God ! It’s too early

15 avril, 14 heures 36. Je reçois le texto suivant : « Bière chez J*** ». L’expéditeur n’étant pas connu dans toute la ville pour sa tempérance, je comprends immédiatement que le singulier utilisé dans le message est mensonger. Et, prudent, je réponds, « God ! It’s too early ». Quoi qu’il en soit, un coup de fil et quelques 60 minutes plus tard, je suis attablé devant une bière en compagnie de gens eux aussi attablés devant une bière.

Un seau de cervoise plus loin, le contenu de ce blog, et notamment la série sur les funérailles d’un villageois, me vaut une volée de bois vert. Il m’est reproché d’en avoir trop montré et pas assez dit. Le critique reconnaît toutefois avoir commencé la série par la fin (parce que le blog est mal rangé). Il admet aussi qu’un fond d’éducation judéo-chrétienne fait qu’il ne sent pas très à l’aise sur le sujet de la mort. Il est des choses dont on ne rit pas. J’essaie de donner un tour philosophique à la conversation. En vain. Les bières se succèdent trop vite et il devient vite évident qu’il est plus sage de s’en tenir aux conneries habituelles.

A la nuit tombée, plus lourd de quelques litres et de deux cuisses de poulet grillé, j’enfourche la moto pour regagner mes pénates où, je le suppose, m’attend une autre volée de bois vert. Bien supérieure sur l’échelle de Richter des volées de bois vert.

Et là, surprise. A l’entrée du village, je tombe sur Lucy in the Sky, trempée et bourrée comme seule peut l’être une Thaïlandaise qui a décidé de profiter pleinement du dernier des trois jours de l’an. Elle danse au milieu de la route en compagnie d’une bonne soixantaine de voisins et de parents. Suivis par un utilitaire chargée d’une sono qui doit s‘entendre jusqu’à Chiang Mai, à quinze bornes, tous ces braves gens, dont seuls les moins de 18 ans sont à jeun, vont au temple. Je gare la moto chez le chef du village. A peine ai-je mis la béquille que je suis attaqué par trois personnes armées de tuyaux d’arrosage. Oncle Lot, qui n’est pas mon oncle mais que tout le monde appelle comme ça, me tend un verre de nam krao, du vin de riz fait maison et pas très légal. Sous le charme, je découvre que, en plus de la sono, l’utilitaire transporte des  litres et des litres de vin. De quoi parcourir sans souci les 500 mètres qui nous séparent encore du temple. Désormais officiellement bourré moi-même, je me lance à corps perdu dans la danse. Tout le monde semble en transe. Une bonne heure plus tard, le temple est atteint. Nous sommes dans un état second, sinon troisième. Peut-être avons-nous fini le vin mais toujours est-il qu’au pied du sanctuaire, c’est une grande bière, que je suppose bénite, que l’on me tend.

La fin est un peu confuse mais je me souviens avoir mobilisé cinq ou six personnes pour m’aider à retrouver la moto.

Bref, il y a longtemps que je ne m’étais pas marré comme ça.

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