Comme ça. Clac ! Hop !

Je pourrais vous parler de conneries, d’absurdités ; je pourrais dresser ci-dessous, comme je le fais presque chaque matin, une liste de crétineries relevées dans la presse.

Je pourrais, par exemple, reprendre le titre d’Ouest-France où l’on nous explique que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa-Nova va se rendre au Havre pour y présenter sa politique maritime. Je pourrais d’autant plus le reprendre que je sais déjà que Sarkozy va, une fois de plus, nous présenter une politique Marine et non maritime. L’adjectif utilisé par Ouest-France comporte trop de syllabes pour pouvoir s’inscrire dans la politique populiste que mène l’homme et être compris par les électeurs.

Je pourrais également, après avoir découvert dans France Soir que des « injonctions divines » ont poussé une mère à défenestrer son enfant de 3 ans, m’interroger sur l’inexplicable cruauté de dieu.

Mais je vais faire l’impasse sur ce qui, aujourd’hui, me mènerait dans un cul-de-sac.

Ce matin, tout comme hier et avant-hier, le feu sacré ne brûle pas en moi. Je me sens faible, engourdi. Presque déprimé. J’ai froid aux pieds. Je ne cesse d’éternuer et, face à des centaines de gigas de musique, je n’arrive pas à faire un choix.

Je pourrais blâmer de mauvaises nuits ; je pourrais anathématiser, pour ce qui est d’aujourd’hui, un réveil intempestif, quelques soixante minutes avant que la pendule ne sonne ; je pourrais en rejeter la faute sur la fraîcheur matinale, à laquelle je ne trouve rien de vivifiant, mais ce serait, à l’exemple de Sarkozy sur les quais du Havre, noyer le poisson.

La cause de tous mes problèmes est le mail d’un lecteur. Un bref mail dans lequel cet homme, qui porte le même prénom que mon père, ce dont je n’arrive pas à décider si c’est une bonne chose, m’enjoint de boire de moins de café. Et cruel comme peu de gens peuvent l’être dans un bref mail, il va même jusqu’à évoquer un accident cardiaque qui pourrait me faire passer de vie à trépas. Comme ça. Clac ! Hop !

On n’a pas idée de m’écrire des trucs pareils.

Il m’a tellement bouleversé que, croyez-le ou non, le matin qui suivit la réception de son courriel, ma consommation de café a enregistré une baisse de l’ordre de 17 %. Le deuxième jour, c’est-à-dire hier, je n’ai absorbé que 50 % de la caféine qui m’est habituellement nécessaire pour me sentir physiquement présent dans le monde qui m’entoure (et dont, par conséquent, je suis le centre). Emporté par l’élan et des visions de diabète, je n’ai même pas touché à la brioche aux pépites de chocolat.

Et, ce matin, je me croyais bien reparti pour suivre ce régime draconien qui, de toute évidence, ne me convient pas : trois pauvres mugs et pas de brioche.

Mais, fort heureusement, les choses ont légèrement changé depuis 15 minutes et quelques paragraphes. Hormis le fait que le soleil est maintenant passé au-dessus de la colline et que je n’ai plus froid aux pieds, j’ai également décidé de passer outre les avertissements et de refaire du café. L’équivalent de deux tasses, pour être précis. Au moment même où je tape ces lignes, je sirote donc ce qui est ma quatrième tasse et mon cœur bondit déjà de joie à l’idée qu’une cinquième m’attend bien au chaud. Je viens également de me taper, sans le moindre remord, un pain au lait fourré de pépites au chocolat (où est passée ce qui restait de brioche ?) et j’envisage, quand je descendrai remplir ma tasse pour la cinquième et dernière fois, d’en remonter un autre. Et peut-être même deux si j’arrive à organiser le transport de manière à ne pas me casser la gueule dans les escaliers.

Tiens, plutôt que de revenir dans le bureau où je ne me sens vraiment pas aujourd’hui d’écrire des conneries sans queue ni tête, je vais aller finir mon petit déjeuner dans le jardin. La table y est en plein soleil et il y a une myriade d’oiseaux.

Je reviendrai vous voir demain ou un autre jour. Peut-être pour vous parler, aussi sérieusement que faire se peut, de la montée de la xénophobie en France et dans toute l’Europe, du retour des années 30. C’est un projet qui, d’une certaine façon, me tient à cœur. Il faut juste que je trouve le courage de dessiner un plan et de faire quelques recherches.

Du reste, afin que je puisse mener cette tâche à bien, je vous serais reconnaissant de ne pas m’envoyer de mails funestes dans lesquels vous évoqueriez un possible arrêt cardiaque. Comme ça. Clac ! Hop !

Vous pouvez m’écrire, certes, mais contentez-vous de me dire que vous m’aimez ou me détestez, sans évoquer mon trépas.

Bon, je me tire vers la douceur d’un cadre champêtre.

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