Carnets (13)

Réveil et éveil ne sont pas la même chose, nous le savons tous. On peut se réveiller et ne pas s’éveiller. Cet état de semi-conscience, du reste, est propice à des accidents domestiques divers et variés, dont les plus courants, si je me fie à mon expérience, sont la rencontre du gros orteil droit avec un pied de table et le versement sur le plan de travail d’une quantité de café équivalente, au maximum, à un cinquième de la capacité totale de la tasse censée accueillir le précieux liquide.

Le point d’équilibre est atteint lorsque l’esprit est clair et que le pas et la main sont fermes. En ce qui me concerne, à condition toutefois que, la veille, je n’ai pas ingéré plus de cinquante centilitres de bière, ce subtil réglage ne se fait pas avant l’absorption de trente à quarante centilitres d’un café 100 % arabica, soit environ deux grandes tasses. De cinquante centilitres à deux litres de bière, l’état de plein éveil nécessite entre trois et six tasses. Au-delà de deux litres – ce qui, ma foi, est devenu fort rare depuis que je n’habite plus dans un pays où la bière est si peu chère qu’on a l’impression d’être payé pour en boire – le café est impuissant et la journée, foutue.

J’aborderai une autre fois la question café/vin.

Café

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