exagérés, provocateurs et servis par une musique qui s’inspire aussi bien du cabaret et des gitans que du music-hall, abordent, non sans poésie, à peu près tous les vices recensés depuis l’apparition de l’homme sur terre. C’est un délice toxique, un bonbon interdit, un péché mignon, le petit Jésus en culotte de cuir noir en train de suçoter des poils pubiens de Marie-Madeleine entre deux bières coupées d’un violent gin. C’est un joyeux feu d’artifice de merde, d’urine, de foutre, de blasphème, de drogue, de putes, de crimes, de bestialité, de pyromanie, de sang, de désespoir et d’une kyrielle d’autres trucs pas du tout politiquement corrects qui sont autant de fraîches bouffées d’haleine putride. Un immense éclat de rire qui dévoile des dents cariées. Brecht et Weill fins bourrés dans quelque caniveau de Soho.

Bref, plus qu’un groupe, les Tiger Lillies sont un lumineux sommet du mauvais goût, un bas-fond à la luxuriance de chatte humide et non rasée qu’aucun groupe punk mort ou vivant n’a jamais atteint ou ne découvrira jamais, faute d’avoir ne serait-ce que l’ombre d’un début de soupçon du talent, de l’intelligence, de la culture et, surtout, de l’humour dont est pétri notre diabolique trio britannique.

Mise en chiffre, l’estime que je porte aux Tiger Lillies égale très précisément 27. Ce qui est le nombre exact de leurs albums, live ou studio, que j’ai collectionnés ces dernières années. Je vous conseille, du reste, de plonger dans leur vaste discographie tant le Freakshow ci-dessous, aussi riche soit-il, ne saurait résumer leur démesure, leur talent et la diversité de leur œuvre.

Ladies and gentlemen, pour vous qui n’avez rien d’autre à foutre en cette froide et peut-être pluvieuse journée d’été, voici… [le rédacteur avale enfin le poil qui lui chatouillait le palais]… The Tiger Lillies !

4 réflexions sur “Freakshow

  1. Encore une de vos pépites ! MERCI !!!!

    Je n’ai pas encore tout regardé…Je craignais quelquechose de violent mais ça ne l’est pas du tout, au contraire la musique est très belle. Peut-être les paroles  le sont-elles,
    violentes…? Je n’ai pas tout compris. J’en ai l’impression ! La Snake Woman est impressionnante !!!!

  2. Pingback: Gutter Poetry | Sergeant Pepper Times

  3. Pingback: Tiger Lillies / Edith Piaf | Sergeant Pepper Times

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