Tous unis

Selon Courrier International, qui reproduit un article d’Elaph, la ministre irakienne de la femme « n’est pas pour l’égalité des sexes ».

En fait, plus que « pas pour », cette dame, dont le nom est Ibtihal Al-Zaidi, est carrément contre. Pour trouver plus opposé qu’elle à la liberté de la gent féminine, il faut creuser dans une dune et, en faisant attention à ne pas se faire mordre, déterrer du salafiste. Elle n’explique pas vraiment pourquoi elle est hostile à ce que les Irakiennes soient autorisées à utiliser les cerveaux en parfait état de marche dont elles sont dotées mais elle pense, de manière assez péremptoire, que « la femme perdrait beaucoup si elle était l’égale de l’homme » et échappait ainsi à la « tutelle » des mâles.

En conséquence de quoi, elle refuse la « promotion » pour elle – ce qui est son droit le plus absolu – mais aussi, puisqu’elle est en position de faire chier la moitié de la population de son pays, pour toutes les femmes irakiennes.

Elle a également édicté quatre règles que doivent respecter toutes les employées gouvernementales :

Pas de minijupe. C’est-à-dire, puisque nous sommes dans un pays musulman où la définition de « minijupe » est très différente de celle de Beverley Hills, pas de jupe dont la longueur soit moins de deux fois supérieure à la longueur des jambes.

Pas de pantalon serré ou de jupe laissant voir les formes du corps. Autrement dit, puisque les pantalons, serrés ou pas, signalent clairement que les femmes ont deux jambes et des fesses (bon dieu, j’ai une érection rien que de d’y penser), l’employée gouvernementale irakienne est subtilement avertie qu’il s’agit là d’un vêtement démoniaque à ne jamais porter au travail mais à réserver, dans l’intimité de la chambre conjugale préalablement insonorisée, aux soirées torrides avec son mari (« soyons fous, chérie », dit-il d’une voix rendue rauque par le désir, « mets un pantalon »).

Pas de chaussures impudiques. Ce décret-là, compte tenu de la longueur des jupes, n’a aucun intérêt. Sachez cependant que les talons-aiguilles, malgré qu’ils évoquent la couture, pratique halal s’il en est, sont interdits. Les tongs, cela va de soi, sont également haram. Qui a déjà vu et un petit orteil féminin et un clitoris comprendra aisément pourquoi. C’est d’ailleurs pour que les hommes à la vue basse puissent aisément différencier l’un de l’autre que certaines femmes se vernissent les ongles des pieds.

Pas de hauts aux couleurs criardes. Là, je vous avoue qu’il m’a fallu consulter un dictionnaire pour m’assurer de la définition de l’adjectif « criard ». Le Trésor de la Langue Française, dico dont le nom évoque poétiquement le sexe de la femme hexagonale et la passion de son homme pour le cunnilingus, nous dit que peut être considéré comme « criard » ce qui « blesse la vue par un éclat trop vif, des couleurs discordantes ». Sachant que toutes les couleurs du rouge au violet, en passant par le jaune, le vert et le bleu, peuvent être vives et parfois discordantes, cela ne laisse guère que le noir et un slogan fédérateur : tous unis.

Cependant, si j’en juge par le foulard que porte Madame Ibtihal Al-Zaidi sur la photo ci-dessous, il semblerait qu’il soit encore possible de porter en guise de foulard un morceau de rideau dont certains motifs, et je vous assure que ce n’est pas là une interprétation personnelle, évoquent d’énormes spermatozoïdes nageant parmi des taches de Rorschach sanglantes ou noires.

Ibtihal Al-Zaidi

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