Alim Qasimov

Alim Qasimov est l’un des grands maîtres du Mugham, un genre traditionnel azéri qui fait la part belle à l’improvisation.

Déserts intérieurs (Kolmanskop)

Après l’île d’Hashima, découverte au hasard de pérégrinations sur la Toile, et Bodie, la plus célèbre ville-fantôme au monde, allons donc nous promener dans le désert de Namibie et, plus particulièrement, à Kolmanskop.

En 1908, alors qu’il travaille dans le coin (à la construction d’une voie ferrée, me semble-t-il), Zacharias Lewala, un ouvrier noir, découvre un diamant et s’empresse de le montrer à son superviseur, un Allemand du nom d’August Stauch.

La rumeur que la région regorge de diamants se répand et, très vite, des mineurs allemands affluent pour exploiter le gisement.

Les premiers d’entre eux font fortune et, bientôt, une ville typiquement allemande sort de terre. Moderne, elle dispose de nombre d’infrastructures et d’équipements que l’on ne s’attend pas forcément à trouver dans une localité perdue dans le désert : hôpital, salle des fêtes, centrale électrique, école, bowling, théâtre, salle de sports, casino, fabrique de glaçons, gare ferroviaire et, encore plus remarquable, le premier tramway d’Afrique et la première salle de radiographie de tout l’Hémisphère sud.

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Mais le déclin vient vite, aussi vite que la gloire. Les premiers signes de l’épuisement du gisement apparaissent dès la fin de la première guerre mondiale et, en 1954, la ville est définitivement abandonnée.

Depuis, elle est livrée au désert qui, peu à peu, grain après grain, reprend ses droits.

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Les fantômes d’Hashima

Hier, tout à fait par hasard, en me promenant sur la toile, j’ai découvert l’existence d’une île japonaise fantôme dont je n’avais jamais entendu parler : Hashima, ou Gunkajima (« île navire de guerre »).

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Voici ce que Wikipédia dit de son histoire :

« En 1810, un important gisement de houille est découvert sur l’île alors inhabitée. Elle est rachetée en 1890 par Mitsubishi qui exploite cette ressource et installe sur l’île la main-d’œuvre nécessaire. La population augmente alors rapidement au point qu’en 1950, elle atteint 5 300 habitants pour 6,3 hectares de superficie, soit 84 100 hab/km2. Ces chiffres augmentent encore pour culminer à 83 500 hab/km2 pour l’ensemble de l’île et 139 100 hab/km2 pour le quartier des habitations en 1959. C’est alors la plus forte densité de population enregistrée au monde. L’île connait ensuite un déclin rapide avec le remplacement de la houille par le pétrole comme principale source d’énergie dans l’économie japonaise. L’activité des puits diminue au point que les derniers habitants sont évacués en 1973. Les conditions climatiques, notamment le passage des typhons, accélère le délabrement des bâtiments et des installations minières abandonnés. »

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Naked Bodie

En 1848, à Poughkeepsie, état de New York, un fabriquant d’étain du nom de Bodey (personne n’est sûr de son prénom) laisse femme et enfants dans la petite maison qu’il possède à l’angle des rues South Hamilton et Montgomery et, poussé par des rêves d’or et d’aventure, met les voiles pour la Californie où il débarque l’année suivante.

Dix ans plus tard, en 1859, il découvre de l’or dans l’est de l’état, pas très loin du lac Mono. Notre aventurier, cependant, ne profitera jamais de sa découverte puisque, en novembre de la même année, au retour de Monoville où il est parti s’approvisionner, il se perd dans le blizzard et meurt.

Quoi qu’il en soit, la rumeur que la région regorge d’or se répand et, près du filon mis à jour par notre new-yorkais, nait bientôt un camp minier qui prendra son nom : Bodey d’abord puis, plus tard, Bodie.

Mais le camp, qui ne tient pas tout à fait ses promesses, végète. On n’y trouve que quelques prospecteurs indépendants et deux compagnies dont toutes les recherches s’avèrent vaines.

Tout change en 1876, lorsque la Standard Company tombe sur un filon. D’autres découvertes suivent et le camp se développe. Des maisons sont construites. Des journaux voient le jour. Des banques ouvrent leurs portes. Une fanfare se crée. Des syndicats se forment. On installe le télégraphe. La rue principale est bordée de 65 saloons. Bagarres, meurtres et attaques de diligences sont monnaie courante. Au nord de la ville, les bordels sont légions. Les résidents chinois se comptent par centaines. Les fumeries d’opium ne manquent pas.

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L’âge d’or est toutefois de courte durée. Dès 1880, nombre de pionniers quittent la ville et partent tenter leur chance dans des villes plus prometteuses dont Tombstone, Arizona. La construction d’une voie ferrée et l’arrivée de nouvelles méthodes d’extraction ne donneront qu’un court répit à Bodey.

En 1910, la population n’est plus que 698 habitants. En 1912, le dernier journal ferme ses portes. Malgré la reprise de mines par des ouvriers et quelques profits en 1915, le déclin irréversible se poursuit. En 1917, la voie ferrée est abandonnée et les rails sont démontés. En 1920, la ville ne compte plus que 120 habitants. Le centre-ville est ravagé par un incendie en 1932. Dix ans plus tard, la dernière mine et le bureau de poste ferment définitivement. En 1943, il ne subsiste plus que 3 habitants dont un prend soin de la ville, victime de vandalisme, pour le compte de la famille qui, en 1915, en avait racheté l’essentiel.

Au début des années 60, Bodie, que l’on a commencé à appeler « ville fantôme » dès 1915 et dont il ne reste que peu de bâtiments, devient officiellement parc historique (régulièrement menacé de fermeture à cause de problèmes budgétaires).

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Note : les 8 dernières photos sont tirées de la galerie Flickr de Wolfgang Staudt.

Le volant en dentelle rend pédé comme un islamophoque

L’Arabie Saoudite dispose d’une structure officielle connue sous le nom de Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice (CPVPV). Ce comité portait autrefois un autre nom mais, et cela ne s’invente pas, l’acronyme de cet autre nom était CAVES. Ce qui, en anglais, vous le savez sûrement, veut dire « grottes ». Las d’être la risée du monde extérieur, musulman ou non, le bidule décida d’adopter une appellation qui siérait mieux à l’austérité et à l’importance de sa tâche.

Le CPVPV, qui n’est ni plus ni moins qu’une police religieuse sous les ordres directs du roi, se compose de 3 500 membres et emploie une myriade de volontaires regroupés dans une entité dite muttawa. Le rôle de cette muttawa, que les volontaires prennent très au sérieux, consiste à
patrouiller dans les rues, armés de bâtons, et à s’assurer que tout ce que l’on voit est halal (tenues vestimentaires, séparation des hommes et des femmes, respect des prières, etc.). Dans le cas contraire, ils frappent, incarcèrent et frappent à nouveau.

Le plus haut fait d’armes du CPVPV et de la muttawa remonte à 2002, lors de l’incendie d’une école de jeunes filles de La Mecque. Inquiets que les pompiers arrivés sur leurs lieux puissent voir de jeunes femelles pas « convenablement couvertes » et que le contact physique ainsi induit puisse inciter donzelles et hommes du feu à copuler frénétiquement devant le bâtiment en flammes, que ce soit dans la position du missionnaire ou en furieuse levrette, les muttawwa’in refoulèrent dans le brasier toutes les jeunes filles qui parvenaient à s’en échapper et usèrent de coups pour empêcher les pompiers de se porter au secours des infortunées.

Bilan : 15 adolescentes carbonisées, une cinquantaine de blessées mais, fort heureusement, Allah U Akbar, pas la moindre pénétration, ni même la plus petite fellation à déplorer.

Les membres de ce comité, vous l’aurez maintenant compris, se distinguent par deux caractéristiques particulières : ils sont bien plus musulmans qu’Allah lui-même et, quoiqu’en plein déni, ils ont un très grave problème relationnel avec l’organe qui pendouille entre leurs jambes.

La sensibilité de leur gland est telle que couvrir les femmes des pieds à la tête du noir le plus opaque et le plus informe qui soit est le seul moyen à peu près efficace qu’ils aient trouvé pour que ces salopes ne provoquent pas des éjaculations spontanées ou, pire, les viols qu’elles mériteraient assurément si elles poussaient le vice, inhérent à leur naissance, jusqu’à se découvrir le visage ou les chevilles. En cela, du reste, les opinions des gardiens saoudiens de la foi ne diffèrent guère de celles de leurs homologues du monde entier : c’est la tentatrice qui fait le violeur.

Malheureusement, oblitérer le corps de la femme ne suffit pas toujours car, voyez-vous, il reste à la créature des yeux pour faire le mal.

Ainsi, il y a peu, un membre du CPVPV marchait tranquillement dans la rue. Je ne saurais vous dire où il allait ni où il se rendait mais vous pouvez tranquillement parier votre salaire (si vous en touchez un) qu’un des deux points, que ce soit celui du départ ou celui de l’arrivée, était une mosquée plutôt qu’une librairie. Il était donc là, tranquille, la bite et le cerveau au repos, quand il aperçut les yeux d’une femme. Peut-être ceux ci-dessous, dont il ne fait aucun doute, même pour l’athée que je suis, qu’ils sont d’une beauté diabolique.

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Son érection fut soudaine, brutale. Si brutale que, répondant à son appel pressant, il se jeta sur le mari de la pècheresse. L’affaire est confuse et nul ne sait s’il voulut le punir d’être l’heureux propriétaire de la maléfique et pourtant divine femelle ou s’il avait en tête (de nœud) d’éliminer celui qui, légitimement, pouvait lui interdire l’entrée du vagin qu’il vit se refléter dans ce regard-là mais toujours est-il que, dans la mêlée qui s’ensuivit, le mari reçut deux coups de couteau.

L’affaire fit un certain bruit dans le pays et, bien évidemment, le Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice s’en empara. Non pour punir celui de ses membres qui, dans la rue, se jette sur les couples puisqu’il ne saurait être tenu pour responsable d’une turgescence et de pulsions sur lesquelles il n’a aucun contrôle mais pour proposer une loi qui, faute d’autoriser l’abattage de nymphomanes dont on a par ailleurs besoin pour le renouvellement de l’espèce et les tâches ménagères, puisse tout au moins restreindre leur vaste capacité de nuisance : les obliger à cacher également leurs yeux dès lors qu’elles s’aventurent dans l’espace public.

Le Sheikh Motlab al Nabet, porte-parole du CPVPV, n’a toutefois pas précisé si les aveugles nouvellement créées seraient autorisées à bénéficier de l’aide d’un chien mâle ou d’une canne mais, sachant l’usage pervers que les femmes peuvent faire de l’un ou de l’autre, il y a fort à parier que non.

Cependant, si l’Arabie Saoudite ne comptait, pour veiller au grain et au strict respect de la mode féminine, que le seul Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, elle resterait un véritable paradis pour les femmes. Voire un lupanar.

C’est pourquoi il existe aussi, afin de s’assurer que le CPVPV ne fasse pas preuve d’un trop grand laxisme, un conseil religieux connu sous le nom de Majlis al-Ifta’ al-A’ala. Quoique très proches de ceux du CPVPV, notamment pour ce qui est de la sensibilité extrême du gland et de la propension à rendre les femmes responsables de cette excitabilité, les membres du conseil religieux ne verraient, eux, aucun inconvénient à poursuivre Allah pour apostasie si cela devait servir la cause de leur Islam.

Au moment même où le CPVPV déposait un projet de loi qui bannisse définitivement les yeux maudits des femmes de la surface du territoire national, le Majlis al-Ifta’ al-A’ala lâchait érudits et « scientifiques » aux idées bien arrêtées sur la question des femmes au volant.

Leur rapport vient d’être remis aux parlementaires et il ne laisse planer aucun doute sur les conséquences apocalyptiques qu’aurait l’abrogation de la loi interdisant la conduite aux femmes : non seulement il n’y aurait, dans les dix ans à venir, plus une seule vierge sur tout le territoire mais, conséquemment, les Saoudiens deviendraient tous pédés comme des phoques occidentaux.

Je ne sais absolument pas quel enchaînement d’idées les a menés à cette conclusion, ni même s’il y eut un enchaînement logique d’idées plutôt qu’un empilement hétéroclite, mais ils sont sûrs de leur fait.

Et ils vont même plus loin : si une femme autorisée à conduire perd très vite sa virginité, elle devient aussi, en bonne porteuse du mal qu’elle est déjà de par sa naissance, irrémédiablement folle de cul, insatiable, affamée, inassouvissable.

Le « professeur » Kamal Subhi, corédacteur de l’étude et professeur qui mérite plus ses guillemets que ses diplômes, rapporte une anecdote qui, plus qu’à l’appui de la théorie, est la théorie même : alors qu’il était assis dans un café d’un pays arabe qu’il ne souhaite pas nommer, raconte-il, « toutes les femmes me regardaient. Une d’elles fit un geste pour signaler clairement qu’elle était disponible… c’est ce qui arrive quand les femmes sont autorisées à conduire ».

Malgré son caractère scrupuleux et définitivement rationnel, on peut cependant regretter, et croyez bien que je le regrette, que le récit de son voyage et des turpitudes dont il fut le témoin malheureux ne s’accompagne pas du volume précis de semence dont il tartina assurément l’intérieur de sa gandourah. C’eut été là une donnée scientifique permettant de quantifier le mal avec une rigueur sans équivalent et, surtout, sans précédent.

De toute façon, il est inutile que le Majlis al-Ifta’ al-A’ala lutte contre l’abrogation de la loi interdisant la conduite aux femmes puisque celles-ci, bientôt aveuglées par le Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, ne seront même plus en mesure de trouver la bagnole. Sans parler de mettre la main sur la clé de contact.

Bon, c’était ma séquence « Islamophobie ». Je promets toutefois que, un de ces quatre, afin que tout le monde ait son dû, je me pencherai sur la question de ces femmes-objets que, dans notre Occident que nous voudrions presque irréprochable, nous nous plaisons à déshabiller jusqu’au col de l’utérus pour faire vendre tout et n’importe quoi dans les plus grandes quantités possibles. Leur cas (et, par conséquent, celui de leurs hommes – dont je suis) est tout aussi intéressant que celui des femmes-animaux-de-compagnie et de leurs maîtres.